2017/06/26

Le schéma energétique. Silo, 1973

Cette communication se réfère à des thèmes insuffisamment éclaircis par les écrits et les références antérieures. Ces thèmes sont en rapport avec le Schéma Énergétique de l’être humain, l’état de Conscience de soi et le travail avec la force.

I.- Le schéma énergétique.


Les “centresˮ chez l’homme ont été expliqués comme des aires du système nerveux où se situent des fonctions. Chaque centre, en plus de sa localisation nerveuse, a des relations avec différentes glandes. Les parties et les sous-parties des centres ont été présentées comme des localisations plus précises et comme des niveaux différents d’énergie nerveuse.

D’autre part, on a vu que l’action des centres se manifeste dans les plexus nerveux, de telle sorte que l’on peut les expérimenter sans grande difficulté. Les centres ont été observés comme collecteurs, transformateurs et distributeurs du type d’énergie définie en général comme “énergie psychobiologique ou plus simplement comme “énergie vitaleˮ.

En dépit de la simplicité de toutes ces explications, celles-ci ont été efficaces pour synthétiser dans un cadre général le travail très complexe de l’énergie chez l’être humain, car il faut se souvenir que ce travail produit des manifestations aussi éloignées entre elles que le sont l’acte réflexe et la sensation de compréhension intellectuelle.

Il est intéressant de compléter le schéma en lui donnant une plus grande extension, mais pas une plus grande précision de détails.

Nous connaissons (et nous pouvons déterminer expérimentalement) l’existence d’un champ d’énergie qui entoure tout être vivant et qui circule autour de lui comme si le corps était le “centre de gravité de ce champ. L’amplitude du champ est variable et on peut détecter son action à plusieurs centimètres de distance de la peau.

Le champ possède des caractéristiques électromagnétiques faibles, mais ça ne permet pas d’inférer que sa nature soit électromagnétique. Il ne peut pas non plus être confondu avec les radiations infrarouges, produit du métabolisme de l’action calorifique de l’être vivant.

Chaque cellule est entourée de la même façon par son champ. Certains groupements de tissus multiplient l’effet du champ comme c’est le cas des plexus nerveux autour desquels s’organisent des vortex d’énergie. Il existe au moins deux types de passage d’énergie dans un corps organisé : la circulation externe à ce corps, et celle qui se déplace de vortex en vortex. Déjà, chaque plexus en particulier reproduit le schéma pour autant que l’énergie se déplace autour de lui et parce qu’elle se déplace aussi à l’intérieur. Et le même système apparait dans le cas de la cellule.

Les actions entre corps et champ sont réciproques et toute modification chez l’un provoque une altération concomitante chez l’autre. L’énergie du champ peut surcharger ou éviter un plexus. Dans de tels cas, des dysfonctionnements corporels se produisent.
La circulation normale peut être rétablie par l’action sur l’un des deux termes, mais selon que l’on choisisse l’un ou l’autre, cela donnera deux types de “médecineˮ. En tant que digression, nous ferons le commentaire suivant : l’Acuponcture par exemple, est un type de “médecineˮ superficiellement corporelle, mais son action s’applique sur le champ, l’ancienne thaumaturgie fut “une médecineˮ strictement de champ.


Les cycles et les rythmes de circulation énergétique sont propres à chaque être vivant et dépendent de son activité particulière. Néanmoins, chaque espèce possède un système de cycle et de rythme qui lui est caractéristique et qui est en relation avec les cycles de la lumière et les variations du champ que subit la terre. Autrement dit, on observe qu’indépendamment du biorythme de chaque individu, les différentes espèces ont leur biorythme général qui agit en fonction du jour et de la nuit, des positions de la Lune et des irruptions solaires.

Si nous considérons le problème du point de vue génétique, le champ, dans son organisation externe et interne, est déjà présent dans l’ovule et dans le spermatozoïde, de telle sorte que l’action du champ à partir de la fécondation est active et que tous les “organesˮ sont complétés énergétiquement, quand bien même ils ne sont pas joints physiquement. Ce phénomène stupéfiant permet de considérer le champ comme un principe organisateur de matière première avec laquelle il est en relation et, même si nous remarquons que l’action de ces deux composants est réciproque, nous découvrons que leurs fonctions ne sont pas les mêmes.

On peut accélérer, retarder, figer, interrompre, dévier et extérioriser l’énergie qui nous occupe. Chacun de ces cas ont des conséquences bien différentes que nous ne développerons pas ici sauf pour le dernier cas mentionné.

L’externalisation du champ se produit par une surcharge particulière dans le centre que nous connaissons comme “supérieurˮ. Ce centre existe aussi chez les espèces inférieures (d’un plus grand développement physiologique que chez l’homme) et agit avec une totale absence de ce que nous pourrions appeler intelligence.

Chez l’être humain, le centre se mobilise accidentellement et avec une plus grande facilité dans les états crépusculaires ou de sommeil, que dans l’état de veille ordinaire. Dans les cas exceptionnels de mobilisation en veille ordinaire, le phénomène, de toute manière, est indépendant de la volonté du sujet. C’est la raison primordiale qui explique l’échec de toute action parapsychologique que l’on prétend effectuer par l’action de l’attention concentrée ou par un forcement volontaire. En définitive, il se trouve que tout phénomène d’extériorisation est lié à des tensions pathologiques dans le centre sexuel ou à des tensions qui mobilisent violemment les instincts de conservation comme réponse à des situations-limite qui mettent en danger la vie ou la stabilité de toute la structure… et il n’y a aucun autre cas, en principe.

N’importe quel apprenti devin ayant une certaine sensibilité constate que pour opérer plus ou moins correctement, il doit produire “un glissementˮ de l’état de veille ordinaire et, pour cela (même réveillé), il devra se mettre dans des attitudes corporelles relaxées, il devra changer le rythme respiratoire, entrefermer les paupières et se connecter à ses sensations cénesthésiques en essayant d’amortir les mécanismes propres à la veille et les stimuli du milieu. La pratique soutenue d’une telle attitude amène à la transe auto hypnotique propre à certains médiums qui provoquent, effectivement, les manifestations paranormales les plus surprenantes.

Ensuite, il y a le cas de la manifestation extraordinaire en pleine veille, mais qui surgit subitement en totale indépendance avec la volonté du sujet. Les cas de “télépathieˮ, de “préscienceˮ, “d’imprégnationˮ, de “télékinésieˮ etc. sont des actes particuliers du même phénomène d’extériorisation du champ, qui dépend de la surcharge énergétique dans le centre supérieur. Ce que l’on nomme “dédoublementˮ et “matérialisationˮ apparaissent comme les cas maximum de la plus grande pureté d’extériorisation du champ. Ils surviennent à proximité de mort violente ou lors d’anesthésies profondes quand le corps est en péril, mais aussi dans des cas de médiumnité avancée.

Les registres subjectifs que font en général les occultistes sur leurs “projections astralesˮ, leurs “voyagesˮ et “vol nocturnesˮ à de grandes distances, etc. appartiennent plutôt au domaine de l’hallucination (bien qu’ils ne soient pas de mauvaise foi), ne voulant pas requérir aux connaissances supérieures que donne la psychopathologie pour les interpréter.

En ce qui concerne la relation du champ avec les centres et leurs activités, nous comprenons l’importance du travail harmonieux de toutes les fonctions de l’être humain. Le travail d’un centre ou de plusieurs centres au détriment du travail des autres, la contradiction entre intellect, émotivité, motricité et sexe provoque une désarticulation dans le champ ainsi qu’un dysfonctionnement corporel. La plus grande conséquence que l’on peut extraire de tout cela, est que les actes unitifs harmonisent et donnent cohésion au champ opérant en un sens centripète. Les actes contradictoires dissocient le champ, opérant comme des forces centrifuges désintégratrices de l’ensemble.

Nous donnons une importance prééminente dans le travail à l’unification du champ autour d’un centre de gravité. Tout le travail tend à la formation de ce “quelque choseˮ de nouveau, qui n’est autre que l’unification du champ.

Le double (ou l’âme pour les anciens) peut se projeter hors de la base corporelle, mais en dépendant de celle-ci en définitive. Il n’y a aucune raison de penser qu’en se séparant de sa base matérielle (comme dans le cas de la mort), il maintienne son unité maximale si sa structure n’a pas de cohésion interne, si les actes accumulés sont contradictoires et que les forces centrifuges agissent de façon désintégratrices.

Les cas vérifiés de survivance du double après la mort correspondent à certains endroits où le décès s’est produit de façon subite ou violemment. Ces doubles agissent automatiquement en répétant toujours une même opération ou en émettant des sons de façon répétitive, avec la même idiotie qu’un robot. Au cours du temps ou lors de la modification de l’enceinte à laquelle se réfère ce double, celui-ci se dissipe définitivement. Mais dans de tels cas extraordinaires, le double ne possède pas la moindre intelligence, ressemblant plus à un enregistrement articulé par le champ.


II.- L’état de conscience de soi

Un tel état permet de se placer dans une autre situation mentale face aux contradictions. En ce sens, l’effort pour l'obtention et la consolidation de la conscience de soi permet la formation des actes unitifs, centripètes dans le meilleur sens qui soit.
L’unité que donne progressivement la conscience de soi est celle qui se registre internement comme la formation d’un “quelque choseˮ de nouveau en soi, d’un centre de gravité autour duquel se déploie le travail vital. Ceci est le sens du travail.


À partir de ce point (à partir de la conscience de soi), on peut parler de développement.

Soulignons cela d’une autre façon :

Si on nous demandait d’expliquer en quelques mots vers quoi tend le travail, nous dirions qu’il tend à éliminer la souffrance au moyen de l’unité intérieure que donne la conscience de soi.

Il n’y a pas de problème concernant la survie après la mort qui puisse être résolu sans tenir compte de la formation d’un champ unifié, ou d’un “quelque choseˮ interne qui élimine les contradictions désintégratrices.

C’est à partir de la consolidation de la conscience de soi que les extériorisations du champ acquièrent un sens conscient.

Le centre supérieur peut être mobilisé crépusculairement de façon accidentelle, mais ces cas ne donnent pas d’unité intérieure ni ne permettent d’évoluer. L’activation du centre supérieur au moyen de travaux conscients part nécessairement de la conscience de soi. Ainsi, on travaille pour aujourd’hui et pour demain. Si seulement on acceptait le bénéfice de l’unité interne et du progrès psychologique sans considération des possibilités ultra-mondaines, on aurait déjà gagné du terrain, mais nous, nous allons au-delà du simplement psychologique parce que ce qui nous intéresse c’est de gagner l’immortalité.

Le double sans conscience supérieure est une sorte de conglomérat énergétique qui sans support physique se désintègre. Peut-être que, se rendant compte de ça, les anciens considéraient l’âme comme une substance de nature différente de l’esprit, celui-ci étant le principe organisateur de celle-là.

Le double sans conscience supérieure ne possède pas de centre de gravité. Par conséquence, le travail consiste en l’unification et la direction du double au moyen d’une conscience supérieure qui, peu à peu, doit se former dans l’intérieur de l’être humain. Il existe un type d’accélération et de charge dans la circulation du champ énergétique, c’est le cas de la force.


III.- Le travail avec la force

Cette activité ne peut être séparée de la conscience de soi. Ce qui suit peut s’observer afin de profiter au maximum des possibilités que donne la force. Prenons comme base ce qui est expliqué dans le livre “Le Regard Intérieur et ajoutons ceci :

1. Il suffit de contrôler les concomitances motrices, pour que la chute crépusculaire soit stoppée. C’est-à-dire qu’au lieu de faire un tabou du crépusculaire (chose qui inhibe le bon travail), il convient d’entrer dans le climat adéquat et de continuer son développement sans peur de la “chuteˮ. Si des concomitances motrices apparaissaient, celles-ci seraient tranquillisées par l’observation du corps et dans les cas plus extrêmes, en se mettant debout et en recommençant plus tard, une fois que la situation sera surmontée. En synthèse : la manifestation de la Force surgit comme une “électrificationˮ ou une “chargeˮ corporelle très évidente mais qui ne peut pas passer pour une légère ondulation.

2.    Il ne faut pas avoir peur non plus des concomitances émotives car elles correspondent au passage de la Force.

3.    L’accélération de la motricité intellectuelle est parfaitement normale si nous considérons que l’action de la Force mobilise tous les centres et, par conséquent, on assiste dans ce travail à une succession rapide des images.

Tout le travail de la Force est accélération et charge interne, mais une fois terminée cette opération, on peut (en tout lieu et moment) avoir recours à la même sphère en se “situantˮ mentalement en son intérieur. Ceci ne doit pas prêter à confusion : une chose est le travail avec la sphère à l’intérieur de soi-même, qui finit par se dilater comme sensation jusqu’au dehors du corps et, une autre chose est l’image de la sphère dans laquelle je me situe mentalement au moment qui me semble utile.

En réalité, l’image de la sphère qui m’entoure s’identifie approximativement avec mon propre champ, d’où il résulte une sorte de division attentionnelle qui a pour point d’appui non pas le poing ni la sensation viscérale du corps, mais l’image de la sphère qui me met en relation avec la position corporelle parmi les choses qui m’entourent.

En aucun cas, je ne dois confondre la visualisation de la sphère qui m’entoure avec la sphère que j’utilise pour atteindre le contact avec la Force (il s’agit en réalité de la même sphère mais je m’y réfère de deux façons différentes). La sphère qui m’entoure sert à des fins de division attentionnelle quotidienne et à l’apport d’énergie qui a été accumulée lors des contacts produits dans le travail de la Force. Comme idée très générale, disons que la sphère en mon intérieur se charge ; moi, à l’intérieur de la sphère, je me charge. Ceci se base sur un principe morphologique qui explique “l’action de la forme sur les champs, mais on ne tiendra pas compte de cela pour l’instant.

En synthétisant ces quatre points, nous pouvons dire que celui qui veut travailler avec la force doit connaitre sa mécanique, éviter tout tabou vers le crépusculaire et se lancer dans ce travail périodique avec une tranquillité totale en évitant seulement les concomitances motrices si celles-ci viennent à se produire (pour cela d’autres personnes présentes peuvent aider si elles observent que le phénomène se libère). Finalement, il faut considérer l’utilisation de la sphère dans la vie quotidienne comme un appui pour la conscience de soi, ou comme un recours à la charge en tout lieu et moment. Ceci est le sens du principe énoncé dans “Le Regard Intérieur qui dit :

“Lorsque tu rencontres une grande force, joie et bonté dans ton cœur ou quand tu te sens libre et sans contradiction, remercie immédiatement ton Dieu intérieur comme si tu te remerciais toi-même.
Lorsqu’il t’arrive le contraire, demande avec foi et ce remerciement que tu auras accumulé en ton intérieur, reviendra converti et amplifié en bénéfice. Mais tu ne peux demander à ton Dieu si avant, tu n’as pas pris contact avec lui, en réveillant la Force et en lui remettant joyeusement ta bonté. Plus grand sera ton remerciement, plus grand reviendra le bénéfice lorsque ce sera nécessaire. De cette façon simple, tu parviendras à expérimenter que ton immortalité et ton évolution dépendent de la croissance de ton Dieu Intérieurˮ.

Le travail mensuel avec la Force devrait être exempt de tout appui rituel et se dérouler dans un climat normal et aimable et, si possible, silencieux. Alors que la lecture du “Guide du Chemin Intérieurˮ devrait se faire personnellement, en silence et moyennement. La lecture à voix haute de ce texte crée, parfois, un climat d’office religieux qui peut faire confondre les choses.

De nombreuses personnes arrivent à avoir un contact avec la Force dès le premier travail, à d’autres, il arrive le contraire. Certaines personnes reçoivent des contacts de façon très espacée et d’autres encore, le temps passant, perçoivent une diminution. Tous ces cas correspondent à deux situations : la première est la coïncidence ou pas du travail avec son propre cycle et la seconde dépend de la préparation effectuée tout au long de la journée jusqu’au moment des opérations. Mais en général, le contact et le passage correct de la Force sont en relation avec les actes unitifs et le développement individuel que l’on obtient dans le Travail.

Une personne qui a reçu la Force peut la passer à une autre avec facilité, il suffit qu’il existe un accord entre eux. Dans ce cas, l’intermédiaire prend avec douceur les mains de la personne intéressée et laisse la Force passer à travers lui jusqu’à ce que le récepteur registre les premières commotions.

Il reste clair que le passage de la Force ne dépend pas de qualités spéciales de l’intermédiaire. Ce point doit être bien compris afin de ne pas tomber dans des erreurs d’interprétation qui amène toujours à “l’originalitéˮ ou à “l’expérimentationˮ, premier échelon (en la matière) de l’improvisation et de la déviation.

Il n’est pas difficile de comprendre l’attraction pour les pratiques erronées qu’expérimentent certaines personnes de tendance crépusculaire si amies du phénoménique. Le passage de la force a le simple caractère d’intermédiation et agit en donnant participation et confiance à d’autres dans le maniement du phénomène.

Les bénéfices de la Force peuvent être étendus à d’autres personnes qui ne participent pas directement au travail. Il suffit d’une demande d’aide sincère pour que n’importe quel intermédiaire puisse, grâce au contact personnel, passer la charge reçue à celui qui en a besoin ; ce type de passage n’a pas besoin de jour ni d’heure précise bien qu’il exige de l’opérateur d’avoir obtenu un contact au moment du passage. Selon le système connu d’opération, n’importe quelle personne peut être revitalisée, chargée et harmonisée dans son champ grâce à un intermédiaire de la force, généreux et conscient.

L’action du champ à distance (sans contact personnel) est déjà un phénomène plus rare qui dépend de l’extériorisation du double. Une telle chose n’est pas étrangère à tout ce qui a été expliqué antérieurement quant au schéma énergétique et à la conscience de soi. Les champs individuels agissent en plus grande concomitance selon le niveau de développement. L’accès à un plan de concomitance entre les champs dépend du développement individuel. Étant donné cet accès, il n’y a pas de raison d’écarter l’action possible d’esprits évolués dans le processus humain en général.

À propos de l’origine et de la nature de l’énergie vitale, nous ne pouvons pas ajouter grand-chose. Dans tous les cas, nous renvoyons ce problème à la théorie morphologique générale de laquelle dérive l’étude des formes et leur action sur l’énergie et la matière. C’est l’action de forme en définitive, qui explique la création et le processus des diverses entités.

Les travaux d’autoconnaissance, de dépassement et d’amplification de la conscience ont leur raison d’être, non pour le simple fait d’atteindre un plus grand degré de conscience chez le sujet, mais dans la différence radicale de structurer un “quelque chose unitifˮ susceptible de développement. Tout le travail connu tend à la formation de cette unité, alors que ce qu’on appelle “disciplineˮ donne au développement de cette unité une qualité différente.

2017/03/05

Les principes



L’attitude face à la vie et aux choses est différente lorsque la révélation intérieure frappe comme la foudre.
En suivant pas à pas, en méditant sur ce qui a été dit et sur ce qui est encore à dire, tu peux  transformer le non-sens en sens.
Ce que tu fais de ta vie n’est pas indifférent. Ta vie, soumise à des lois, a devant elle des possibilités de choix.
Je ne te parle pas de liberté, mais de libération, de mouvement, de processus. Quand je te parle de liberté, il n s’agit pas de quelque chose d’immobile: je te parle de se libérer pas à pas, tout comme celui qui arrive aux abords de sa ville se libère du chemin qu’il a dû parcourir. Alors, “ce qu’il faut faire” ne dépend pas d’une morale lointaine, incompréhensible et conventionnelle, mais de lois : lois de vie, de lumière, d’évolution.

Voici les “Principes” qui peuvent aider à la recherche de l’unité intérieure.

     1. Aller contre l’évolution des choses, c’est aller contre soi-même.

     2. Quand tu veux atteindre un but par force, tu produis l’effet contraire.

     3. Ne t’oppose pas à une grande force. Recule jusqu’à ce qu’elle s’affaiblisse; alors, avance avec résolution.

     4. Les choses vont bien lorsqu’elles marchent ensemble et non isolément.

     5. Si pour toi le jour et la nuit, l’été et l’hiver sont bien, tu as dépassé les contradictions.

     6. Si tu recherches le plaisir, tu t’enchaînes à la souffrance. Mais, tant que tu ne nuis pas à ta santé, jouis sans inhibition quand l’opportunité s’en présente.

     7. Si tu poursuis un but, tu t’enchaînes. Si tout ce que tu fais, tu l’accomplis comme un but en soi, tu te libères.

     8. Tu feras disparaître tes conflits lorsque tu les comprendras jusqu’à leurs racines profondes et non lorsque tu voudras les résoudre.

     9. Lorsque tu portes préjudice aux autres, tu restes enchaîné. Mais si tu ne portes pas préjudice à d’autres, tu peux faire ce que tu veux avec liberté.

     10. Lorsque tu traites les autres comme tu veux qu’ils te traitent, tu te libères.

     11. Peu importe dans quel camp t’ont placé les événements: ce qui importe, c’est que tu     comprennes que tu n’as choisi aucun camp.

     12. Les actes contradictoires ou unitifs s’accumulent en toi. Si tu répètes tes actes d’unité intérieure, rien ne pourra plus t’arrêter.

Tu seras semblable à une force de la Nature qui ne trouve aucune résistance sur son passage. Apprends à distinguer ce qui est difficulté, problème ou inconvénient de ce qui est contradiction. Si les premiers te poussent ou t’incitent, cette dernière t’immobilise dans un cercle fermé.
Lorsque tu trouves une grande force, une grande joie et une grande bonté dans ton cœur, ou lorsque tu te sens libre et sans contradictions, remercie immédiatement en ton intérieur. Lorsque le contraire t’arrive, demande avec foi, et la reconnaissance que tu as accumulée te reviendra transformée et amplifiée en bénéfices.


Le Principe d'Adaptation

     1. Aller contre l’évolution des choses, c’est aller contre soi-même.

     Ce Principe montre que lorsque l'on connaît à l'avance le dénouement d'un événement, l'attitude correcte est de l'accepter avec la plus grande profondeur possible, en essayant de tirer avantage même de ce qui est défavorable. En examinant des moments de la vie dans lesquels nous n'avions pas connaissance de ce Principe et avons de ce fait agit à l'inverse, nous aurons une illustration juste de la signification de ce Principe. Il sera encore plus intéressant de réfléchir sur le moment que nous vivons et d'étudier les conséquences de souffrance pour nous et pour nos proches au cas où nous ne tiendrions pas compte de ce Principe.
     Nous expliquons que les choses auxquelles nous ne devons pas nous opposer sont celles qui ont un caractère inévitable. Si l'être humain avait cru, par exemple, que les maladies étaient inévitables, la science médicale n'aurait jamais progressé. Grâce à la nécessité de résoudre les problèmes et à la possibilité de le faire, l'humanité progresse. Si une personne reste seule dans le désert, est-il inévitable qu'elle meure ? Cette personne s'efforcera de trouver des issues à sa situation et en effet, elle trouvera une oasis, ou bien elle sera elle-même retrouvée plus facilement si elle a utilisé tous les moyens possibles pour être vue à distance. Ce Principe, pour pouvoir être correctement expliqué, se réfère donc à la situation qui est inévitable.

Le Principe d'Action et Réaction


     2. Quand tu veux atteindre un but par force, tu produis l’effet contraire.

     Ce Principe montre que les personnes et les choses ont des comportements déterminés qui opposent des résistances ou qui facilitent nos projets si nous agissons comme il convient. Lorsque, mus par des impulsions irrationnelles, nous forçons quelque chose contre son propre comportement, nous pouvons observer que ceci cède devant nos exigences, mais la conséquence, à plus ou moins longue échéance, se traduira par des effets différents de ceux que nous voulions obtenir. L'être humain est forgeur d'événements, il donne une direction aux choses, il tend à planifier et à accomplir des projets. En somme, il se dirige vers des buts. La question est, cependant : "comment s'achemine-t-il vers ses buts ? Quel moyen adopte-t-il pour faire comprendre à une autre personne la solution au problème qu'elle lui pose ; la force ou la persuasion ?" S'il la force, tôt ou tard il y aura une réaction ; s'il la persuade, tôt ou tard les forces s'additionneront.
     Bien des personnes pensent que "la fin justifie les moyens" et elles agissent en forçant tout ce qui les entoure, obtenant souvent des résultats probants. Dans ce cas, la difficulté vient ensuite. Le but a été atteint, mais on ne peut pas le maintenir longtemps.
     Le Principe que nous commentons fait allusion à deux situations différentes. Dans l'une, le but recherché est atteint, mais les conséquences sont opposées à ce qui est attendu. Dans l'autre, l'action de forcer des situations provoque un "rebond" défavorable.

Le Principe de l'Action Opportune


     3. Ne t’oppose pas à une grande force. Recule jusqu’à ce qu’elle s’affaiblisse; alors, avance
     avec résolution.

     Ce Principe ne recommande pas de reculer devant les petits inconvénients ou devant les problèmes sur lesquels nous butons quotidiennement. On recule seulement, comme l'explique le Principe, devant des forces irrésistibles, celles qui, sans aucun doute, nous surpassent si nous les affrontons.
     Reculer devant de petites difficultés affaiblit les gens, les rend pusillanimes et craintifs. Ne pas reculer devant les grandes forces rend les gens enclins à toutes sortes d'échecs et d'accidents.
     Le problème apparaît lorsque l'on ne sait pas à l'avance qui, de soi ou de la difficulté, a le plus de force. Cela devra être vérifié au moyen "d'échantillons", en effectuant de petites confrontations qui ne compromettent pas complètement la situation et qui laissent une marge pour changer de position si celle-ci s'avérait insoutenable. Autrefois, on parlait de "prudence", c'était une idée très proche de celle que nous expliquons.
     Mais il y a un autre point : "Quand faut-il avancer ?
     A quel moment l'inconvénient a-t-il une force réduite, ou bien à quel moment avons-nous gagné de la force nous-mêmes ? Cette même idée de prendre de temps en temps des échantillons est valable en faisant de petites tentatives qui n'aient pas un caractère définitif.
     Lorsque la force joue en notre faveur et que l'inconvénient s'est affaibli, l'avancée doit être totale.
     Garder des réserves dans une telle situation, c'est compromettre le triomphe parce que l'on n'avance pas avec toute l'énergie disponible.

Le Principe de Proportion

     4. Les choses vont bien lorsqu’elles marchent ensemble et non isolément.

     Cela signifie que si, poussés par un objectif, nous déréglons toute notre vie, l'obtention du résultat recherché sera soumise à de nombreux accidents, et même s'il est effectivement obtenu, il aura des conséquences amères.
     Si, pour obtenir de l'argent ou du prestige, nous déréglons notre santé, nous sacrifions les personnes qui nous sont chères, nous délaissons nos valeurs, etc., il est possible que les accidents soient tels que nous n'obtenions pas le résultat recherché. Dans d'autre cas, il se peut que nous obtenions le résultat recherché, mais nous n'aurons plus la santé pour en jouir, ni des êtres chers avec qui le partager, ni d'autres valeurs qui nous donnent un sens.
     "Les choses sont bien lorsqu'elles marchent ensemble", et il en est ainsi parce que notre vie est un ensemble qui requiert un équilibre et un développement approprié, non partiel. Encore qu'il y ait des choses plus importantes que d'autres, chaque personne devrait avoir une véritable échelle de valeurs afin que ce qui est primordial, secondaire, tertiaire puisse être accompli suivant la proportion. La force appliquée à chaque chose, selon l'importance fixée, les ferait marcher toutes en un ensemble véritable.


Le Principe de l'Accord

     5. Si pour toi le jour et la nuit, l’été et l’hiver sont bien, tu as dépassé les contradictions.

     Ce Principe met en relief de façon figurée l'opposition des situations. Cette opposition pourra cependant être conciliée si le point de vue par rapport au problème est modifié. La chaleur excessive de l'été fait "compensatoirement" penser au froid de l'hiver, et vice versa. Toute situation difficile fait évoquer ou imaginer celle qui lui est antagoniste; mais une fois que l'on se trouve dans cette dernière, la contradiction renaît. Alors la compensation nous porte à son point opposé. Là où la souffrance apparaîtra, la compensation se mettra en marche, mais la souffrance elle-même ne sera pas vaincue pour autant.
     Celui qui est orienté par un sens de vie défini a un point de vue et un comportement très différents face aux difficultés. Si quelqu'un croit que sa vie a un sens et que tout ce qui lui arrive lui sert à apprendre et à se perfectionner dans cette direction, il n'aura pas tendance à éluder de manière compensatoire les problèmes qui se poseront à lui, mais les assumera en leur découvrant aussi une certaine utilité. Le froid de l'hiver sera profitable, de même que la chaleur de l'été et, lorsque chacun d'eux se présentera, cette personne dira: "en quoi ces deux saisons s'opposent-elles si toutes deux me servent?"

Le Principe du Plaisir

     6. Si tu recherches le plaisir, tu t’enchaînes à la souffrance. Mais, tant que tu ne nuis pas à ta
     santé, jouis sans inhibition quand l’opportunité s’en présente.

     Ce Principe peut paraître choquant lors d'une première lecture car on croît qu'il y est dit "jouis même si tu portes préjudice à d'autres puisque que le seul frein est ta santé personnelle". Mais ce n'est pas ce qui est dit. Il est en réalité expliqué qu'il est absurde de détériorer la santé par l'exercice de plaisirs exagérés ou directement nocifs; mais il est en outre signalé que la négation du plaisir, par préjugé, provoque de la souffrance, ou que l'exercice du plaisir avec des problèmes de conscience est aussi préjudiciable. Enfin, l'idée principale est qu'il ne faut pas poursuivre le plaisir, mais l'exercer simplement lorsqu'il se présente, car le rechercher lorsque l'objet plaisant n'est pas présent ou le nier lorsqu'il apparaît constituent des faits qui s'accompagnent toujours de souffrance.
     Ce Principe (de même que les autres) ne doit pas être coupé de l'ensemble, ou bien interprété de sorte qu'il s'oppose aux autres. C'est ainsi qu'un autre Principe dit "Quand tu traites les autres comme tu veux qu'ils te traitent, tu te libères". Par conséquent, le sens change lorsque l'ensemble des Principes sont pratiqués et non pas un Principe isolé.

Le Principe de l'Action Immédiate

     7. Si tu poursuis un but, tu t’enchaînes. Si tout ce que tu fais, tu l’accomplis comme un but en
     soi, tu te libères.

     Ce Principe apprend à tirer bénéfice de toute situation intermédiaire qui nous mène à atteindre un objectif. Il ne dit pas que les buts ne doivent pas exister, car la planification de toute activité se réalise à partir de buts. Il y est expliqué que tous les pas menant vers un but donné, quels qu'ils soient, doivent être considérés de la façon la plus positive possible. Autrement, toute activité antérieure à l'obtention du but provoque de la souffrance et dans la cas où le but est atteint, il perd son sens à cause du coût vital que représente la souffrance investie dans les pas.

Le Principe de l'Action Comprise

     8. Tu feras disparaître tes conflits lorsque tu les comprendras jusqu’à leurs racines profondes et non lorsque tu voudras les résoudre.

     Ce Principe invite à éviter l'improvisation issue d'impulsions irrationnelles. Il ne dit pas que, face à un problème donné, il ne faille rien faire, mais que simultanément à l'action il doit y avoir compréhension. Face à un conflit, presque toutes les personnes, poussées par leur anxiété, se lancent à le résoudre sans en comprendre la racine. De cette façon, le problème se complique encore davantage et en engendre un autre, dans une chaîne inépuisable. En synthèse, le principe affirme que l'action doit être accompagnée par la compréhension.


Le Principe de Liberté

     9. Lorsque tu portes préjudice aux autres, tu restes enchaîné. Mais si tu ne portes pas préjudice à d’autres, tu peux faire ce que tu veux avec liberté.

     D'entrée, ce Principe explique que si l'on crée des problèmes aux autres, les autres nous en créent à nous. Il dit, en outre, qu'il n'y a pas de raisons de cesser de faire ce que l'on veut si personne n'en subit les préjudices.

Le Principe de Solidarité

     10. Lorsque tu traites les autres comme tu veux qu’ils te traitent, tu te libères.

     Ce Principe a de grandes conséquences parce qu'il amène à une ouverture, à une communication positive avec les autres êtres humains. Nous savons que le renfermement sur soi crée des problèmes plus ou moins graves. Ce qui est appelé "égoïsme" peut se réduire précisément à un problème de renfermement et de manque de communication. Le Principe accorde de l'importance au fait d'aller positivement vers les autres. Il est complémentaire du Principe antérieur qui recommande : "Ne porte pas préjudice à autrui", mais la différence entre ces deux Principes est grande.

Le Principe de la Négation des Contraires

     11. Peu importe dans quel camp t’ont placé les événements : ce qui importe, c’est que tu comprennes que tu n’as choisi aucun camp.

     Ici il n'est pas expliqué qu'il faille abandonner tout clan. Ici, il est suggéré de considérer la position dans laquelle chacun se trouve comme étant le résultat de facteurs indépendants de son propre choix: facteurs d'éducation, de milieu, etc. Cette attitude fait reculer le fanatisme, en même temps qu'elle permet de comprendre les clans ou les positions que d'autres personnes assument.
     Evidemment, cette façon de considérer le problème des clans contribue à la liberté de l'esprit et tend un pont fraternel en direction des autres, même lorsque, apparemment, ils s'opposent à mes idées.
     Ce Principe, tout en reconnaissant le manque de liberté dans les situations que l'on n'a pas construit soi-même, affirme la liberté de nier les oppositions si celles-ci font partie de ces mêmes situations.
     En d'autres termes : je n'ai pas décidé d'être grand ou petit, gros ou mince, et si cette condition est accompagnée d'oppositions à l'égard d'autres personnes qui n'ont pas non plus choisi leur clan, j'ai la liberté de nier cette opposition. Je n'ai inventé ni les grands, ni les petits, ni les gros, ni les minces et je nie, de ce fait, toute opposition responsable.

Le Principe de l'Accumulation des Actions

     12. Les actes contradictoires ou unitifs s’accumulent en toi. Si tu répètes tes actes d’unité intérieure, rien ne pourra plus t’arrêter.

     Ce Principe veut dire que tout acte qui est réalisé demeure enregistré dans la mémoire et que, à partir de là, il influence les autres voies. C'est pourquoi la répétition d'actes qui donnent unité intérieure ou qui engendrent la contradiction forment peu à peu une conduite qui conditionne les actions postérieures dans l'un de ces deux sens.
     Répéter les actes d'unité intérieure signifie exercer les Principes dans la vie quotidienne. Cela laisse aussi entendre qu'il ne s'agit pas de la répétition d'un acte (ou d'un Principe) isolé, mais d'un ensemble d'actes d'unité intérieure.
     Sans aucun doute, en exerçant tous les Principes, nous trouvons une discipline intégrale, capable de transformer progressivement notre condition souffrante en un nouveau mode de vie ayant une unité intérieure croissante et donc un bonheur croissant.

     Parfois, la vie d'une personne ou d'un ensemble humain se construit en additionnant des actes contradictoires. Il arrive aussi que, pendant un certain temps, de nombreux résultats favorables soient obtenus; mais tôt ou tard, la catastrophe se produira, parce que la base de toute cette vie est fausse, bien que des gens ne voient que les anecdotes réussies mais ne parviennent pas à comprendre le processus de cette vie-là, et surtout son absurde final.