Conversations d’Enrique Nassar avec Silo, 1997
La technologie de l’image et le réseau mondial de données se développent. Tout cela fait que la planète est de plus en plus connectée, ce qui facilitera la transmission et la circulation de l’information, mais n’améliorera pas la communication entre les personnes. Dans le meilleur des cas, cela facilitera la connexion de leurs solitudes.
Une chose est la circulation des données, une autre est la communication. Une chose est la connexion par le moyen de la technologie, une autre est de sortir de l’isolement.
Le Système voit le monde comme un business. C’est-à-dire que dans les gens, il voit du travail et de la consommation.
Toute cette technologie leur sert à extorquer des ressources à la population. C’est pourquoi l’illusion qu’ils poursuivent avec la réalité virtuelle est celle de s’emparer de l’image de la population pour la robotiser, la faire travailler davantage et lui soutirer des ressources.
S’emparer de l’image de la population est une prétention irréalisable, et la Roumanie en est un exemple.
Ceaușescu a cru, naïvement, qu’il était possible de contrôler la conscience de la population. Dans l’exercice du pouvoir, il contrôla les moyens de production, les moyens de communication, l’organisation sociale et les institutions formatrices (l’éducation). En Roumanie, les enfants appelaient C. « papa C. », et les adolescents et les jeunes célébraient des cérémonies où ils exprimaient leurs louanges à C. Les populations qui manifestaient de petits désaccords avec le régime étaient déstructurées, déplacées, déracinées et rééduquées.
C’est-à-dire que C. avait apparemment le contrôle de l’objectivité et de la subjectivité (de la conscience) de la population.
Un jour, tout changea et, en un laps de temps très court, C. fut destitué, fait prisonnier, jugé et fusillé. Les dernières photos de C. et de son épouse les montrent avec une expression d’étonnement devant ce qui leur arrive ; tous deux moururent sans comprendre ce qui se passait.
L’exercice du pouvoir à la manière de C. repose sur la théorie naïve qui suppose que, si l’on monopolise les moyens de production et que l’on gère les moyens de communication (monopole de l’image), les gens, supposés être une « conscience passive », vont répondre de manière mécanique, prédéterminée et réactive aux stimuli qu’on leur envoie. Par conséquent, on pourra toujours prévoir ce qu’ils feront à l’avenir…
Mais non : la conscience humaine n’est pas passive, la conscience humaine est active. Cela signifie que si l’on lance un stimulus à la conscience en attendant une réponse prédéterminée, il se pourrait que cette conscience fasse quelque chose de totalement inattendu, précisément parce que la conscience est active et intentionnelle.
Comme le Système a une vision limitée et étriquée de l’Être Humain, il n’apprend rien de cas comme celui de la Roumanie ; le Système ne comprend pas comment fonctionne la conscience humaine.
– La conscience humaine peut-elle être contrôlée ?
Depuis l’époque des Assyriens, qui assassinaient des milliers de personnes et formaient avec elles des pyramides de cadavres afin d’effrayer et de soumettre la population par cette démonstration…, depuis cette époque, on sait que, par des méthodes brutales, on peut contrôler les comportements collectifs d’une population. Il est vrai que, de façon conjoncturelle, des méthodes brutales permettent de soumettre les comportements collectifs d’une population, mais il est vrai aussi que, dans la durée, il n’y a aucun moyen de contrôler la conscience humaine.
La formule des démonstrations sanglantes suivies de la soumission a été utilisée plusieurs fois dans l’histoire. Franco, en Espagne, a produit une saignée de plus d’un million de personnes, puis il a pu soumettre sans grande difficulté les comportements sociaux du peuple espagnol. Staline a infligé d’énormes saignées au peuple russe, puis il a pu le soumettre sans grande difficulté. Dans ces cas, il y a soumission du comportement collectif de la population parce que, par peur, personne n’ose faire ce qui est interdit ; mais il n’y a pas de contrôle de la conscience, parce que les gens ne sont pas d’accord. Ce qui n’est pas apparu clairement avec ces régimes, c’est qu’ils auraient pris fin même si les dictateurs qui les imposaient n’étaient pas morts. Le régime franquiste aurait été démantelé par les nouvelles générations espagnoles, quel que soit le coût en vies humaines que cela aurait impliqué. Le régime stalinien n’aurait pas pu être éternel, comme l’ont démontré la chute et le démantèlement de l’URSS. Même s’ils avaient gagné la Seconde Guerre mondiale, les nazis ne se seraient pas maintenus indéfiniment au pouvoir en Allemagne. Le plus probable est qu’ils auraient fini par s’entretuer et que la population se serait rebellée.
Un exemple montrant que les régimes violents ne durent pas, on peut le voir à l’époque de la conquête espagnole avec Cortés. Quand Cortés arrive au Mexique, il trouve un empereur qui soumet les comportements collectifs de la population par des méthodes brutales, des populations indigènes subjuguées et très proches de la rébellion. Elles sont sur le point de se soulever contre cette imposition. Cortés arrive avec peu de soldats, se trouve devant cette situation de pré-rébellion populaire et en profite, en s’appuyant sur les peuples soumis. Il parvient à dominer l’empire aztèque (qui était très proche de sa déstructuration). Cortés est passé à l’histoire comme un génie militaire, alors que son talent était véritablement politique, mais c’est ainsi que les historiens voient les choses. Même si les Espagnols n’étaient pas arrivés au Mexique, les peuples subjugués se seraient soulevés et cette culture aurait poursuivi son processus ; à la même époque, le Pérou était en guerre civile.
– Pourquoi, dans le développement historique, se produit-il ces déviations dans le processus des peuples ?
L’espèce humaine est une espèce récente, elle n’a pas beaucoup de temps derrière elle. De plus, son évolution ne se fait pas en ligne droite : elle avance dans son développement en expérimentant des chemins, par succès et par erreurs.
Malgré tout ce qui s’est passé historiquement, l’Homo Sapiens n’a pas disparu de la surface de la planète, il est debout et, soyons sincères, depuis ses débuts, il s’est amélioré en quelque chose.
L’Être Humain n’est pas achevé, mais debout ; il se transforme et transforme sa nature. Imagine le futur…, les expériences qu’il pourra faire.
– Cela éclaire la façon dont la conscience évolue au niveau collectif, mais qu’en est-il de l’évolution de la conscience au niveau individuel ?
Chez l’individu, il en va de même : il avance dans son développement en expérimentant des chemins, par succès et par erreurs.
L’individu peut toujours avancer, à condition de ne pas rester bloqué dans l’erreur. Si la conscience individuelle reste bloquée dans un recoin où elle ne peut sortir d’un système de contradiction, elle n’avance pas.
Chez les personnes, cela se passe ainsi : elles transforment continuellement leurs difficultés et leurs erreurs et avancent, ou bien elles restent bloquées. Comme, de plus, la vie humaine est courte, elles ne doivent pas se permettre le luxe de rester longtemps arrêtées sur les problèmes.
L’Être Humain doit mourir en avançant. Et quant à ce qu’il croit, que la conscience individuelle est de telle ou telle façon, qu’elle pourrait mourir et que tout finirait…, il ne semble pas y avoir de nécessité de croire une telle chose. Aujourd’hui vient l’Être Humain. L’Être Humain est déjà en train d’apparaître.
– Que veux-tu dire par : « aujourd’hui vient l’Être Humain » ?
Au cours des derniers siècles, la vision positiviste a réduit l’Être Humain à un organisme, à un animal rationnel, à quelque chose qui naît, grandit, se forme, travaille, se reproduit, tombe malade et meurt.
Tu vas à ton bureau et tu t’assois à côté d’un collègue de travail : que ressens-tu de l’autre ? Tu sens qu’il est né, qu’il a grandi, qu’il s’est formé, qu’il travaille avec toi, qu’il a des enfants (il s’est reproduit). Il est malade ou peut tomber malade, et il peut mourir ou va nécessairement mourir. Ce que tu ressens, c’est la vision que le Système a de l’Être Humain : un organisme qui naît, grandit, se forme, se reproduit, travaille, tombe malade et meurt.
Le véritable Être Humain, celui qui va vers l’infini, celui qui découvre et manipule l’atome, celui qui transforme l’univers en bits, celui qui décode et peut manipuler à son gré le code génétique et transformera ainsi encore davantage sa nature, celui qui, lorsqu’on lui dit que la technique génère du chômage, est prêt à restructurer l’organisation sociale pour libérer l’homme du travail et permettre à la technologie de poursuivre son développement, celui qui se révolte d’être considéré seulement comme un animal rationnel qui naît, grandit, se reproduit, se forme, travaille, tombe malade et meurt…
Celui qui regarde son corps et le considère comme une antiquité primitive pour le développement de sa conscience, celui qui se révolte face à la mort, cet Être Humain que ne définissent encore ni la philosophie, ni la psychologie, ni les sciences sociales. Cet Être Humain, le véritable Être Humain, celui-là est déjà en train d’apparaître.
Cet être humain va-t-il commettre des erreurs ? Bien sûr qu’il va commettre des erreurs ! Mais il ne pourrait en être autrement ! Ce processus ne s’arrêtera d’aucune manière.
Même si les forces antihumanistes tentent de freiner ces processus, ceux-ci vont se frayer un chemin. La conscience humaine va se libérer de bon nombre des attaches qui la limitent aujourd’hui : le travail, les limitations du corps.
– Que peut-il se passer dans les toutes prochaines années ?
Les systèmes créent le substrat de croyances de base auquel adhère le citoyen moyen ; c’est depuis ce substrat de croyances de base que le citoyen moyen pense et fait de la science, de la politique, de la culture, de l’économie…
Un système primitif (comme celui qui existe) ne peut générer qu’un champ de croyances primitives auquel le citoyen adhère. Par exemple, le néolibéralisme est une production issue de ce substrat primitif. L’analyse des phénomènes actuels est fondée sur une méthodologie propre à ce substrat. C’est-à-dire que tout est très réduit, très primitif, très limitant.
Le nouveau libéralisme va tomber (cela est difficile à voir avec les outils d’analyse propres au substrat de croyances de base), et pour nous, le problème n’est pas qu’il tombe, mais tout le chaos social que peut générer l’effondrement du système financier.
Imagine le système de production et de distribution des aliments à l’arrêt, les services publics bloqués, des millions de personnes dans les villes essayant de s’en échapper, les débordements psychosociaux de toutes sortes qu’il y aurait…
Un effondrement du Système sans rien pour le remplacer ne servirait à rien. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas seulement la chute du système, mais son remplacement.
– Pour éviter un effondrement sans issue, avons-nous besoin de prendre le pouvoir ?
C’est une option qui, pour nous, n’est pas très intéressante. Pour nous, l’option intéressante est que les gens changent.
– Que veux-tu dire par « que les gens changent » ?
Te souviens-tu du Lion Ailé ?
« – Ainsi soit-il, monsieur Ho. Ainsi soit-il. Personne sur cette Terre n’appuiera aucun effort tant que l’on n’aura pas mis fin à la monstruosité qu’un seul Être Humain vive en dessous des niveaux de vie dont nous jouissons tous.
« Mais dites-moi, madame Walker, à quel moment tout a-t-il commencé à changer ? Quand avons-nous pris conscience que nous existions et que, par conséquent, d’autres existaient ? En ce moment même, je sais que j’existe, quelle sottise ! N’est-ce pas, madame Walker ?
– Ce n’est pas une sottise. J’existe parce que vous existez, et inversement. Voilà la réalité, tout le reste est une sottise. Je crois que les garçons du « Comité pour la Défense du Système Nerveux Faible » sont parvenus à mettre les choses au clair. Je ne sais vraiment pas comment ils ont fait, mais ils l’ont fait. Autrement, nous serions devenus des fourmis.
– Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Toute l’organisation sociale, si l’on peut l’appeler ainsi, est en train de s’effondrer. En si peu de temps qu’elle se désarticule complètement.
– Allons, allons, madame Walker. Nous vivons dans un monde nouveau et nous avons encore un peu de mal à trouver des formes libres de communication personnelle.
– Me lirez-vous vos poèmes ? J’imagine qu’ils sont inefficaces, arbitraires et surtout réconfortants.
– Ainsi soit-il, madame Walker. Ils sont inefficaces et réconfortants. Je vous les lirai à tout moment. Passez une merveilleuse journée. »
Les personnes changent si leur appareil de croyances de base change. Prenons un exemple avec une croyance de l’appareil de croyances de base, telle qu’elle s’est maintenue pendant des siècles. Rappelle-toi le géocentrisme : la Terre était le centre de l’univers, et c’était une époque où tous s’accordaient à dire qu’il en était ainsi ; on le croyait ainsi et on le vivait ainsi.
Avec le temps, tout cela se modifie : d’abord on dit que le soleil est le centre de l’univers, puis on précise et on dit que le système solaire est l’un des nombreux systèmes d’un système plus grand appelé galaxie, plus tard on explique davantage et on dit que cette galaxie fait partie d’un système de galaxies et que ce système de galaxies est à son tour l’un de ceux de l’univers, et dernièrement on explique qu’il y a plusieurs univers. Tout cela fait que les idées changent. Aujourd’hui, il ne viendrait à l’idée de personne de dire que nous sommes le centre de l’univers, mais prêtons attention à la façon dont nous parlons, nous disons : « le soleil se lève à…, le soleil se couche à… », comme si nous étions le centre de l’univers.
Mais ce n’est pas tout : aujourd’hui, après les recherches qui parlent de systèmes solaires, de galaxies, d’ensembles de galaxies, d’univers, et de plusieurs univers, aujourd’hui, malgré l’évidence de l’immensité de l’univers, nous soutenons trois choses :
1 – La vie sur la Terre est la seule vie qui existe dans l’univers.
2 – La vie sur la Terre est la seule forme d’intelligence qui existe dans l’univers.
3 – L’Homo Sapiens est la seule forme de vie humaine.
Nous soutenons que nous sommes la seule forme de vie, de vie intelligente et de vie humaine. Nous nous croyons uniques, tout l’univers est pour nous, nous sommes le centre de l’univers. C’est-à-dire que nous continuons à être géocentristes. C’est une croyance de l’appareil de croyances de base que nous n’avons pas encore modifiée.
Ce que nous observons aujourd’hui, c’est que l’Être Humain veut briser cette croyance de base. On le voit dans les efforts de la science et de la technologie dans leur recherche interstellaire et dans leur quête d’autres formes d’existence extraterrestre. On le voit dans le désir des gens qu’il y ait de la vie extraterrestre. Ce désir est tel qu’il existe des illusions collectives d’observations d’ovnis, et c’est un thème généralisé.
Les gens font tellement d’efforts pour qu’il y ait de l’intelligence extraterrestre que nous sommes au bord de voir cela se produire. L’Homo Sapiens fait un effort pour ouvrir son univers, pour aller au-delà de son appareil de croyances de base. Dans cette recherche, l’Être Humain va découvrir la conscience.
– Que veux-tu dire quand tu dis : « l’Être Humain va découvrir la conscience » ?
Depuis Descartes, la conscience a été définie comme une chose, comme quelque chose qui a de l’étendue. À partir de là, on considère la conscience comme un cas de plus de la matière en évolution, comme un viscère qui peut être manipulé au moyen de médicaments et de stimuli électriques.
La conscience n’est pas un organisme passif et réactif, elle est bien plus que cela : c’est une structure évolutive intentionnelle. La dynamique réelle de la conscience est de se transformer, de transformer le corps et de transformer le monde.
Que, par la voie de la recherche astronomique, on découvre peu à peu que le monde ne se meut pas mécaniquement comme on a voulu l’expliquer à travers la théorie du big-bang, du choc mécanique aléatoire qui dérive ensuite, par l’effet du hasard, vers le processus évolutif que nous connaissons, mais qu’il y a des univers qui s’agglutinent et se meuvent selon une direction non pas mécanique mais intentionnelle. C’est-à-dire que l’univers, dans son développement, a un sens.
Mettre en évidence qu’il existe d’autres formes de vie intelligente dans l’univers. C’est-à-dire que nous ne sommes pas uniques. Comprendre que la conscience n’est pas quelque chose de mécanique et de réactif, mais une structure évolutive intentionnelle. Être sur le point d’accepter que le corps humain est une antiquité primitive qui ne correspond pas, dans son développement, à la vitesse d’évolution de la conscience, et disposer de la connaissance et de la technologie pour le modifier. Être proches de libérer l’homme de l’esclavage du travail…, tout cela constitue des signes clairs que l’Être Humain cherche à se libérer de son appareil de croyances de base.
Là où toutes ces choses seront mises en évidence, l’appareil de croyances de base va se déstructurer.
Qu’il y a une intention dans l’univers, qu’il y a d’autres formes de vie intelligente, que la conscience individuelle est évolutive et intentionnelle, que le corps est une antiquité primitive susceptible d’être modifiée, que ce qui convient est de cesser de travailler et de faire travailler les machines.
L’Être Humain ne se sent pas selon ses idées, il se sent lui-même selon ses croyances.
Avec la déstructuration de l’appareil de croyances de base de l’Être Humain, son image du monde va se lézarder et, avec elle, s’ouvrira tout un nouveau système de possibilités de développement pour la conscience.
Après les cinquante dernières années de paralysie, la science et la pensée essaient à nouveau de se frayer un chemin.
L’Être Humain est au bord de se transformer, pas seulement techniquement, mais dans sa conscience. Tout va en structure.
Imagine dans le futur : une supercivilisation Humaine, un monde où tous les Êtres Humains sont d’accord sur les prémisses de base et où chacun est une diversité ; nous ne parlons pas de diversité de cultures, nous parlons de diversité de personnes. C’est-à-dire que chaque personne est un monde.
Ce qui est normal dans l’évolution, c’est la multiplicité, la diversité. Même si l’évolution de la conscience suit une direction, il peut y avoir des milliers de chemins dans cette direction.
Les Êtres Humains du futur, pour comprendre les comportements de l’Être Humain d’aujourd’hui, devront étudier à fond l’appareil de croyances de base de l’époque, et alors ils ne diront pas qu’il s’est trompé dans son raisonnement, mais qu’il percevait, analysait, raisonnait, prédisait, projetait et décidait à partir d’un système de raisonnement très primitif, généré par un champ de croyances très pauvre.
La pensée de cette époque, vue par les Humains du futur, sera celle d’une pensée primitive, cantonnée dans une ligne mentale très étroite, d’où certains phénomènes n’étaient pas visibles, où il n’était pas possible d’établir certaines relations, où l’on ne pouvait prévoir certaines conséquences.
On dira que cette absurde improvisation dans les décisions, les analyses et les prévisions correspondait à un comportement mental nihiliste à partir duquel il était impossible de construire quoi que ce soit, et dont le recours fondamental à l’action était l’imposition brutale, de type physique, économique… On expliquera que c’étaient les restes du Cro-Magnon qui n’étaient pas encore résolus.
Aujourd’hui, le pouvoir est entre les mains d’une bande de primitifs, d’ignorants et d’irresponsables, très brutes. L’agir stupide de ces primitifs crée des erreurs très graves dans la construction sociale du monde, qui créent peu à peu un champ de catastrophe. Cette catastrophe pourrait se produire et cela retarderait le processus de développement humain. Comme la conscience humaine est intentionnelle, les visions apocalyptiques d’entropies, d’effondrements, de catastrophes (vision nihiliste) ne sont pas inexorables.
L’Être Humain du futur ne voudra pas gagner et posséder des choses ; il voudra sentir, créer, construire, apprendre sans limite. Il ne voudra pas posséder, avoir, contrôler. Cet Humain comprendra qu’il y a des millions de façons de développer l’émotion et la pensée, qu’il existe une diversité inimaginable de façons de sentir et de penser.
Maintenant, la vision de l’Être Humain est très comportementaliste et réduite, mais à l’avenir tout ira bien, tout ira comme il doit aller.
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