2026/05/28

Antécédents et points fondamentaux de l’HumanismeUniversaliste

« Nous parlerons d’un courant de pensée qui postule l’action transformatrice et qui commence à être pris en compte grâce aux changements profonds qui s’opèrent dans la société. L’Humanisme est ce courant.

Nous passerons en revue, très brièvement, ses antécédents historiques, son développement et la situation dans laquelle il se trouve actuellement.

Différence entre « Courant » et Attitude humaniste :

Nous devons établir, au préalable, une différence entre l’Humanisme en tant que courant et l’Humanisme en tant qu’attitude.

Cette dernière était déjà présente dans différentes cultures avant que le mot « Humanisme » ne soit forgé en Occident.

L’attitude humaniste est commune aux différentes cultures, à certaines étapes de leur histoire, et se caractérise par : 1.- La place de l’être humain comme valeur centrale ; 2.- L’affirmation de l’égalité de tous les êtres humains ; 3.- La reconnaissance de la diversité personnelle et culturelle ; 4.- La tendance au développement de la connaissance au-delà de ce qui est accepté comme vérité absolue ; 5.- L’affirmation de la liberté des idées et des croyances et 6.- Le rejet de la violence.

Cette attitude est ce qui compte dans notre Nouvel Humanisme Universaliste et ce sont les différentes cultures qui nous apprennent à aimer et à pratiquer cette position face à la vie.

Je renvoie, à qui cela intéresse, à l’étude de l’Humanisme dans les différentes cultures (Annuaire 1994 du Centre Mondial d’Études Humanistes, particulièrement dans la contribution du professeur Serguei Semenov, spécialiste de l’Humanisme précolombien en Méso et Amérique du Sud).

Nous devons également faire une distinction, quelque peu puérile, entre les études « humanistiques » dispensées dans les facultés ou instituts d’études et l’attitude personnelle non définie par la dévotion professionnelle mais par le positionnement face à l’Humain comme préoccupation centrale.

Lorsque quelqu’un se définit comme « humaniste », il ne le fait pas en référence à ses connaissances en « humanités » et, de même, un étudiant ou un spécialiste de ces disciplines ne se considère pas pour autant « humaniste ». Nous glissons ce commentaire parce qu’il ne manque pas de gens qui lient l’« humanisme » à un certain type de connaissance ou de niveau culturel.

En Occident, deux sont les acceptions que l’on attribue habituellement au mot « humanisme ».

On parle d’« humanisme » pour indiquer toute tendance de pensée qui affirme la valeur et la dignité de l’être humain. Avec cette signification, on peut interpréter l’humanisme de manières très diverses et contrastées.

Dans son sens plus limité, mais en le plaçant dans une perspective historique précise, le concept d’Humanisme est utilisé pour désigner ce processus de transformation qui a débuté entre la fin du XIVe siècle et le début du XVe et qui, au siècle suivant, sous le nom de « Renaissance », a dominé la vie intellectuelle de l’Europe. Il suffit de mentionner Érasme, Giordano Bruno, Galilée, Nicolas de Cues, Thomas More, Juan Vives et Bouillé pour comprendre la diversité et l’étendue de l’Humanisme historique. Son influence s’est prolongée tout au long du XVIIe siècle et d’une grande partie du XVIIIe, aboutissant aux révolutions qui ont ouvert les portes de l’Époque Contemporaine.

Ce courant a semblé s’éteindre lentement jusqu’à ce qu’au milieu de ce XXe siècle, il se soit remis en marche dans le débat entre penseurs préoccupés par les questions sociales et politiques.

Les aspects fondamentaux de l’Humanisme historique furent, approximativement, les suivants :

La réaction contre le mode de vie et les valeurs du Moyen Âge. Ainsi commence une forte reconnaissance d’autres cultures, particulièrement de la gréco-romaine dans l’art, la science et la philosophie.

La proposition d’une nouvelle image de l’être humain dont on exalte la personnalité et l’action transformatrice.

Une nouvelle attitude à l’égard de la nature, acceptée comme environnement de l’homme et non plus comme un sous-monde plein de tentations et de châtiments.

L’intérêt pour l’expérimentation et la recherche du monde environnant comme tendance à chercher des explications naturelles sans avoir besoin de références au surnaturel.

Ces quatre aspects de l’Humanisme historique convergent vers un même objectif : faire naître la confiance en l’être humain et en sa créativité, et considérer le monde comme le royaume de l’homme. Royaume que celui-ci peut dominer grâce à la connaissance des sciences.

Depuis cette nouvelle perspective s’exprime la nécessité de construire une nouvelle vision de l’univers et de l’histoire.

De même, les nouvelles conceptions de cet Humanisme historique conduisent à la remise en question de la question religieuse tant dans ses structures dogmatiques et liturgiques que dans les structures organisationnelles qui, à cette époque, imprègnent les structures sociales du Moyen Âge.

L’Humanisme, en corrélation avec la modification des forces économiques et sociales de l’époque, représente un révolutionnarisme de plus en plus conscient et de plus en plus orienté vers la discussion de l’ordre établi. Mais la Réforme dans le monde allemand et anglo-saxon et la Contre-Réforme dans le monde latin tentent de freiner les nouvelles idées en reproposant autoritairement la vision chrétienne traditionnelle. La crise passe de l’Église aux structures étatiques.

Finalement, l’empire et la monarchie par « droit divin » sont éliminés grâce aux révolutions de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle.

Mais après la Révolution française et les guerres d’indépendance américaines, l’Humanisme a pratiquement disparu. Néanmoins, il continue comme toile de fond sociale d’idéaux et d’aspirations qui encourage des transformations économiques, politiques et scientifiques.

L’Humanisme a reculé face à des conceptions et des pratiques qui s’installent jusqu’à la fin du Colonialisme, de la Seconde Guerre mondiale et de l’alignement bifront de la planète.

Dans cette situation se rouvre le débat sur la signification de l’être humain et de la nature, sur la justification des structures économiques et politiques, sur l’orientation de la science et de la technologie et, en général, sur la direction des événements historiques.

Après le long chemin parcouru et les dernières discussions dans le domaine des idées, il est clair que l’Humanisme doit redéfinir sa position non seulement en tant que conception théorique mais en tant qu’activité et pratique sociale. Pour cela, nous nous appuierons continuellement sur son Document fondateur.

L’état de la question humaniste doit être posé aujourd’hui en référence aux conditions dans lesquelles l’être humain vit. Ces conditions ne sont pas abstraites. Par conséquent, il n’est pas légitime de dériver l’Humanisme d’une théorie sur la Nature, ou d’une théorie sur l’Histoire, ou d’une foi en Dieu.

La condition humaine est telle que la rencontre immédiate avec la douleur et avec la nécessité de la surmonter est incontournable.

Cette condition, commune à tant d’autres espèces, trouve dans l’espèce humaine le besoin supplémentaire de prévoir comment surmonter la douleur et atteindre le plaisir à l’avenir. Sa prévision future s’appuie sur l’expérience passée et sur l’intention d’améliorer sa situation actuelle.

Son travail, accumulé dans des productions sociales, passe et se transforme de génération en génération dans une lutte continue pour surmonter les conditions naturelles et sociales dans lesquelles il vit. C’est pourquoi l’Humanisme définit l’Être Humain comme un Être historique, doté d’un mode d’action sociale capable de transformer le monde et sa propre nature.

Ce point est d’une importance capitale car en l’acceptant, on ne pourra pas, de manière cohérente, affirmer ensuite un « droit naturel » ou une « propriété naturelle » ou des « institutions naturelles » ou, enfin, un type d’être humain à venir, tel qu’il est aujourd’hui, comme s’il était achevé pour toujours…

L’ancien thème de la relation de l’homme avec la nature reprend de l’importance.

En le reprenant, nous découvrons ce grand paradoxe dans lequel l’Être Humain apparaît sans fixité, sans nature, tandis que nous percevons en lui une constante : son historicité.

C’est pourquoi, en forçant les termes, on peut dire que la nature de l’homme est son histoire ; son histoire sociale. Par conséquent, chaque être humain qui naît n’est pas un premier exemplaire équipé génétiquement pour répondre à son milieu, mais un Être historique qui développe son expérience personnelle dans un paysage social, dans un paysage humain.

Voici que dans ce monde social, l’intention commune de surmonter la douleur est niée par l’intention d’autres êtres humains.

Nous disons que certains hommes naturalisent les autres en niant leur intention : ils les convertissent en objet d’usage.

Ainsi, la tragédie d’être soumis à des conditions physiques naturelles pousse le travail social et la science vers de nouvelles réalisations qui surmontent ces conditions. Mais la tragédie d’être soumis à des conditions sociales d’inégalité et d’injustice pousse l’être humain à la rébellion contre cette situation dans laquelle on perçoit non pas le jeu de forces aveugles mais le jeu d’autres intentions humaines.

Ces intentions humaines, qui discriminent les uns et les autres, sont remises en question dans un domaine très différent de celui de la tragédie naturelle dans laquelle il n’existe pas d’intention. C’est pourquoi il existe toujours dans toute discrimination un monstrueux effort pour établir que les différences entre les êtres humains sont dues à la nature, qu’elle soit physique ou sociale, qui réalise son jeu de forces sans que l’intention intervienne.

Des différences raciales, sexuelles et économiques seront faites en les justifiant par des lois génétiques ou de marché, mais dans tous les cas, on opérera avec la distorsion, le mensonge et la mauvaise foi.

Les deux idées fondamentales exposées précédemment : en premier lieu celle de la condition humaine soumise à la douleur avec son élan pour la surmonter et, en second lieu, la définition de l’Être Humain historique et social, centrent l’état de la question pour les humanistes d’aujourd’hui.

Sur ces points particuliers, je renvoie au livre Contributions à la Pensée, dans l’essai intitulé : Discussions Historiologiques.

Dans le Document fondateur du Mouvement Humaniste, il est déclaré qu’il faudra passer de la Pré-Histoire à la véritable Histoire Humaine seulement lorsque sera éliminée la violente appropriation animale d’êtres humains par d’autres.

En attendant, on ne pourra partir d’une autre valeur centrale que celle de l’Être Humain plein dans ses réalisations et dans sa liberté.

La proclamation : « Rien au-dessus de l’être humain et aucun être humain au-dessous d’un autre », synthétise tout cela.

Si l’on place comme valeur centrale Dieu, l’État, l’Argent ou toute autre entité, on subordonne l’Être Humain en créant des conditions pour son contrôle ou son sacrifice ultérieur.

Nous les humanistes, nous avons ce point bien clair. Nous les humanistes, nous sommes athées ou croyants, mais nous ne partons pas de l’athéisme ou de la foi pour fonder notre vision du monde et notre action ; nous partons de l’être humain et de ses besoins immédiats.

Ainsi, nous les humanistes, nous prenons position. Nous ne nous sentons pas sortis du néant mais tributaires d’un long processus et d’un effort collectif ; nous nous engageons dans le moment actuel et nous envisageons une longue lutte vers l’avenir.

Nous affirmons la diversité en franche opposition à la réglementation qui jusqu’à présent a été imposée et soutenue par des explications selon lesquelles la diversité met en dialectique les éléments d’un système, de sorte qu’en respectant toute particularité, on donne libre cours à des forces centrifuges et désintégratrices.

Nous les humanistes, nous pensons le contraire et nous soulignons que, précisément en ce moment, l’écrasement de la diversité conduit à l’explosion des structures rigides. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur la direction convergente, sur l’intention convergente et nous nous opposons à l’idée et à la pratique de l’élimination de supposées conditions dialectiques dans un ensemble donné.

Nous les humanistes, nous reconnaissons les antécédents de l’Humanisme historique et nous nous inspirons des apports des différentes cultures, non seulement de celles qui occupent en ce moment une place centrale ; nous pensons à l’avenir en essayant de surmonter la crise présente ; nous sommes optimistes : nous croyons en la liberté et au progrès social. »

Source: 

Conférence « La position du Nouvel Humanisme » donnée par Silo à S.S. de Jujuy, 30-10-1995.​​​​​​​​​​​​​​​​

2026/05/09

Micropuce, conscience et sentiments. Entretien avec Federico Faggin

  Entretien réalisé par Iván Carozzi.

10 septembre 2024

La frontière entre physique quantique, spiritualité et philosophie : le parcours intellectuel de Federico Faggin — père des microprocesseurs — est véritablement singulier.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Federico Faggin, mon conseil est de commencer par les photos. Sur le site de la fondation éponyme, on trouve des portraits de famille, mais aussi le détail des microprocesseurs conçus par Faggin, si hérissés de lignes droites et d’intersections, si impersonnels et hermétiques, qu’ils en imposent une certaine crainte respectueuse.

Ma photo préférée est celle prise en 1969, où Faggin et son épouse Elvia posent devant une Chevrolet Impala blanche. Ils se trouvent dans un endroit de la Terre encore peu connu, Cupertino, dans ce qui était alors la « vallée de Santa Clara », pas encore « Silicon ». Une autre photo montre Faggin adolescent, exhibant avec fierté l’une de ses créations : une maquette d’avion, fine et élégante comme un héron. Nous sommes à Vicence — on distingue en arrière-plan une affiche de l’eau Recoaro —, entre l’après-guerre et le boom économique. Et enfin une dernière image, en couleur : Faggin et Barack Obama, en 2010, lors de la cérémonie à la Maison Blanche pour la remise de la Médaille nationale de technologie et d’innovation.

Federico Faggin est un physicien, inventeur et entrepreneur de presque 83 ans, très bien portés. Sa renommée internationale est due au développement de la technologie « silicon gate » et à la conception, en 1971, de ce qui est considéré comme le premier microprocesseur de l’histoire, l’Intel 4004 (dans un coin, comme sur le socle d’une sculpture, sont gravées les initiales FF). En 1986, Faggin fut l’un des fondateurs de Synaptics, entreprise pionnière dans l’étude de la technologie des écrans tactiles. Il paraît que Bill Gates aurait déclaré que sans Faggin, Silicon Valley serait restée une simple vallée.

« Les livres de Faggin se distinguent par l’usage d’un lexique de nouvelle création au goût de science-fiction (on y parle de qualia, nousym, seity, CIF, UC, espace-C, espace-I), parsemé d’un pot-pourri de citations allant d’Erwin Schrödinger au pape François. »

L’entretien avec Faggin qui suivra dans quelques paragraphes n’est qu’un petit avant-goût d’une biographie et d’un parcours intellectuel très particuliers, que l’on peut diviser en deux parties (pour approfondir, il y a les nombreuses conférences de Faggin sur YouTube et les trois livres qu’il a écrits ces dernières années : l’autobiographie Silicio en 2019 et les deux essais Irreducible, de 2022, et Invisible Inside, de 2024). De la première, nous venons d’évoquer les moments les plus marquants. La seconde moitié commence en 1990. Lors de vacances d’hiver en famille au bord du lac Tahoe, dans la Sierra Nevada, Faggin vit une expérience de caractère transcendantal.

« Je me réveillai vers minuit parce que j’avais soif. De retour au lit, alors que je m’apprêtais à m’endormir, je sentis soudainement un faisceau d’énergie puissante jaillir avec force de ma poitrine. C’était une lumière blanche, scintillante, faite d’amour, de joie et de paix […] Ce jour-là, je me vécus moi-même comme le monde qui s’observe lui-même depuis mon point de vue. J’étais à la fois l’observateur et l’observé. Je n’étais plus un corps séparé du monde, comme je l’avais toujours cru. J’étais au contraire un point de vue du Tout avec lequel le Tout peut se connaître lui-même. L’essence de la réalité me fut révélée comme une énergie qui se connaît dans son autoréflexion, et ce fait de se connaître a le goût d’un amour irrépressible et dynamique. » (Invisible Inside, p. 56).

À partir de cet épisode, Faggin commence à s’interroger sur la nature de la conscience et de la matière comme il ne l’avait jamais fait de sa vie. Vingt ans plus tard, en 2011, il crée avec son épouse la Fondation Faggin, organisation à but non lucratif dédiée à l’étude scientifique de la conscience.

Qu’est-ce que la conscience ? Ce n’est certainement pas une étendue mesurable, comme l’aurait soutenu le Faggin d’avant le lac Tahoe, réductionniste et matérialiste. C’est plutôt un moyen par lequel l’univers s’observe lui-même. Faggin appelle l’univers « Un ». La question sur la conscience et les fondements de l’univers devient le centre de ses livres et conférences, où prend corps une réflexion passionnante, à la frontière entre physique quantique, spiritualité et philosophie.

Les livres de Faggin se distinguent par l’usage d’un lexique de nouvelle création au goût de science-fiction (on y parle de qualia, nousym, seity, CIF, UC, espace-C, espace-I), parsemé d’un pot-pourri de citations allant d’Erwin Schrödinger au pape François, et de saint Augustin à Jawaharlal Nehru.

Il y a par ailleurs un fait surprenant, qui se situe, pour ainsi dire, dans le dos de Faggin. Le père du père du microprocesseur était en effet Giuseppe Faggin, philosophe, historien de la philosophie, spécialiste du néoplatonisme, de la mystique et des traditions occultes, connu pour avoir traduit pour la première fois du grec en italien les Ennéades, œuvre du néoplatonicien Plotin.

Contrairement à son père, Federico Faggin ne s’est jamais occupé de philosophie. Jeune, il se sentait plus attiré par les transistors que par Parménide, et adulte, la philosophie ne devint jamais l’objet exclusif de son intérêt. Et pourtant, dans les livres que Faggin a commencé à écrire dans la dernière partie de son existence, résonnent souvent la conception de l’univers de Plotin et la réflexion de certains philosophes aimés par son père, comme si une part de cette sagesse — qui sait — s’était d’une certaine façon transfusée dans le fils durant l’enfance et l’adolescence.


Vous avez grandi à Isola Vicentina à une époque que vous avez qualifiée de préindustrielle et agricole…

Je suis né en ville, à Vicence ; puis en 1943, avec le débarquement des alliés en Sicile, mes parents décidèrent de retourner dans la maison des grands-parents paternels, à Isola Vicentina, où le quotidien était encore celui de la civilisation paysanne et préindustrielle. Les charrues étaient tirées par des bœufs et beaucoup de maisons de ferme n’avaient ni eau courante ni électricité. On vivait comme deux cents ans auparavant. Je me souviens des filò, les veillées hivernales qui se tenaient dans les étables à la lumière des lampes à pétrole, et aussi du premier rouleau compresseur arrivé pour asphalter la route provinciale qui allait de Vicence à Schio et ensuite vers le massif du Pasubio. On parlait encore en dialecte, y compris mes parents, bien que mon père fût professeur d’histoire et de philosophie au lycée classique de Vicence. Je n’ai commencé à entendre parler l’italien qu’en allant à l’école.

Comment vous êtes-vous passionné pour l’étude de la physique ?

Depuis tout petit, je nourrissais un grand amour pour les aéromodèles et pour les machines en général. Dès l’âge de cinq ans, je voulais comprendre comment fonctionnaient les machines. Je suis né mécaniciste. Au grand regret de mon père, qui aurait préféré un lycée classique ou scientifique, je me suis inscrit à l’Institut Rossi de Vicence, où j’ai étudié la radiotechnique. Je me suis passionné pour l’électronique et surtout pour les transistors, qui étaient dans le commerce depuis les premières années cinquante. Les transistors et les ordinateurs étaient la grande nouveauté de l’époque.

Et puis commence votre vie adulte, avec le premier emploi en entreprise…

Je suis entré chez Olivetti juste après mon diplôme, un an après la mort d’Adriano. J’ai travaillé à la division électronique d’Olivetti à Borgolombardo, près de San Donato Milanese. J’ai été recruté par le célèbre Mario Tchou, l’ingénieur et informaticien d’origine chinoise. Pendant toute l’année 1961, j’ai travaillé au projet et à la construction d’un petit ordinateur à mémoire magnétique, où à chaque tore correspondait un bit de mémoire. C’était une sorte de puissante calculatrice électronique programmable, un objet très, très encombrant ; certainement pas quelque chose que l’on aurait pu poser sur le bureau d’un bureau. J’ai ensuite étudié la physique à Padoue, où j’ai obtenu ma licence en 1965 summa cum laude. Enfin, grâce à un travail avec une entreprise américaine, SGS Fairchild, je me suis retrouvé à travailler six mois en Californie.

Comment était la Californie que vous avez connue, en 1968 ? Quel type d’environnement et de société aviez-vous trouvé ?

La majeure partie de l’effervescence était concentrée à Berkeley, mais j’ignorais ce qui s’y passait. J’étais occupé à apprendre l’anglais et complètement absorbé par mon travail et mon projet. De plus, je venais juste de me marier. J’étais pratiquement en lune de miel.

Vous avez ouvert votre première entreprise aux alentours de la grande crise énergétique de 1973. Qu’est-ce que cela a signifié d’être entrepreneur dans le secteur électronique et informatique dans l’Amérique du début des années soixante-dix ?

En 74-75, il n’y avait plus d’argent, des files et des files de voitures aux stations-service, des pénuries d’essence ; bref, une année très difficile. L’argent en réalité n’avait pas disparu, mais personne n’avait plus le courage d’investir. Mon associé de l’époque et moi nous étions mis à chercher des financements à l’un des moments les plus critiques de l’histoire du capital-risque. En 1975, l’investissement total en capital-risque — non pas uniquement dans la Silicon Valley, mais dans tous les États-Unis — s’éleva à 10 millions de dollars. Une somme qui correspond à peu près au premier investissement pour une start-up d’aujourd’hui. Notre intention était de financer un nouveau projet dans le domaine des microprocesseurs. Nous avons réussi à trouver 500 000 dollars grâce à un fonds d’investissement, et c’est ainsi que naquit Zilog, la première entreprise entièrement dédiée à la conception de microprocesseurs, de laquelle sortit le fameux microprocesseur Z80. Les choses ne se passèrent cependant pas tout à fait comme prévu. Le fonds d’investissement, à notre insu, s’était servi de nous dans le cadre d’une manœuvre plus large de concurrence avec IBM. Quand vint le moment de vendre les microprocesseurs — probablement les meilleurs au monde à ce moment-là —, IBM préféra acheter ceux produits par Intel plutôt que de financer un rival.

Lire vos livres, y compris le dernier, Invisible Inside, est une expérience très intéressante, non seulement pour ce qu’ils disent, mais pour la manière dont ils le disent. Ils sont riches de termes séduisants, comme qualia. Que signifie ce mot et quelle est son origine ?

C’est un terme que j’ai emprunté à David Chalmers, un philosophe australien. Il désigne les sensations et les sentiments avec lesquels nous comprenons la réalité, le sens de ce que nous éprouvons des choses. Un quale (pluriel, qualia) est la saveur d’une cerise ou la saveur du chocolat. La réalité des qualia ne peut être réduite à un simple signal électrique. La saveur du chocolat ne peut coïncider exclusivement avec une poignée de signaux électriques. De même que l’amour, les qualia que j’éprouve pour un enfant, ne peuvent être réduits à un signal électrique ou à une mesure. Cela n’a pas de sens, à mon avis. Je le dis à partir d’une réflexion que j’ai faite il y a de nombreuses années, provoquée par une expérience personnelle vécue en 1990, lors de vacances avec ma famille. Jusqu’alors j’avais été matérialiste, j’avais accepté la vision matérialiste et réductionniste de la physique, qui décrit la réalité et la conscience elle-même comme un simple mécanisme. Certes, le phénomène de la conscience passe aussi par les signaux électriques et biochimiques du cerveau, mais il ne s’épuise pas dans ce phénomène. Les bits sont mesurables, ce sont des nombres, mais les qualia ne sont pas des nombres. Ils sont quelque chose de plus et d’autre, et je l’ai découvert à travers cette expérience qui m’a changé la vie.

Existe-t-il un mot pour définir ce qui s’est passé cette nuit-là ? Épiphanie ? Vision ? Révélation ? Expérience mystique ?

C’est une expérience de connaissance directe. Elle m’a montré avant tout la différence entre une forme de connaissance directe et profonde des choses et des formes de connaissance plus médiatisées, comme peut l’être la lecture d’un livre ou la signification d’un symbole. L’expérience directe est plus puissante et plus complète qu’une preuve logique elle-même.

Que signifie en revanche un mot que vous avez vous-même forgé et qui parcourt tout votre livre, nousym ?

Nousym est une contraction entre le mot grec nous, intellect, et l’anglais symbol. Il désigne l’union entre l’aspect symbolique et l’aspect sémantique de la réalité. Symbole et signification sont deux aspects de cette énergie plus profonde et fondamentale qui se manifeste comme information quantique.

Écrit avec un N majuscule, Nousym est en revanche la discipline qui unit science et spiritualité, intériorité et extériorité. L’intériorité est représentée par le nous et l’extériorité par le symbole. Et cela se connecte à l’une des conclusions les plus profondes de la physique quantique : les particules ne sont pas des objets saisissables, isolables, mais des états des champs quantiques. Ce sont des formes qui existent de la même façon que les vagues de la mer.

La vague de la mer est un état de la mer et ne peut s’en séparer. C’est une structure intégrée, qui fait partie de la mer. Ainsi, les propriétés de la vague découlent des propriétés de la mer. On peut en dire autant d’un électron : un électron est un état du champ des électrons. Il ne peut être séparé du champ. Il n’existe pas indépendamment du champ. L’ontologie est dans le champ, non dans l’électron. La physique quantique nous montre que tout est interconnecté. Les champs dépendent d’un champ unifié que les physiciens n’ont cependant pas encore découvert et que j’appelle « Un ». À ces considérations des physiciens quantiques, j’ajoute comme postulat que le champ est conscient et doté de libre arbitre, étant donné que la conscience et le libre arbitre ne peuvent s’expliquer par rien qui soit dépourvu de ces propriétés.

Dans votre livre, j’ai rencontré une expression, poétique et paradoxale, que j’ai entourée au crayon et qui dans le texte est écrite en italique : « l’intériorité de l’univers ».

La physique quantique représente l’intériorité de l’univers, elle représente les qualia et leur signification, mais la représentation des qualia n’est pas la connaissance des qualia depuis l’intérieur des champs conscients. Les qualia ne peuvent être connus que dans l’expérience directe, que leur symbole ne peut qu’évoquer.

J’ai été très surpris de découvrir que votre père Giuseppe fut un éminent spécialiste de philosophie et qu’il fut en particulier le premier traducteur en italien des Ennéades de Plotin. Plotin lui aussi appelait « Un » le principe fondamental de la vie. Je ne peux m’empêcher de vous demander quel rôle ont joué votre père et le néoplatonicien Plotin dans votre travail de recherche.

Mon père a écrit une quarantaine de livres, dont un cours de philosophie pour le lycée en trois volumes, un par année. Outre Plotin, il fut un passionné de Maître Eckhart, de Pierre Teilhard de Chardin et de Schopenhauer. Il a également écrit des volumes d’histoire romancée, comme le livre Les sorcières. Il était maître de conférences à l’Université de Padoue. Jeune, je n’avais pas la moindre curiosité pour ce genre de sujets. J’étais le mouton noir de la famille, de ce point de vue. Ce qui m’intéressait, c’était le fonctionnement des machines et des ordinateurs. Il est curieux que dans ma vieillesse tardive je sois revenu au bercail et que dans les recherches menées au cours de ces vingt, trente dernières années résonnent les concepts de nombreux penseurs aimés par mon père, comme par exemple Maître Eckhart, alors que je ne l’avais jamais lu. Maître Eckhart aussi a vécu des expériences extraordinaires de conscience. Tout comme Parménide et saint Paul. Ce sont des épisodes transformateurs, d’éveil, qui arrivent peut-être plus fréquemment à notre époque, sauf qu’on n’en parle guère.

Vous avez dit avoir vécu d’autres expériences similaires à celle du lac Tahoe. Est-ce arrivé par hasard ou avez-vous recours à quelque technique, comme par exemple la méditation ?

C’est arrivé toujours spontanément, même si en réponse à des questions que je me posais sur la nature de la conscience. L’objectif est celui de l’éveil, c’est-à-dire l’expérience directe d’être inséparable du tout. C’est un processus de connaissance de soi, qui se reconnecte aussi aux traditions ésotériques et surtout à ce que nous appelons la philosophie pérenne, c’est-à-dire la philosophie/spiritualité qui commence avec les Védas. Philosophie barre spiritualité. L’aspect expérientiel, non l’aspect dogmatique, de notre union avec le tout.

Quelle est la place de la mentalité réductionniste et déterministe dans la Silicon Valley d’aujourd’hui ?

Le réductionnisme classique — selon lequel l’être humain est une machine et la réalité est le pur espace-temps descriptible mathématiquement, où des objets séparés interagissent — cet ethos est largement majoritaire, non seulement dans la Silicon Valley, mais dans le monde scientifique et technologique en général. La conscience aussi, les qualia, l’expérience des qualia, sont classés comme un simple épiphénomène d’une réalité toujours mesurable et descriptible mathématiquement. C’est une vision du monde aujourd’hui hégémonique, que nous avons tous plus ou moins acceptée.

C’est votre troisième livre. Le premier date de 2019. Vous avez donc commencé à écrire très tard, mais vous semblez y avoir pris goût. Aimez-vous écrire ? Comment vivez-vous cette possibilité d’expression et de communication ?

J’aime énormément ça, surtout écrire des livres comme les deux derniers, c’est-à-dire des livres faits de pensée et de réflexion, plutôt que du récit de mon histoire. Écrire est l’un des plus grands plaisirs de ma vie aujourd’hui. Cela me permet d’entrer dans un monde plus profond. C’est une forme de méditation.

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Ivan Carozzi est écrivain et auteur. Il a été rédacteur en chef de « Linus » et a écrit pour la télévision, la radio et réalisé des podcasts. Ses derniers livres sont Fine lavoro mai (Eris, 2022) et, avec Enrico Deaglio, les deux premiers volumes du projet C’era una volta in Italia (Feltrinelli, 2023).

Source : https://lucysullacultura.com/microchip

2025/10/15

Silo: Lettres a mes amis - aperçus vidéo

Lettres a mes amis: aperçus vidéo des lettres de Silo

Le recueil, intitulé « Lettres à mes amis, à propos de la crise personnelle et sociale », est une série de missives écrites par Silo qui examinent la crise sociale et personnelle en cours, offrant une vue d'ensemble de la situation mondiale et des tendances émergentes. Ces lettres, datées entre 1991 et 1993, répondent aux questions de ses correspondants sur des sujets tels que la violence, la politique, l'économie, l'écologie et les relations sociales, tout en critiquant vivement l'idéologie du néolibéralisme et de l'économie de marché qui, selon lui, mène à une concentration croissante du pouvoir et à l'isolement individuel. Silo présente une perspective humaniste qui encourage une action transformatrice, non-violente et cohérente, en mettant l'accent sur la cohérence, la démocratie réelle, la dignité humaine, et la nécessité d'une révolution mondiale qui prend racine dans les communautés locales. Il discute également de la restructuration des forces armées et de la nécessité d'une nouvelle éthique pour guider l'évolution humaine au-delà du chaos et de l'absurdité du système actuel.

2025/10/08

La force, l’esprit, le double

📑 Tabla de Contenidos

    La Force

    L'#énergie de la représentation de la sensation de l'intra-corps, telle que traditionnellement définie, est une énergie extrêmement subtile et puissante. Par sa manipulation, on peut produire des modifications en soi et au-delà...

    La #Force est la manifestation du Sacré qui est en soi. Elle vient de la #profondeur de l'être humain pour le #guider.

    Son interprétation et son usage corrects offrent à l'#êtrehumain la possibilité de surmonter les #conditionnements qui semblent limiter la conscience.

    Quiconque prend contact avec La Force se trouve face à la possibilité réelle de la #transcendance, avec l'évidence sans équivoque du Sacré. Nous n'avons pas besoin de la foi pour reconnaître le Sacré.

    La Force s'obtient lors de certaines #Cérémonies réalisées dans des Lieux Sacrés. Une fois le contact pris avec La Force, également connue sous le nom d'#Énergie Spirituelle, celle-ci se développera selon le type de vie que vous menez...

    Le contact avec la Force provoque une accélération et une augmentation de l'énergie #psychophysique, surtout si l'on réalise quotidiennement des actes #cohérents qui, d'autre part, créent l'#unité interne en orientant vers la naissance spirituelle.

    La Force peut être extériorisée à distance, et son influence est plus grande si de nombreuses personnes agissent. Entre membres de la famille, amis et êtres chers, l'action de la Force augmente.

    L'Univers et la Vie

    Une #intention évolutive donne lieu à la naissance du temps et à la direction de cet Univers. Énergie, matière et vie évoluent vers des formes de plus en plus complexes.

    Lorsque la #matière commence à se mouvoir, se nourrir et se reproduire, la vie surgit. Et la matière vivante génère un champ d'énergie que l'on a traditionnellement appelé l'#âme. L'âme, ou double énergétique, agit à l'intérieur et autour des centres vitaux des êtres animés.

    Les êtres vivants se reproduisent, et dans cet acte, le champ énergétique qui configure un nouvel être totalement indépendant passe à travers les cellules en fusion. Les corps vivants ont besoin d'éléments solides, liquides, gazeux et radiants (les 4 éléments) pour se nourrir et réaliser leurs fonctions. De plus, les doubles énergétiques requièrent des sensations de potentiel différent pour parvenir à leur développement.

    Avec la #mort se produit la dissolution du corps, en même temps qu'a lieu la séparation et l'anéantissement du double énergétique.

    L'évolution constante de notre monde a produit l'être humain (le cinquième élément), lui aussi en #transit et changement, chez lequel s'incorpore (à la différence des autres espèces) l'expérience #historicosociale capable de le modifier rapidement.

    L'être humain arrive à être en condition de sortir des diktats rigoureux de la Nature, en s'inventant, en se faisant lui-même physiquement et mentalement. Et c'est chez l'être humain qu'apparaît un nouveau #principe généré dans le #double. Depuis l'Antiquité, ce nouveau principe a été appelé l'#esprit.

    L'esprit naît lorsque le double revient sur lui-même, devient conscient et forme un #centre d'énergie nouvelle.

    L'Esprit Humain

    L'être humain n'a pas terminé son évolution. C'est un être incomplet et en développement qui a la possibilité de former un centre interne d'énergie. Une telle chose se produira en accord avec le type de vie qu'il mène.

    Selon que les actes réalisés sont cohérents, se structurera un système de forces #centripètes que nous appelons esprit. Selon que les actes sont contradictoires, le système sera centrifuge et par conséquent l'esprit ne sera pas né ou aura une conformation élémentaire sans développement.

    Un être humain peut naître, mener sa vie, mourir et se dissoudre pour toujours, et un autre peut naître, mener sa vie, quitter son corps et continuer d'évoluer sans limite.

    L'être humain, dans sa bonté, dans l'élimination des contradictions internes, dans ses actes conscients et dans son sincère #nécessité d'évolution, fait naître son esprit.

    Pour l'évolution, l'amour et la #compassion sont nécessaires.

    Grâce à eux, la cohésion interne et la cohésion entre les êtres sont possibles, ce qui permet la transmission de l'esprit des uns aux autres. Toute l'espèce humaine évolue vers l'amour et la compassion. Celui qui travaille pour lui-même dans l'amour et la compassion, le fait aussi pour d'autres êtres.

    Corps, Double et Esprit

    La production et la reproduction artificielle de la vie sont à la portée de l'être humain ; de même que la prolongation du cycle vital.

    Dans tous les cas, l'être humain sera accompagné par son champ énergétique jusqu'à un certain temps après la mort physique.

    Si l'esprit a été généré, celui-ci pourra demeurer dans des régions proches du plan de la vie physique, mais il accomplira finalement son cycle d'esprit individuel pour continuer d'avancer vers des plans plus #évolués.

    L'esprit peut se former en prenant l'énergie du double. L'action du double se manifeste parfois hors du corps sans que la mort soit survenue.

    Le double peut rester sans se dissoudre pendant un certain temps après la mort si celle-ci s'est produite de manière violente, le champ énergétique restant déplacé du corps vers le lieu où le décès a eu lieu.

    Ces doubles fixés à certains environnements ne possèdent qu'une conscience apparente de type réflexe, et demeurent dans cet état pendant un certain temps jusqu'à ce qu'ils perdent de la cohésion ou que l'environnement physique auquel ils étaient attachés soit perturbé.

    Il existe des cas de permanence relative, originés par un fort désir de témoigner ou par des affections très profondes d'amour et de haine se référant à d'autres personnes. Les doubles d'animaux et de végétaux peuvent également rester attachés à certains environnements jusqu'à leur dissolution rapide.

    Enfin, il existe des conglomérats énergétiques d'énergie considérable qui agissent sans parvenir à former de véritables doubles.

    La Force et l'Esprit

    La Force se manifeste "naturellement" dans des situations #limites. Le frisson est une manifestation du double énergétique qui tente d'activer l'organisme face à un fait inconnu ; d'autres manifestations peuvent se produire lors de blessures ou en réponse à des maladies. Dans tous les cas, le changement de ton de la sensation du corps est caractéristique, généralement accompagné de vibration ou de tremblement et d'un changement abrupt de la température corporelle, que ce soit de la chaleur ou du froid.

    La Force dirigée volontairement permet de générer l'Esprit. Cela s'obtient progressivement en faisant circuler la force dans le corps, en essayant d'éviter qu'elle ne se concentre en des points spécifiques.

    Après une pratique prolongée et méthodique, on pourra sentir comment la Force commence à former un centre d'énergie nouvelle à l'intérieur du corps. Ce centre peut se diffuser ou se concentrer à volonté selon le désir de celui qui opère ainsi.

    L'expérience de la Force entraîne l'augmentation du niveau attentionnel et des montées, brèves au début mais de plus en plus prononcées, du niveau de conscience.

    L'augmentation de la Force permet un plus grand autocontrôle, empêchant des situations malheureuses de modifier le ton émotif qui augmentera vers une joie et une émotion permanentes.

    L'état de conscience émue apparaîtra progressivement, et il sera nécessaire de lui appliquer une attention considérable pour pouvoir le contrôler et le transformer en conscience inspirée.

    Si vous réussissez à contrôler votre état émotionnel, vous pourrez passer à l'étape suivante, la conscience inspirée. Apprenez à garder le silence et des postures physiques correctes. La Force vous guidera si vous lui prêtez l'attention nécessaire.

    La douleur et son absence sont des guides inéluctables ; toute procédure ou action qui génère de la douleur entraîne une perte de Force et de cohésion interne, mais cela comporte un défi : une douleur est généralement de l'énergie concentrée au mauvais endroit. Apprenez à relâcher et à rediriger la force concentrée en ces points pour gagner en Force et en cohésion.

    La douleur et la souffrance que vous expérimentez reculeront si la bonne connaissance avance, non pas la connaissance au service de l'égoïsme et de l'oppression. La bonne connaissance mène à la justice. La bonne connaissance mène à la réconciliation. La bonne connaissance mène, également, à déchiffrer le sacré dans la profondeur de la conscience.

    Considérez l'être humain comme la valeur suprême, au-dessus de l'argent, de l'État, de la religion, des modèles et des systèmes sociaux. Impulsez la liberté de pensée.

    Considérez-vous avec les mêmes droits et opportunités que tous les êtres humains. Reconnaissez et encouragez la diversité, opposez-vous à toute discrimination. Apprenez à résister à la violence qui est en vous et hors de vous.

    Celui qui utilise la Force au bénéfice de tous et de chacun, travaille en faveur de l'immortalité et du sacré.

    Celui qui se sent un avec sa Force possède une énergie puissante capable de le nourrir dans ses meilleures aspirations. Les actes cohérents font grandir la Force en vous ; sont des actes cohérents ceux dans lesquels vous faites coïncider consciemment ce que vous pensez avec ce que vous sentez et ce que vous faites.

    Pour que la Force grandisse en vous, vous devez, de plus, dépasser la mauvaise conscience, en reconnaissant vos échecs, en aspirant à pardonner, et à vous pardonner, en vous réconciliant.

    Prenez le chemin de la persuasion, en évitant tout forçage. Et proposez-vous d'appliquer une ancienne règle qui rappelle de traiter les autres comme vous voulez être traité.

    Le travail avec la Force implique d'entamer une vie nouvelle, en cherchant les signes du sacré à l'intérieur de notre conscience.

    Cette lumière nous guide et nous réconforte dans les moments difficiles, et nous permet d'illuminer de sens notre vie et celle de ceux qui nous entourent.

    La Force réside en celui qui cherche la paix mentale, et elle le charge de joie et de conviction, lui ouvrant la voie vers l'au-delà.

    #Silo, 2002

    www.silo.net


    2025/05/02

    Le thème de Dieux

    Silo : Le thème de Dieu. (fragment)

    Buenos Aires, 28 et 29 octobre 1995.

    Rencontre pour le dialogue philosophico-religieux


    Le « Dieu est mort » n'a pu être résolu ou dépassé par une nouvelle et positive fondation des valeurs. Et les grandes constructions de la pensée ont déjà été closes dans la première partie de ce siècle sans parvenir à cette fin. Actuellement, nous nous trouvons immobilisés face à ces questions : pourquoi devrions-nous être solidaires ? Pour quelle cause devrions-nous risquer notre avenir ? Pourquoi devrions-nous lutter contre toute injustice ? Simplement par nécessité, ou pour une raison historique, ou pour un ordre naturel ? L'ancienne morale basée sur Dieu, mais sans Dieu, est-elle ressentie comme une nécessité ? Rien de tout cela n'est suffisant !

    Et si aujourd'hui nous nous trouvons face à l'impossibilité historique de voir surgir de nouveaux systèmes totaux et fondateurs, la situation semble se compliquer. Rappelons-nous que la dernière grande vision de la Philosophie apparaît dans les « Recherches Logiques » de Husserl en 1900, de même que la vision complète du psychisme humain que propose Freud dans « L'Interprétation des Rêves ». La vision du monde de la Physique se concrétise en 1905 et en 1915 dans la relativité d'Einstein ; la systématisation de la logique dans les « Principia Mathematica » de Russel et Whitehead en 1910 et dans le « Tractatus Logico-Philosophicus » de Wittgenstein en 1921. Déjà avec « Être et Temps » de Heidegger en 1927, œuvre inachevée qui prétendait fonder la nouvelle ontologie phénoménologique, l'époque de rupture des grands systèmes de pensée est marquée.

    Ici, il est nécessaire de le souligner, il ne s'agit pas d'une interruption de la pensée, mais de l'impossibilité de continuer l'élaboration des grands systèmes capables de tout fonder. La même impulsion de ces époques passe aussi par la grandiosité dans le domaine de l'esthétique : là sont Stravinsky, Bartok et Sibelius, Picasso, les muralistes Rivera, Orozco et Siqueiros ; les écrivains au long souffle comme Joyce ; les épiques du cinéma comme Eisenstein, les constructeurs du Bauhaus avec Gropius à la tête ; les urbanistes, les architectes spectaculaires : Wright et Le Corbusier. Et, peut-être, la production artistique s'est-elle arrêtée dans les années postérieures ou au moment actuel ? Je ne le crois pas, mais elle a un autre signe : elle se module, se déconstruit ; elle s'adapte aux moyens ; elle se réalise grâce à des équipes et des spécialistes, elle se technicise à l'extrême.

    Les régimes politiques sans âme qui s'imposent à ces époques et qui, en leur temps, donnent l'illusion de monolithisme et de complétude, peuvent bien s'entendre comme des retards factuels de romantismes délirants, comme des titanismes de la transformation du monde à n'importe quel prix. Ils inaugurent l'étape de la barbarie technicisée : de la suppression de millions d'êtres humains ; de la terreur atomique ; des bombes biologiques ; de la contamination et de la destruction à grande échelle. C'est la pleine mer du nihilisme qui annonçait la destruction de toutes les valeurs et la mort de Dieu de Zarathoustra ! En quoi croit encore l'être humain ? Peut-être en de nouvelles alternatives de vie ? Ou se laisse-t-il emporter dans un courant qui lui semble irrésistible et qui ne dépend en rien de son intention ?

    Et s'installe fermement la prédominance de la technique sur la science ; la vision analytique du monde ; la dictature de l'argent abstrait sur les réalités productives. Dans ce magma se ravivent les différences ethniques et culturelles que l'on supposait avoir été dépassées par le processus historique ; les systèmes sont rejetés par le déconstructivisme, le postmodernisme et les courants structuralistes. La frustration de la pensée se fait lieu commun chez les philosophes de l'intelligence faible. Le mélange d'styles qui se supplantent entre eux, la déstructuration des relations humaines et la propagation de tout type de supercherie, rappellent les époques de l'expansion impériale tant dans la vieille Perse, que dans le processus hellénistique et durant le césarisme romain…

    Je ne prétends pas, avec ce qui précède, présenter un type de morphologie historique, un modèle spiralé de processus qui se nourrit d'analogies. En tout cas, je tente de mettre en évidence des aspects qui ne nous surprennent en rien ou ne nous semblent pas incroyables parce que déjà en d'autres temps ils ont affleuré, bien que dans un contexte différent de mondialisation et de progrès matériel. Je ne veux pas non plus transmettre l'atmosphère d'inexorabilité d'une séquence mécanique dans laquelle l'intention humaine ne compte pour rien. Je pense plutôt le contraire, je crois que grâce aux réflexions que suscite l'expérience historique de l'humanité, on est aujourd'hui en mesure d'initier une nouvelle civilisation, la première civilisation planétaire. Mais les conditions pour ce saut sont extrêmement difficiles. Que l'on pense à la façon dont s'agrandit le fossé entre les sociétés post-industrielles et de l'information, et les sociétés affamées ; à la croissance de la marginalisation et de la pauvreté à l'intérieur des sociétés opulentes ; à l'abîme générationnel qui semble arrêter la marche du dépassement historique ; à la dangereuse concentration du capital financier international ; au terrorisme de masse ; aux sécessions abruptes ; aux chocs ethnico-culturels ; aux déséquilibres écologiques ; à l'explosion démographique et aux mégalopoles au bord du collapsus… Que l'on pense à tout cela et, sans entrer dans la variante apocalyptique, il faudra convenir des difficultés que présente le scénario actuel.

    Le problème réside, à mon avis, dans cette difficile transition entre le monde que nous avons connu et le monde qui vient. Et, comme à la fin de toute civilisation et au commencement d'une autre, il faudra faire attention à un possible effondrement économique, à une possible déstructuration administrative, à un possible remplacement des états par des para-états et par des bandes, à l'injustice régnante, au découragement, à la réduction humaine, à la dissolution des liens, à la solitude, à la violence en croissance et à l'irrationalisme émergent, dans un milieu de plus en plus accéléré et de plus en plus global. Par-dessus tout, il faudra considérer quelle nouvelle image du monde devra être proposée ? Quel type de société, quel type d'économie, quelles valeurs, quel type de relations interpersonnelles, quel type de dialogue entre chaque être humain et son prochain, entre chaque être humain et son âme ?

    Cependant, pour toute nouvelle proposition, il y a au moins deux impossibilités que je vais énoncer : 1.- Aucun système complet de pensée ne pourra prendre pied dans une époque de déstructuration ; 2.- Aucune articulation rationnelle du discours ne pourra se soutenir au-delà de l'immédiateté de la vie pratique, ou au-delà de la technologie. Ces deux difficultés entravent la possibilité de fonder de nouvelles valeurs de longue portée.

    Si Dieu n'est pas mort, alors les religions ont des responsabilités à remplir envers l'humanité. Aujourd'hui, elles ont le devoir de créer une nouvelle atmosphère psychosociale, de s'adresser à leurs fidèles dans une attitude enseignante et d'éradiquer tout reste de fanatisme et de fondamentalisme. Elles ne peuvent rester indifférentes face à la faim, à l'ignorance, à la mauvaise foi et à la violence. Elles doivent contribuer fortement à la tolérance et tendre vers le dialogue avec d'autres confessions et avec tout celui qui se sent responsable du destin de l'humanité. Elles doivent s'ouvrir, et je prie que cela ne soit pas pris comme une irrévérence, aux manifestations de Dieu dans les différentes cultures. Nous attendons d'elles cette contribution à la cause commune dans un moment par ailleurs difficile.

    Si en revanche, Dieu est mort dans le cœur des religions, nous pouvons être sûrs qu'il doit revivre dans une nouvelle demeure comme nous l'enseigne l'histoire des origines de toute civilisation, et cette nouvelle demeure sera dans le cœur de l'être humain très loin de toute institution et de tout pouvoir.

    2025/04/30

    La lutte pour la subjectivité

     Silo, 1996

    Ce que nous voyons, c'est une société, quels que soient ses problèmes, qui est sur le point de se libérer de toutes ces conditions oppressives et de passer à une autre étape.

    Aujourd'hui, le capital lui-même ralentit la technification, qu'il augmentait autrefois pour accroître la productivité, parce que tout devient déséquilibré. Il y aura donc suffisamment de production pour résoudre les problèmes dans de vastes régions du monde.

    Il nous semble que nous sommes proches d'un moment de grande explosion. Et le fait que les gens n'aient pas à travailler parmi des choses aussi primaires ne nous donne pas le sentiment de pécher. Il nous donne le sentiment que les gens entrent progressivement dans une autre zone d'activité, de travail, de pensée, de productivité dans un autre sens. Mais dans l'état actuel des choses, tout cela est freiné par une organisation sociale primitive qui n'est pas à la hauteur du développement de l'être humain. Il y a donc une croissance de la productivité, une croissance du développement humain, et tout cela est étouffé. L'être humain est étouffé. Et en termes de subjectivité, la même chose se produit : les images qui sont censées être adéquates pour le développement du système tel qu'il fonctionne sont disponibles. Ensuite, d'autres vannes sont fermées. D'autres alternatives, d'autres possibilités, d'autres images sont étouffées. Il va donc y avoir une lutte pour le contrôle de la subjectivité, et pas seulement de l'objectivité, comme cela s'est produit récemment. Il y aura une grande lutte pour le contrôle de la subjectivité : ...”vous ne devez pas penser ces choses, ou faire ces choses, c'est dangereux, la cohésion sociale, etc...&#8221 ; C'est une question un peu plus compliquée, plus abstraite. Le danger de penser à certaines choses et surtout d'avoir certaines images à sa disposition va être beaucoup plus pris en compte. Donc le monopole des images entre les mains de la télévision, des églises officielles, d'une certaine opinion publique et de toutes les autres choses dissolvantes. Il s'agit d'un arrêt de l'histoire. Les nouveautés sont pseudo. Les vraies choses sont celles qui sont acceptées.

    Logiquement, dans cette asphyxie objective et subjective, les troubles vont se multiplier. Nous observerons donc des courbes de dépression sociale, de conflit social, car les gens essaient de trouver d'autres choses et sont étouffés.

    Il y aura de toute façon des solutions provisoires à ce problème. Certaines images diffusées ne sont pas très dangereuses. Les images des produits pharmaceutiques peuvent être bien diffusées. Bientôt, nous nous rencontrerons dans différents endroits ; d'abord dans de très petits cercles de personnes, puis dans des cercles plus larges, puis cela atteindra les populations, cela deviendra un sujet de débat, cela commencera par la question de savoir si les gens sont d'accord avec la légalisation des stupéfiants. L'approche consistera à dire que les trafiquants de drogue perdront de l'argent. Bien sûr, ils ne vont pas se demander pourquoi la consommation augmente et ils vont nous le demander à nous aussi. Que pensez-vous de la question suivante : faut-il légaliser les drogues ou non ? Parce que si les drogues sont légalisées, les trafiquants de drogue sont foutus, ce qui est amusant, mais bien sûr, ce n'est pas la bonne question. Nous dirons que nous sommes d'accord avec la légalisation, mais ce n'est pas la fin de la question. La drogue sera légalisée, tout va bien. Une mafia prendra les fonds d'une autre mafia. Pas de problème. Elle sera dans les mains de tout le monde et la consommation continuera à augmenter, il y aura plein de gens qui resteront...

    Puis viendra l'espace virtuel et avec quelques fils, quelques gants et quelques trucs, on donnera une alternative électronique à la drogue chimique. Il sera bien connu que les cas de toxicomanie et autres ont été combattus par l'espace virtuel. Au début de la discussion sur la légalisation ou non, nous dirons oui, mais c'est la société qui est malade. On nous demandera en quoi elle est malade. Les suicides augmenteront, mais ils donneront des drogues le matin, le soir, la nuit, l'après-midi, partout et de toute façon les suicides augmenteront, les dépressions augmenteront, mais ce sera normal parce que qui n'est pas dépressif ? Les sociétés seront de plus en plus malades.

    Et quelle est la raison de tout cela ? Elle est due entre autres à la croissance de l'être humain et inversement à l'asphyxie à laquelle il est soumis pour que n'émergent pas d'autres possibilités qui correspondent à un nouveau moment de l'espèce humaine. C'est une très belle époque. Très accélérée, très rapide là où nous sommes. C'est une très belle époque avec tous les problèmes, mais, où l'on voit des débordements, des troubles sociaux, des problèmes psychologiques, des perturbations collectives, des dislocations et le système qui essaie de réparer cela qui n'a pas de réparation dans son approche, il n'en a pas. La seule chose à regretter, c'est que tout soit entre les mains de ces irresponsables pour un moment encore, c'est la seule chose à regretter.

    Je pense qu'il faut encourager les gens et les préparer à un monde nouveau, expliquer le chômage et comment ces entreprises et ce système financier contribuent à la catastrophe. C'est une vision intéressante à discuter avec les gens, car une fois ce problème résolu, nous passerons à une autre étape, à un autre monde. Mais d'abord, nous devrions donner beaucoup d'encouragements dans ce sens. Ce n'est pas la fin du monde s'ils ne sont pas capables de surmonter cette catastrophe. Ce n'est en aucun cas la fin du monde. Les problèmes qui se posent sont essentiellement liés au chômage, à l'appauvrissement progressif, à grande échelle, de la population mondiale, et pas seulement à un endroit. Et ils sont liés à toutes sortes de troubles psychologiques. Et ce ne sont ni les drogues, ni la télévision, ni l'espace virtuel qui vont y mettre fin. Beaucoup de gens devront donc comprendre qu'ils doivent faire quelque chose avec leur tête, qu'ils doivent faire quelque chose avec leurs actions, qu'ils doivent expliquer à d'autres personnes où cela mène, et quelle est la direction qui les conduit à cette explosion.

    Les gens se libéreront enfin de tout cela et, pour la première fois dans l'histoire, ils seront propriétaires de la terre, pour la première fois dans l'histoire, il y aura des conditions de propriété de la terre. L'être humain héritera de la terre et il héritera du vent et nous passerons à une autre étape. Entre-temps, il faudra faire face à certains problèmes. La question de savoir ce que les gens peuvent faire de leur tête est de la plus haute importance. Il s'agit de se remettre les idées en place, de réfléchir sans désespérer, de voir la direction des processus, de comprendre les temps difficiles qui s'annoncent, d'avoir confiance en soi et dans les autres en sachant que nous passons dans un autre monde. Les gens ont beaucoup à dire aux autres et beaucoup à se dire à eux-mêmes.

    L'augmentation de la violence ne diminuera pas si l'on retire les armes à feu des mains des enfants. La violence n'est pas causée par l'utilisation d'armes à feu par les enfants. La violence n'est pas causée par le fait de regarder des films violents. Personne ne se demande pourquoi il est nécessaire de consommer autant de films violents, pourquoi ils ont autant de succès. On dit que c'est la télévision qui génère la violence, ou les armes à feu. La question est donc banalisée et passe au second plan. Cela ne devient pas une critique de la structure du système et de l'organisation sociale. Les bien-pensants, les personnes sensibles, les plus artistiques, les intellectuels, les gauchistes, veulent logiquement retirer les armes à feu des enfants et interdire les films violents. Ce n'est pas le problème !

    Comment faire pour que cela ne grandisse pas en vous ? Nous allons donc dire ce que nous avons à dire, expliquer notre point de vue et dire que tout cela est secondaire et n'a rien à voir. Le problème réside dans le circuit financier, dans la gestion de l'entreprise, dans le fait qu'il y a trop d'entrepreneurs. Le problème, c'est qu'on met d'abord les gens dans la rue, on leur enlève toute sécurité et on les met en prison pour avoir mendié. C'est une merveille ! Vous voyez donc qu'ils sont en train de créer une bombe.

    Nous allons trouver beaucoup de gens raisonnables qui vont nous dire : c'est un problème de technologie, qu'est-ce que les entreprises viennent faire là-dedans ? Aujourd'hui, l'ordinateur remplace dix mille travailleurs et j'aimerais qu'il en remplace un million. Bon, mais alors, ce sont des chômeurs ? Oui, et alors, si ce n'est pas le problème, le problème c'est qu'ils vivent, qu'ils mangent, qu'ils aient la santé, l'éducation, qu'ils puissent se protéger de toutes les intempéries, qu'ils puissent se projeter dans l'avenir.