2025/02/21

Coïncidences et complémentarités dans l'analyse de la crise civilisationnelle selon Emmanuel Todd et Silo

La crise civilisationnelle contemporaine a été abordée à partir de multiples perspectives, mais peu d'analyses parviennent à intégrer les dimensions historiques, anthropologiques et philosophiques avec autant de profondeur qu'Emmanuel Todd et Silo. Bien que séparés par des contextes géographiques et disciplinaires, les deux penseurs s'accordent à diagnostiquer une fracture systémique des piliers de l'Occident et du projet moderne, marquée par la désintégration des structures sociales, la perte de sens collectif et l'accélération de changements technologiques non assimilés. Todd, dans une perspective néo-wébérienne, souligne l'effondrement de l'éthique protestante et le nihilisme post-capitaliste, tandis que Silo, dans une perspective d'humanisme universaliste, met en évidence la déconnexion entre le progrès matériel et l'épanouissement spirituel. Leurs approches convergent non seulement dans l'identification de symptômes critiques - tels que l'aliénation individuelle ou la vacuité idéologique - mais se complètent en unissant les analyses structurelles aux réflexions existentielles, offrant ainsi un cadre interprétatif multidimensionnel pour comprendre la croisée des chemins actuelle [1][2][3][4].  


Les racines de la crise : entre matérialité historique et fracture existentielle


Le diagnostic structurel d'Emmanuel Todd

Todd situe l'origine de la crise occidentale dans trois axes interconnectés : la désindustrialisation américaine, la métamorphose du capitalisme post-religieux et le creusement idéologique des élites [3]. Son analyse reprend la thèse wébérienne de l'éthique protestante comme moteur du premier capitalisme, mais prévient que sa disparition a créé un système économique "zombie", dépourvu d'objectif transcendant et réduit à l'accumulation spéculative. La chute du PIB industriel américain - de 25 % en 2000 à 11 % aujourd'hui - symbolise cette transition vers une économie fictive, déconnectée de la production réelle et soutenue par des mécanismes financiers insoutenables [3].

Cette détérioration matérielle correspond, selon Todd, à un effondrement anthropologique : la sécularisation radicale n'a pas débouché sur un athéisme éclairé, mais sur un nihilisme passif où "même le scepticisme n'est pas crédible"[1]. La perte des visions religieuses du monde a privé les sociétés occidentales de récits unificateurs, exacerbant la fragmentation individualiste et l'incapacité à répondre de manière cohérente aux défis géopolitiques tels que la guerre en Ukraine [1][3].  


La perspective humaniste de Silo


Silo, pour sa part, souligne le décalage entre l'accélération technologique et la lenteur adaptative des structures socioculturelles [2][4]. Son diagnostic, formulé dès 1992, anticipait la crise actuelle comme le résultat de quatre phénomènes interdépendants :  

1. La révolution technologique comme force de rupture des habitudes et des structures.  

2. Le fossé entre l'innovation et l'adaptation sociale.  

3. L'imprévisibilité générée par les changements exponentiels.  

4. La désintégration des institutions traditionnelles (État, famille, idéologies) sous la pression de la mondialisation [2].  


Contrairement à Todd, Silo ne se limite pas à la sphère occidentale, mais analyse une crise civilisationnelle planétaire, où la mondialisation produit une "tour de Babel" culturelle qui isole les individus malgré leur hyperconnectivité [2][4]. Son approche souligne la dimension existentielle : la perte de sens se manifeste par des "évasions" dans la consommation, la drogue ou le suicide, symptômes d'une humanité aliénée à ses propres aspirations profondes [2].


Points de convergence


Les deux auteurs sont d'accord sur les points suivants  

- La critique de l'économisme réductionniste : Todd dénonce le PIB fictif basé sur les services et la finance [3], tandis que Silo met en garde contre les systèmes qui privilégient les "facteurs macro-sociaux" par rapport aux besoins humains concrets [2].  

- L'importance des visions du monde : L'éthique protestante chez Todd et l'humanisme universaliste chez Silo fonctionnent comme des cadres de sens dont l'érosion génère un vide existentiel [1][2].  

- Le caractère systémique de la crise : elle ne se réduit pas aux aspects économiques ou politiques, mais englobe la culture, la religion et la psychologie collective [1][4].  


Sécularisation vs. spiritualité : deux regards sur le vide contemporain

Todd et la fin de la transcendance protestante


Pour Todd, le protestantisme n'était pas seulement un système religieux, mais l'"infrastructure invisible" qui donnait sa raison d'être au capitalisme naissant. Sa disparition a créé une société post-morale où le néolibéralisme fonctionne comme une "religion de substitution", mais sans offrir de récits de salut ou de projets collectifs [1][3]. Ce vide se manifeste dans ce qu'il appelle le "protestantisme zéro" : une phase où même les résidus zombies de l'éthique calviniste du travail ne persistent pas, cédant la place à l'hédonisme consumériste et à l'apathie politique [3].  


Silo et recherche d'un nouveau paradigme spirituel


Silo est d'accord pour diagnostiquer le vide de sens, mais il propose une solution opposée : au lieu de se tourner vers les systèmes religieux du passé, il préconise un "nouvel humanisme" qui réconcilie le progrès matériel avec l'épanouissement spirituel [2][4]. Sa critique ne porte pas sur la sécularisation en tant que telle, mais sur l'incapacité des idéologies modernes à répondre aux questions fondamentales sur le but de la vie. L'humanisme siloïste se veut une vision du monde post-séculaire qui, sans recourir au dogme, retrouve la dimension sacrée de l'existence en se connectant aux profondeurs humaines [2].  


Complémentarités analytiques


- Temporalité différentielle : Todd analyse l'effondrement d'un système de valeurs historique (le protestantisme), tandis que Silo projette un avenir post-crise où de nouveaux paradigmes émergeraient [1][2].  

- Accent mis sur la subjectivité : les deux auteurs établissent un lien entre les crises systémiques et les expériences individuelles : le nihilisme passif chez Todd [1], le "syndrome de l'absurdité" chez Silo [2].  

- La religion comme variable sociale : pour Todd, elle est un facteur historique déterminant ; pour Silo, un obstacle surmontable dans la recherche d'une spiritualité authentique [3][4].


Géopolitique de la crise : Occidentalisme vs. multipolarité


La défaite de l'Occident selon Todd

Todd interprète l'invasion de l'Ukraine par la Russie comme un symptôme - et non une cause - du déclin de l'Occident. Il affirme que les États-Unis et l'Europe ont perdu leur influence réelle en persistant dans un unilatéralisme anachronique, ignorant que le monde préfère un ordre multipolaire russo-chinois à la domination unipolaire de l'Occident [3]. Cette préférence ne serait pas idéologique, mais pragmatique : d'autres civilisations perçoivent l'Occident comme une force déstabilisatrice dont le prosélytisme démocratique masque des intérêts géoéconomiques [1][3].  


Silo et émergence d'une civilisation planétaire


Bien que moins axé sur la géopolitique, Silo a anticipé dans les années 1990 des phénomènes que Todd analyse aujourd'hui : l'effondrement de l'État-nation, la montée des régionalismes et la formation d'une conscience mondiale émergente [2][4]. Pour Silo, la crise actuelle est la naissance douloureuse d'une civilisation planétaire qui dépassera les anciennes dichotomies Est-Ouest grâce à de nouveaux modèles d'organisation fondés sur "la compassion et la tolérance" [2].  


Coïncidences stratégiques


- Critique de l'exceptionnalisme occidental : Todd démystifie la prétendue supériorité morale de l'Occident [3] ; Silo rejette les "modèles uniques" de développement [2].  

- Vision multipolaire : tous deux envisagent (ou, dans le cas de Silo, promeuvent) un monde où coexistent plusieurs centres de pouvoir et plusieurs cultures [2][3].  

- Rôle de la Russie : Todd la considère comme un contrepoids à l'unilatéralisme [3] ; Silo, en 1992, soulignait déjà son rôle dans "l'accélération du changement historique" [2].


Sortir de la crise : entre réalisme historique et espérance active


Todd : le réalisme du déclin

Todd évite les propositions normatives, se limitant à décrire les tendances. Son réalisme suggère que l'Occident doit accepter son rôle déclinant dans un monde multipolaire, en abandonnant l'illusion d'une domination globale [3]. Bien que pessimiste quant au renversement du nihilisme, il laisse entendre que des civilisations aux systèmes de valeurs intacts (comme la Russie ou la Chine) pourraient offrir des alternatives au vide occidental [1].  

Silo : la construction consciente d'un nouvel humanisme


Contrairement au réalisme de Todd, Silo propose une voie active : la création de "nouvelles échelles de valeurs" par une action collective consciente [2]. Son humanisme n'est pas une utopie abstraite, mais une praxis basée sur.. :  

- le rejet du matérialisme réductionniste : l'intégration de la technologie aux besoins spirituels [2].  

- L'éthique de la non-violence : comme base des relations internationales et personnelles [4].  

- Spiritualité laïque : se concentrer sur le sens profond de l'existence humaine [2].  


Synthèse propositionnelle


Alors que Todd décrit le déclin inévitable d'un système épuisé, Silo esquisse les fondements de ce qui pourrait émerger après son effondrement. Leurs perspectives se complètent en tant que diagnostic et pronostic : la décadence occidentale analysée par Todd crée les conditions de l'humanisme planétaire imaginé par Silo.


Conclusion : vers un paradigme intégrateur


Les recoupements entre Todd et Silo révèlent que la crise de civilisation appelle des analyses alliant rigueur historique et profondeur philosophique. Todd fournit des outils pour comprendre l'effondrement des superstructures occidentales ; Silo, des clés pour imaginer leur reconstruction sur des bases plus humaines. Là où Todd voit la fin d'une vision du monde (le protestantisme), Silo pressent la naissance d'une autre (l'humanisme universaliste). Ensemble, ils offrent un cadre pour interpréter non seulement ce que nous perdons, mais aussi ce qui pourrait émerger des ruines de l'ordre ancien. Leur dialogue implicite suggère que toute crise contient des germes de renaissance, à condition qu'elle soit affrontée avec un regard lucide et une volonté transformatrice.

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Sources:

[1] "La défaite de l'Occident" d'Emmanuel Todd : la dérive nihiliste de ... https://elpais.com/babelia/2024-12-20/la-derrota-de-occidente-de-emmanuel-todd-la-deriva-nihilista-de-una-sociedad-sin-cosmovision-religiosa.html

[2] La crise de la civilisation et de l'humanisme : ... https://www.pressenza.com/es/2023/06/1746649/

[3] L'homme qui explique pourquoi l'Occident sera bientôt vaincu. https://www.elconfidencial.com/cultura/2024-06-05/entrevista-emmanuel-todd-occidente-derrota_3895682/

[4] La crise de la civilisation et de l'humanisme - Le plus grand des poètes https://www.elmayordelospoetas.net/1992/06/18/conferencia-la-crisis-de-la-civilizacion-y-el-humanismo/

[5] Emmanuel Todd : "Nous assistons à la chute finale de l'Occident" https://www.nuevarevista.net/emmanuel-todd-estamos-asistiendo-a-la-caida-final-de-occidente/

[6] La crise et la défaite de la pensée occidentale / Entretien avec ... https://semanal.jornada.com.mx/2024/10/20/crisis-y-derrota-del-pensamiento-occidental-entrevista-con-emmanuel-todd-4621.html

7] La défaite de l'Occident dans la pensée d'Emmanuel Todd https://portalalba.org/temas/economia/la-derrota-de-occidente-en-el-pensamiento-de-emmanuel-todd/

[8] Emmanuel Todd : "L'Occident se détruit" https://www.larazon.es/cultura/literatura/libros/emmanuel-todd-occidente-esta-destruyendo-mismo_20241027671de7552914190001e2c415.html

[9] Emmanuel Todd : La défaite de l'Occident - Clionauta https://clionauta.hypotheses.org/36538

[10] La défaite de l'Occident - Emmanuel Todd - Librairie Sudestada https://www.libreriasudestada.com.ar/productos/la-derrota-de-occidente-emmanuel-todd/

[11] Emmanuel Todd : "La crise de l'Occident est la crise du monde" https://www.diario.red/articulo/internacional/emmanuel-todd-crisis-occidente-es-crisis-mundo/20250102113335040628.html

[12] La crise de la civilisation et de l'humanisme - silo.net http://www.silo.net/es/conferences/index/6

[13] La crise de la civilisation et de l'humanisme". Silo à Moscou - YouTube https://www.youtube.com/watch?v=scfe7-RM_EA

[14] Conférences Silo La crise de la civilisation et de l'humanisme 1992 https://www.youtube.com/watch?v=UHqXQVyGUBs

[15] La crise de la civilisation et de l'humanisme (intégrale) Moscou 18 ... https://creators.spotify.com/pod/show/humanismo/episodes/La-crisis-de-la-civilizacin-y-el-Humanismo-Completo-Mosc-18-de-Junio-de-1992-elno2u

[16] Silo Speaks - silo.net - Collected Works http://www.silo.net/es/collected_works/silo_speaks

[17] La crise de la civilisation et de l'humanisme (Intégrale) Moscou 18 ... https://www.ivoox.com/crisis-civilizacion-humanismo-audios-mp3_rf_62799373_1.html

[18] Silo : Observatoire de la non-violence https://o-nv.org/es/category/fundamentos/silo-es/

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Article réalisé avec perplexité IA

2025/02/19

La conscience inspirée

La conscience inspirée est une structure globale de la conscience qui permet des intuitions immédiates de la réalité. Elle est capable d'organiser des ensembles d'expériences et de mettre en avant des expressions qui se transmettent à travers la philosophie, la science, l'art et la mystique.

Voici quelques points clés concernant la conscience inspirée et son importance :

* Elle perturbe le fonctionnement de la conscience habituelle et rompt la mécanique des niveaux de conscience. Elle remet en question la normalité et peut se manifester à différents niveaux, perturbant ainsi le fonctionnement de la conscience habituelle.

* Elle se manifeste dans de grands domaines comme la philosophie, la science, l'art et la mystique, mais aussi dans la vie quotidienne à travers des intuitions et des inspirations. Dans la philosophie, elle se traduit par une intuition directe pour appréhender les réalités immédiates de la pensée. Dans la science, elle peut apparaître comme des inspirations soudaines qui permettent des avancées importantes. Dans l'art, elle peut se manifester à travers des rêves inspirateurs ou des inspirations vigiles. Dans la mystique, elle est liée à l'expérience du sacré et peut se traduire par des rêves, des visions ou des intuitions. Au quotidien, elle peut se traduire par des intuitions ou des inspirations dans la vigile, le demi-sommeil et le sommeil paradoxal.

* Elle est liée à la recherche de sens et à la capacité de se connecter avec des états plus profonds de conscience. La conscience inspirée est très liée au sens et permet d'échapper au non-sens et à la recherche de sens face à la perte de sens. Elle permet de connecter avec des états plus profonds et d'accéder à des expériences d'extase, d'enlèvement et de reconnaissance.

* Elle peut être accidentelle ou résulter d'une intention et d'une disposition particulière. Cette disposition particulière peut impliquer de se placer dans des environnements physiques et mentaux inhabituels pour recevoir des impacts sensoriels. Elle peut aussi impliquer l'utilisation de techniques de « transe » ou des pratiques et systèmes psychologiques comme les danses rituelles, les cérémonies répétitives et les exercices de concentration et de méditation. Certaines techniques visent à substituer le propre « je » par une autre entité spirituelle ou divine, permettant ainsi de contacter un autre état ou niveau de conscience.

* Elle est essentielle pour traduire les signaux provenant de l'espace profond et pour connecter différents mondes. La conscience inspirée a pour fonction de connecter les deux mondes et de traduire les signaux qui proviennent de cet espace profond en les couvrant d'un « ornement poétique ». Le message vient de ce qui est profond, et le messager est le traducteur.

* Elle est liée à la créativité, à la production de nouvelles idées et à la transformation des situations quotidiennes. Elle favorise une « courant de créativité » et de production de choses, et encourage à ouvrir les portes à la créativité des gens. Elle peut transformer les situations quotidiennes et donner lieu à l'enlèvement des amoureux, à l'inspiration des artistes et à l'extase des mystiques.

* Elle peut mener à une compréhension soudaine de situations complexes et à la résolution instantanée de problèmes. Elle permet des intuitions ou des inspirations dans la vigile, le demi-sommeil et le sommeil paradoxal, et peut mener à la résolution instantanée de problèmes qui ont perturbé le sujet pendant longtemps.

* Elle est considérée comme ayant un potentiel élevé pour la compréhension de sa propre situation et peut être enregistrée comme un «état de conscience éveillée». La « conscience inspirée » est une structure mentale qui compte avec un potentiel plus haut que celui qui se donne dans la vigile ordinaire et peut être enregistré comme « un état de conscience éveillée ».

* Elle est importante pour le développement personnel car elle favorise une vision différente de la réalité et ouvre à de nouveaux horizons. Elle permet de varier ou de relativiser la négation sceptique du sens de la vie et de suspecter un nouveau sens de la vie. Elle a la capacité de présenter des intuitions qui font soupçonner un autre mode de vivre la réalité, ouvrant ainsi à d'autres horizons.

Elle est importante pour le développement social car elle peut mener à de nouvelles possibilités évolutives pour l'être humain et à la libération de la conscience humaine. C'est du surgissement de cette conscience inspirée d'où peuvent apparaître de nouvelles possibilités évolutives pour l'être humain et elle peut permettre de libérer la conscience humaine, attrapée par ce système.

Plusieurs obstacles peuvent entraver l'expérience de la conscience inspirée :

  • Le fonctionnement habituel de la conscience : La conscience inspirée perturbe le fonctionnement de la conscience habituelle et rompt la mécanique des niveaux de conscience.

  • Les rêveries : Les rêveries sont des contenus erratiques de la conscience qui dépendent des pressions des autres niveaux, des stimuli externes et corporels. Elles constituent des empêchements au travail de l'attention.

  • Les résistances : Dans le travail interne, le sujet peut rencontrer des résistances en certains points, qui sont des indicateurs importants de blocage, de fixation ou de contraction. Ces résistances peuvent être considérables et produire des réactions ou des rebonds.

  • Le manque d'unité interne : Le travail des centres de réponse dans différentes directions peut être expérimenté comme une contradiction interne. Lorsque l'on sent dans une direction (centre émotif), pense dans une autre (centre intellectuel) et agit dans une autre (centre moteur), on enregistre une contradiction interne.

  • Le souffrance : Le souffrance empêche la plus profonde expression de la mente.

  • La censure et l'autocensure : L'examen ouvert des croyances fondamentales peut se heurter à la censure et à l'autocensure, qui inhibent la pensée libre et la bonne conscience.

  • La distraction : La recherche de quelque chose qui ne résout pas le vrai problème et la connexion avec ce qui importe réellement (surpasser la souffrance, se réveiller du rêve et transcender la mort) peuvent être distraits par des moyens habituels.

  • L'externalisation de l'expérience: Croire que l'expérience provient d'êtres en dehors de la conscience.

  • Les états altérés projetés et les états d'intériorisation introjectés: Ils correspondent à des perturbations transitoires ou permanentes de la conscience vigile qui peuvent entraver l'expérience de la conscience inspirée.

  • Le manque d'expérience interne: Les idées sont à l'extérieur de soi, tandis que les expériences sont ressenties.

En résumé, la conscience inspirée est une structure de conscience qui permet d'accéder à des intuitions profondes et à une compréhension plus large de la réalité. Elle est essentielle pour le développement personnel et social, car elle favorise la créativité, la recherche de sens et la connexion avec des états de conscience plus élevés.

Source: Andres Korizma, Silo sur la conscience inspirée - compilation

2025/02/12

Charte pour un monde sans violence

La « Charte pour un monde sans violence » est le résultat de plusieurs années de travail de personnes et d’organisations ayant reçu le prix Nobel de la paix. Une première ébauche a été présentée au 7e Sommet des prix Nobel en 2006 et la version finale a été approuvée lors du 8e Sommet en décembre 2007 à Rome. Ses points de vue et ses propositions sont très proches de ceux de la Marche.

Le 11 novembre 2009, lors du 10e Sommet mondial qui se tiendra à Berlin, les lauréats du prix Nobel de la paix présenteront la Charte pour un monde sans violence aux promoteurs de la Marche mondiale pour la paix et la non-violence, qui agiront comme émissaires du document dans le cadre de son effort de sensibilisation mondiale à la violence. Silo, fondateur de l’humanisme universaliste et inspirateur de la Marche mondiale, parlera de la signification de la paix et de la non-violence dans le moment présent.

 

Charte pour un monde sans violence

La violence est une maladie évitable

Aucun État ni aucun individu ne peut être en sécurité dans un monde instable. Les valeurs de non-violence dans l’intention, la pensée et la pratique sont passées d’une option à une nécessité. Ces valeurs s’expriment dans leur application entre États, groupes et individus.

Nous sommes convaincus que l’adhésion aux valeurs de non-violence ouvrira la voie à un ordre mondial plus pacifique et civilisé dans lequel une gouvernance plus efficace et plus juste, respectueuse de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie elle-même, pourra devenir une réalité.

Nos cultures, nos histoires et nos vies individuelles sont interconnectées et nos actions sont interdépendantes. Aujourd’hui plus que jamais, nous croyons qu’une vérité s’offre à nous : notre destin est un destin commun. Ce destin sera défini par nos intentions, nos décisions et nos actions d’aujourd’hui.

Nous sommes en outre convaincus que la création d’une culture de paix et de non-violence, bien que difficile et longue, est à la fois nécessaire et noble. L’affirmation des valeurs contenues dans cette Charte est une étape essentielle pour assurer la survie et le développement de l’humanité et la réalisation d’un monde sans violence.

Nous, lauréats du prix Nobel de la paix et organisations lauréates,

Réaffirmant notre attachement à la Déclaration universelle des droits de l’homme ;

Motivés par le souci de mettre un terme à la propagation de la violence à tous les niveaux de la société et en particulier aux menaces qui pèsent à l’échelle mondiale sur l’existence même de l’humanité ;

Réaffirmant que la liberté de pensée et d’expression est à la base de la démocratie et de la créativité ;

Reconnaissant que la violence se manifeste de nombreuses manières, telles que les conflits armés, l’occupation militaire, la pauvreté, l’exploitation économique, la destruction de l’environnement, la corruption et les préjugés fondés sur la race, la religion, le sexe ou l’orientation sexuelle ;

Conscients que la glorification de la violence telle qu’exprimée par le biais du divertissement commercial peut contribuer à l’acceptation de la violence comme une condition normale et acceptable ;

Sachant que ceux qui sont le plus touchés par la violence sont les plus faibles et les plus vulnérables ;

Rappelant que la paix n’est pas seulement l’absence de violence mais qu’elle est la présence de la justice et du bien-être des peuples ;

Conscients que l’incapacité des États à prendre suffisamment en compte la diversité ethnique, culturelle et religieuse est à l’origine d’une grande partie de la violence dans le monde ;

Reconnaissant la nécessité urgente de développer une approche alternative de la sécurité collective fondée sur un système dans lequel aucun pays, ni groupe de pays, ne dépend des armes nucléaires pour sa sécurité ;

Conscients que le monde a besoin de mécanismes et d’approches mondiaux efficaces pour la prévention et la résolution non violentes des conflits, et que ces mécanismes et approches sont plus efficaces lorsqu’ils sont appliqués le plus tôt possible ;

Affirmant que les personnes investies du pouvoir ont la plus grande responsabilité de mettre fin à la violence là où elle se produit et de prévenir la violence chaque fois que cela est possible ;

Affirmant que les valeurs de la non-violence doivent triompher à tous les niveaux de la société ainsi que dans les relations entre les États et les peuples ;

Demandons à la communauté internationale de promouvoir les principes suivants :

 

1.         Dans un monde interdépendant, la prévention et la cessation des conflits armés entre les États et au sein de ceux-ci peuvent nécessiter l’action collective de la communauté internationale. La sécurité des États individuels peut être mieux assurée en faisant progresser la sécurité humaine mondiale. Cela nécessite de renforcer la capacité de mise en œuvre du système des Nations Unies ainsi que des organisations régionales de coopération.

2.         Pour parvenir à un monde sans violence, les États doivent respecter la primauté du droit et honorer leurs engagements juridiques à tout moment.

3.         Il est essentiel de progresser sans plus tarder vers l’élimination universelle et vérifiable des armes nucléaires et autres armes de destruction massive. Les États qui possèdent de telles armes doivent prendre des mesures concrètes en faveur du désarmement et d’un système de sécurité qui ne repose pas sur la dissuasion nucléaire. Dans le même temps, les États doivent poursuivre leurs efforts pour consolider le régime de non-prolifération nucléaire, en prenant des mesures telles que le renforcement de la vérification multilatérale, la protection des matières nucléaires et la promotion du désarmement.

4.         Pour contribuer à éliminer la violence dans la société, la production et la vente d’armes légères et de petit calibre doivent être réduites et strictement contrôlées aux niveaux international, régional, national et local. En outre, il faut assurer l’application intégrale et universelle des accords internationaux de désarmement, comme le Traité d’interdiction des mines de 1997, et soutenir les nouveaux efforts visant à éradiquer l’impact des armes déclenchées par les victimes et qui frappent sans discrimination, comme les armes à sous-munitions. Il faut également promulguer un traité complet et efficace sur le commerce des armes.

5.         Le terrorisme ne peut jamais être justifié, car la violence engendre la violence et aucun acte de terreur contre la population civile d’un pays ne peut être perpétré au nom d’une cause quelconque. La lutte contre le terrorisme ne peut cependant justifier la violation des droits de l’homme, du droit international humanitaire, des normes de la civilisation et de la démocratie.

6.         Mettre fin à la violence domestique et familiale exige le respect inconditionnel de l’égalité, de la liberté, de la dignité et des droits des femmes, des hommes et des enfants par tous les individus, les institutions de l’État, la religion et la société civile. Ces protections doivent être inscrites dans les lois et les conventions aux niveaux local et international.

7.         Chaque individu et chaque État partagent la responsabilité de prévenir la violence contre les enfants et les jeunes, notre avenir commun et notre don le plus précieux. Tous ont droit à une éducation de qualité, à des soins de santé primaires efficaces, à la sécurité personnelle, à la protection sociale, à une pleine participation à la société et à un environnement propice qui renforce la non-violence comme mode de vie. L’éducation à la paix, la promotion de la non-violence et la mise en valeur de la qualité humaine innée de la compassion doivent être une partie essentielle du programme des établissements d’enseignement à tous les niveaux.

8.         Pour prévenir les conflits résultant de l’épuisement des ressources naturelles, en particulier des ressources énergétiques et hydriques, les États doivent prendre des mesures concrètes pour protéger l’environnement et encourager les populations à adapter leur consommation en fonction de la disponibilité des ressources et des besoins humains réels, en créant des mécanismes et des normes juridiques.

9.         Nous demandons à l’ONU et à ses États membres de promouvoir la valorisation de la diversité ethnique, culturelle et religieuse. La règle d’or d’un monde non violent est de traiter les autres comme on souhaite être traité.

10.     Les principaux outils politiques pour faire naître un monde non violent sont des institutions démocratiques fonctionnelles et un dialogue fondé sur la dignité, la connaissance et le compromis, mené sur la base d’un équilibre entre les intérêts des parties concernées et, le cas échéant, en incluant les préoccupations relatives à l’ensemble de l’humanité et à l’environnement naturel.

11.     Tous les États, institutions et individus doivent soutenir les efforts visant à remédier aux inégalités dans la répartition des ressources économiques et à résoudre les inégalités flagrantes qui créent un terrain fertile pour la violence. Le déséquilibre des conditions de vie conduit inévitablement à un manque d’opportunités et, dans de nombreux cas, à une perte d’espoir.

12.     La société civile, y compris les défenseurs des droits de l’homme, les militants pour la paix et l’environnement, doit être reconnue et protégée comme essentielle à la construction d’un monde non violent, car tous les gouvernements doivent servir les besoins de leur peuple, et non l’inverse. Des conditions doivent être créées pour permettre et encourager la participation de la société civile, en particulier celle des femmes, aux processus politiques aux niveaux mondial, régional, national et local.

13.     En mettant en œuvre les principes de cette Charte, nous appelons chacun à œuvrer ensemble pour un monde juste et sans meurtre, dans lequel chacun a le droit de ne pas être tué et la responsabilité de ne pas tuer les autres.

Pour lutter contre toutes les formes de violence, nous encourageons la recherche scientifique dans les domaines de l’interaction humaine et du dialogue, et nous invitons les communautés universitaires, scientifiques et religieuses à participer pour nous aider dans la transition vers des sociétés non violentes et sans meurtre.

 

Signataires du prix Nobel

Mairead Corrigan Maguire

Sa Sainteté le Dalaï Lama

Mikhail Gorbatchev

Lech Walesa

Frederik Willem De Klerk

Archevêque Desmond Mpilo Tutu

Jody Williams

Shirin Ebadi

Mohamed ElBaradei

John Hume

Carlos Filipe Ximenes Belo

Betty Williams

Muhammad Yunus

Wangari Maathai

Médecins internationaux pour la prévention de la guerre nucléaire

Croix-Rouge

Agence internationale de l'énergie atomique

American Friends Service Committee

Bureau international de la paix