2026/11/07

Le plus énergétique*

LE THÈME DU « PLUS »


Dans le schéma évolutif, on observe que le développement augmente à mesure qu’il reste de l’énergie libre : s’il y a un plus d’énergie, de nouveaux sauts évolutifs peuvent se produire. Dans les cas où toute l’énergie doit être employée à maintenir la structure, on ne peut pas progresser, et si l’on en arrive à dépenser plus d’énergie que l’on n’en produit, il y a détérioration et recul.


Le progrès s’obtient donc grâce à l’énergie excédentaire : avec cette énergie libre, on peut donner des réponses d’adaptation croissantes. Ce n’est pas seulement une question de quantité, mais aussi d’énergie de meilleure qualité. Avec une énergie plus épurée, on peut effectuer des incursions dans de nouvelles régions.


On pourrait donc affirmer que : tout progrès requiert un plus d’énergie, c’est-à-dire plus d’énergie en quantité et/ou de meilleure qualité. Là où l’on n’obtient pas de plus, l’avancée s’arrête ou il y a recul.


DANS LE PROCESSUS HUMAIN


Le fait que certains primates se soient mis à marcher debout a non seulement contribué à élargir le champ de vision et à avoir plus de perspective, mais a aussi « libéré » les bras, auparavant nécessaires pour se déplacer, afin qu’ils puissent être utilisés dans d’autres activités plus complexes et plus précises, ce qui a notablement accru leurs habiletés. Le corrélat en a été l’augmentation de leur capacité crânienne. Dès lors, l’Homo, en complexifiant l’activité cérébrale, put obtenir, entre autres choses et grâce à des mains plus précises, une alimentation plus sélective. Cette alimentation plus riche en nutriments entraîna une réduction de la taille de ses intestins, et il put ainsi disposer d’énergie pour la consacrer au développement d’un cerveau plus grand et plus complexe — ce qui a été économisé en boyaux a été investi en cerveau_.


Chez l’homo sapiens, le processus consistant à utiliser de moins en moins d’énergie pour couvrir les besoins de base est clair. Cela libère de l’énergie qui peut être appliquée à d’autres domaines.


Ce qui précède sont des exemples de ce qui se produit dans le simple évolutionnisme. Mais il est peut-être possible d’aller au-delà de la lente évolution, d’avancer à plus grande vitesse. Pour cela, il faudrait obtenir un plus grand débit d’énergie libre.


QU’EST-CE QUE LE PLUS


Ce thème du plus peut s’observer dans les processus, tant des peuples que des individus. Ici, nous nous référerons au plan de l’expérience personnelle. C’est aujourd’hui notre thème.


Tout d’abord, il nous faudra préciser ce que signifie « avoir du plus », ce qu’est « générer du plus », que ce soit dans un thème, un domaine, une situation, etc. En ce sens, il faudra reconnaître progressivement les tons internes, les états énergétiques, comment circule l’énergie psychophysique, comment elle s’active, comment elle s’exprime, où elle se bloque, comment elle peut être canalisée, comment elle s’accumule, comment on la rend plus subtile, pour n’indiquer que quelques-uns de ses aspects.


Un autre de ses corrélats est de voir ce plus dans différents domaines : dans les conduites, dans la résolution des conflits, dans les relations, dans les cadres quotidiens et dans l’action dans le monde en général. Il y a des cadres, des personnes, des conduites qui produisent ou génèrent du plus ; à l’inverse, il y en a d’autres qui bloquent ou absorbent une grande quantité d’énergie. Là se produisent des freins et des reculs.


Enfin, il y a des attitudes, des croyances, des regards, des constructions d’avenir, des postures mentales qui me donnent du plus. À l’inverse, il y en a d’autres qui sont de véritables « trous noirs », où se produit une grande absorption énergétique aux résultats dévitalisants.


EXEMPLES DE PLUS (+)


Agir avec attention donne du plus (+). Un acte mécanique ne génère pas de + d’énergie. À l’opposé, un acte accompli avec attention génère du + en plusieurs sens. D’une part, prêter attention à ce que l’on fait améliore le ton énergétique en élevant le niveau attentionnel. Mais en outre, l’efficacité de l’action s’améliore parce qu’on l’accomplit avec plus de soin. Et ce n’est pas tout : on accumule aussi davantage d’expérience. Cela se traduit en + lorsque, dans le 2e acte, il faut faire un moindre investissement énergétique que dans le 1er.


Apprendre, c’est générer du plus. Tout apprentissage peut être vu sous cet angle du plus. Quand on apprend une langue, une habileté ou une procédure, on génère un plus d’énergie. Cet apprentissage incorporé permet d’avancer, car il n’est plus nécessaire d’investir autant d’énergie, dans un second temps, pour parcourir ce chemin. L’énergie excédentaire peut être appliquée à de nouvelles avancées.


Couvrir les besoins de base génère du plus. Si l’on n’a pas résolu l’essentiel vital, on dilapide beaucoup d’énergie et l’on met en danger le fonctionnement de la structure psychophysique. Des thèmes comme se nourrir, le logement, les affects, le sexe peuvent être résolus de manière à ce qu’il reste du plus ou, au contraire, ils peuvent absorber une grande quantité d’énergie lorsqu’on y reste bloqué faute de pouvoir normaliser ces situations. Avoir ces thèmes résolus génère du plus à appliquer à d’autres choses.


La santé comme plus. Si la structure psychophysique est en bonne santé, on obtient du +. Si, au contraire, elle est malade, il faudra dériver davantage d’énergie pour se rétablir et guérir ; cette énergie ne pourra alors pas être utilisée pour d’autres activités. Nous observons tous que le niveau de rendement général psychophysique baisse notablement pendant la maladie. Là, il n’y a pas de plus.


Élargir la mémoire, c’est gagner du plus. La mémoire est la base de l’apprentissage dans la nature et aussi chez l’homme. La mémoire s’élargit avec plus d’attention, avec un peu plus d’effort, ce qui implique plus d’énergie et d’une autre qualité, mais cela génère à son tour davantage de +, car cela augmente le niveau et la qualité du travail en général.


Rester bloqué dans des problèmes retranche du plus. Résoudre des thèmes comme : des conflits biographiques, des situations existentielles mal structurées, des postures mentales mal positionnées, des directions de vie contradictoires, de fausses espérances projetées de manière illusoire, des approches de vie provisoires sans sens profond, etc., génère du plus ; au contraire, s’ils ne sont pas résolus, ils peuvent freiner et même aller jusqu’à inverser des processus.


Le « donner » a à voir avec le plus. D’une part, sans plus il n’y a pas d’énergie pour aider les autres. En donnant, je génère du plus dans la relation et du plus dans mon propre positionnement.


Traiter les autres comme j’aimerais être traité, c’est du plus. Car cette attitude génère un type de conduite qui, d’une part, améliore les relations, c’est-à-dire donne du plus, et d’autre part produit une croissance intérieure et une plus grande qualité humaine, ce qui est aussi du plus ; de plus, elle ouvre l’avenir, donnant encore davantage de plus.


ASPECTS DU PLUS


L’énergie appliquée correctement génère du plus. Il y a un positionnement et une direction de génération de plus croissante.


Disposer de plus n’est pas un problème d’« avoir », au sens de croire que celui qui a le plus de plus est celui qui a le plus de temps, de choses ou d’argent. Le thème du plus est un thème de positionnement, de regard, une manière d’être dans le monde avec soi-même, avec les autres gens et parmi les choses. Il y a des gens qui disposent de plus en plus de « ressources » mais qui expérimentent de moins en moins de plus. Apparemment, ils semblent résoudre des thèmes : ils trouvent un travail, se mettent en couple, fondent une famille, acquièrent une maison… et pourtant, existentiellement, ils sont de plus en plus accablés, de plus en plus enchaînés et avec de moins en moins d’énergie libre.


Le plus a à voir avec le registre que j’ai de ma vie, de mon écoulement. Il me relie de plus en plus à moi-même et à mes intérêts les plus profonds. Il m’ouvre aux autres et élargit ma disponibilité. Le thème du plus, appliqué au quotidien, est très proche du registre de me libérer progressivement.


CORRÉLATS DU PLUS


Les corrélats du plus sont exposés dans beaucoup de nos matériaux. Dans Humaniser la Terre, il est dit : « À mesure que ta vie passe, le bonheur ou la souffrance grandit en toi… si le bonheur et la liberté ne grandissent pas en toi et en ceux qui t’entourent, je refuserai ton exemple »_. Il n’est pas déplacé d’établir une certaine analogie entre ce thème du plus et les choses qui me rapprochent ou m’éloignent du bonheur. Dans certains cas, cela a à voir avec la capacité de choisir, de décider, d’élargir et d’approfondir les relations avec les autres, d’avoir plus de liberté de mouvement, de construire des cadres plus conformes à ce que je veux, de lancer des projets propres et en commun avec d’autres, etc. Tout cela ne peut se construire qu’avec du plus, avec de l’énergie libre. Nous voyons que le plus a à voir avec le temporel, le spatial et le relationnel.


On pourrait mettre de l’ordre en précisant ce qui génère du plus et ce qui n’en génère pas. On peut scanner sa propre vie sous cet angle, des aspects les plus personnels, en passant par les activités et relations quotidiennes, les cadres, jusqu’aux projets les plus vastes.


Exemple : je vais voir Pepito et après la visite, que se passe-t-il ? Car si je sors avec plus de problèmes que lorsque je suis entré, plus déprimé et endetté… tout cela est très différent de si, après l’avoir visité, je sors avec plus d’enthousiasme, plus optimiste, avec de nouveaux projets… Cela définit le plus que j’obtiens de cette relation. Et la même chose arrive à l’autre dans sa relation avec moi. Comment est-il resté après mon incursion ? Comment l’ai-je laissé après ma visite ? Pire encore qu’il n’était, ou au contraire, a-t-il vu s’ouvrir un avenir, mis de l’ordre dans des choses, senti le soutien d’un ami… ?


Voyons un autre cas. J’établis une relation, par exemple de couple. En général, lorsque quelqu’un s’engage dans une relation, c’est parce que cela l’aide à résoudre des choses ou à améliorer des situations. Il y a là une possibilité d’ouvrir de nouveaux canaux d’expression, de s’entraider, de générer un traitement gratifiant pour les deux. Cette relation semble bénéficier aux deux. C’est-à-dire qu’elle génère du plus. Le temps passe et que s’est-il produit ? Avons-nous augmenté ce plus ou est-ce le contraire qui s’est produit ? Car il se peut que ne se résolvent plus les thèmes qui nous avaient motivés, et pas seulement cela : nous nous sommes en outre enchaînés à de nouvelles choses non projetées en leur temps. C’est-à-dire que non seulement je ne résous pas de besoins, mais la relation m’a créé de nouvelles attaches que je n’avais pas auparavant, et je me retrouve maintenant avec beaucoup moins de plus qu’au début.


Il y a des situations « antiplus », qui sont comme un trou noir : celles dont non seulement on n’obtient pas de plus, mais qui absorbent une énorme quantité d’énergie. C’est le profil des situations conflictuelles.


COMMENT LE SYSTÈME TRAVAILLE À ABSORBER LE PLUS


Là où il y a du plus, le système essaie de l’absorber à son propre profit jusqu’à l’épuiser. Parce que les gens qui ont du plus peuvent penser, réfléchir sur leur vie, remettre les choses en question, se poser des questions et essayer de trouver des réponses, peuvent lutter, se mobiliser, s’organiser, etc. Au contraire, les gens qui ont peu de plus sont plus maniables, plus faibles, plus vulnérables, plus dociles, soumis et hypnotisables.


Le système cherche à ce que les gens ne puissent pas couvrir adéquatement les thèmes de base et, si grâce au développement et à l’avancée de la science ils peuvent les résoudre, le système travaillera à créer de nouveaux besoins superflus.


Voyons comment il opère sur des thèmes précis :


Des besoins de base importants sont liés à l’eau, par exemple. Il y a des endroits où, pour résoudre le problème de l’eau potable pour la famille, il faut investir plusieurs heures par jour. Dans d’autres pays, cela est résolu, car on dispose d’eau potable canalisée. Avoir l’eau courante génère du plus. Dans ce cas, comment le système opère-t-il ? Comment s’y prend-il pour rediriger ce plus qui reste ? Il opère en essayant de conditionner la manière dont se résout le thème de la boisson. Le système n’a pas intérêt à ce qu’on boive l’eau du robinet ; en tout cas, si on boit de l’eau, qu’elle soit embouteillée, et le mieux est de boire du Coca-Cola. Le système opère en déformant les besoins de base.


Le système n’a pas intérêt, par exemple, à ce que quelqu’un soit en bonne santé. C’est très clair, puisqu’il ne développe pas de politique de médecine préventive. Prévenir les maladies donnerait du plus à l’individu et cela n’est pas rentable pour le système. L’individu malade produit de l’économie. Si un individu a tout au long de sa vie un tas de maladies, plusieurs opérations, consomme une infinité de pilules, utilise plusieurs prothèses, se fait poser des implants, des chirurgies, va à répétition à l’hôpital, en cure thermale, etc., ce type est très rentable parce qu’il fait tourner l’économie. Mais cet autre type, sec et sain comme un chêne, qui pendant 80 ans n’a pris qu’une seule fois une aspirine, celui-là, celui-là est une ruine pour le système !


Il en va de même pour le thème des relations. Le système a intérêt à ce que les gens aient des problèmes, des histoires, des conflits, de l’insécurité, de l’isolement, de la méfiance envers les autres, etc., car tout cela fait aussi tourner l’économie, active les psychologues, les psychiatres, les avocats, il y a des procès, des vigiles, des policiers, des armées ; de plus, les insécurités sont canalisées vers la possession de biens et cela active le consumérisme. (Le profil du meilleur client des grands magasins est celui/celle d’un individu d’âge moyen dont le/la partenaire travaille 15 heures par jour, a un/une amant(e), a en outre des conflits avec ses enfants et n’a pas d’amis.)


Le système active tout ce qui crée de la dépendance. Avec la publicité, il génère de la dépendance dès le plus jeune âge, en induisant à consommer certains aliments, boissons, jouets, mode, etc. Cette dépendance, il tentera de l’accroître tout au long de la vie de l’individu. Il lui donnera des consignes sur ce qu’il doit porter, manger, où voyager, quoi offrir, etc., le tout programmé pour certaines dates… ainsi il sera un bon citoyen.


Le système promeut des valeurs-pièges comme celle de « la famille », par exemple. De façon déclamatoire, il parle en sa faveur, la famille par-ci, la famille par-là, mais la vérité est que le système a intérêt à ce que la famille fonctionne le plus mal possible et qu’elle soit conflictuelle. Bien sûr ! Ils ne vont pas le dire directement : « Nous avons intérêt à ce que vous vous entendiez mal ! » Non, il dit le contraire. Mais voyons ce qu’ils font. Quelle est la dynamique que le système induit ? Celle de ne laisser de temps ni pour les relations dans le couple, ni pour s’occuper de la famille, il n’y a pas de temps pour les enfants, qui sont abandonnés à la merci de la télé, en poussant à la consommation de choses superflues, en déformant les habitudes alimentaires, d’esthétique, de sexe. C’est-à-dire qu’il fait tout ce qui favorise que la famille et l’individu aient des problèmes. Il est encore bien plus intéressant que le couple aille mal après s’être lancé dans le crédit de la maison. Là, ils sont tous deux totalement coincés…


Le système absorbe non seulement le plus que l’on a, mais aussi celui que l’on n’a pas, le plus futur. Il le fait avec les crédits. Dans les crédits, il y a une petite part de vérité, un grand mensonge et une escroquerie de fond. En général, ils s’appuient sur un besoin, à partir duquel ils montent un grand piège qui fait que les gens tombent « de leur propre décision ». Il est immoral de pouvoir conditionner l’avenir d’une personne si cette personne ne sait pas comment les choses vont se passer pour elle. C’est une tromperie qui finit par immobiliser les gens. Les gens eux-mêmes le verbalisent lorsqu’ils disent : « avec le crédit, je me mets la chaîne et ainsi je m’oblige » (voir annexe). C’est ainsi que des gens s’enchaînent à vie. C’est la nouvelle forme d’auto-esclavage « volontaire » de notre époque.


Le système opère en proposant des choses superflues jusqu’à ce que les gens les considèrent comme « nécessaires ». Il déplace le secondaire et le superflu vers le centre et escamote ce qui est important, créant ainsi de la confusion chez les gens entre leurs besoins de base et leurs désirs._


ERREURS DANS LA STRUCTURATION DES SITUATIONS


Il faut étudier comment on a ses structurations de base, là où l’idéologie du système exerce une pression. Une situation donnée peut me donner du plus, mais si la proposition du système s’y glisse, les choses peuvent s’inverser.


Un exemple est l’économique. Le milieu ne me facilite pas les choses, en général il cherche à augmenter mes exigences, mes besoins et à réduire ce que je reçois comme salaire. Je peux ajuster les choses pour dépenser un peu moins que ce que je reçois, mais je peux aussi dépenser au-dessus de mes possibilités. Dans un cas, je génère du plus ; dans l’autre, je m’enchaîne progressivement. Le système va chercher à m’engager sur ce chemin.


Autre exemple. Revenons au couple. Il peut arriver que cette structuration, qui au début donnait du plus, s’inverse et qu’au bout du temps elle retranche une énorme énergie. Il peut arriver que les intérêts initiaux, qui furent le motif de se mettre ensemble, ne soient plus satisfaits. C’est-à-dire qu’il n’existe plus cette réciprocité affective du début et/ou que les besoins au niveau du sexe, etc., ne soient pas non plus couverts. Il peut en outre arriver que la relation se soit détériorée. Si à cela on ajoute des crédits, etc., le cadre peut finir par être vécu comme une prison où non seulement on ne couvre pas l’essentiel, intérêt initial, mais où se sont ajoutées un tas de choses imprévues qui aspirent une énorme quantité d’énergie et empêchent d’avancer dans ce que l’on veut réellement.


Bien qu’il ne soit pas facile de mesurer ce thème du plus, il en existe bien un registre interne clair. Le langage courant le recueille dans ces expressions, de plus en plus fréquentes, comme : « je suis à bout », « je n’en peux plus », « je n’ai pas le temps », ou encore : « je suis dévitalisé », ou « je me sens sans envie ». Toutes sont de claires allusions à ce thème du plus.


ERREURS D’APPLICATION DU PLUS


Contrairement à ce que l’on peut penser, le plus grand problème n’est pas tant de générer du plus que, une fois cette énergie libre obtenue, de l’appliquer dans la bonne direction. Il y a des erreurs quant à l’application de ce plus excédentaire. Les déséquilibres ne sont pas seulement par défaut, ils peuvent aussi se produire par excès d’application d’énergie.


Il y a des cas où l’on génère de l’énergie libre et où l’individu finit par s’empêtrer en essayant d’« améliorer » sa situation. Cela arrive lorsque l’on surdimensionne les thèmes et qu’on ne les proportionne pas avec d’autres intérêts. Cela se produit normalement quand on va au-delà d’agir sur la base du « besoin ». L’application temporo-mentale sur certains thèmes peut devenir obsessionnelle, occupant une grande quantité d’heures par jour. Ce sont des cas d’erreurs par excès d’application sur un thème. Le problème est qu’en général on ne les considère pas comme des défauts. Par exemple, si quelqu’un centre toute sa vie sur un seul aspect en abandonnant d’autres facettes, que ce soient les « études » pour l’étudiant, l’« enfant » pour la mère, ou le « travail » pour le professionnel, etc., il est presque certain qu’il aura des difficultés et que sa vie se déroulera de manière compliquée. Il y aura sursaturation dans certaines facettes et négligence dans d’autres, ce qui augmentera la disproportion. Cela se manifestera dans l’immédiat ou dans le processus.


Les cas de défaillances par manque d’application ou d’attention à une situation ou à un thème sont connus et bien cernés.


Une autre erreur grave consiste à conditionner dans le présent, pour un certain bénéfice momentané, le plus des années suivantes : c’est le « jouis aujourd’hui, paie demain ». C’est une tromperie et une manipulation grave. Il s’agit de dissocier temporellement les conséquences d’un acte, en offrant le positif ou l’agréable au présent et en éloignant dans le futur la partie négative. Dissocier les deux thèmes est une monstruosité semblable à : dissocier le négatif d’un excès de nourriture du plaisir de l’ingérer. Si l’on nous reportait le registre de malaise dû à l’excès, nous ingérerions des aliments jusqu’à ce que ce soit gravement préjudiciable à notre santé.


LE VERTIGE DU PLUS


Le degré de liberté que l’on a pour décider à quoi chacun applique son temps est l’une des manifestations du plus. Disposer de temps libre serait l’une des manifestations du plus. Mais dans certains cas, il se produit une sorte de vertige devant la possibilité de décider. On n’en a pas l’habitude, la coutume. Si l’on vit une vie en fonction de… (engagements, obligations, exigences, autres intérêts, etc.), le fait de disposer à un moment donné de plus peut produire des perturbations et des déstabilisations. En Occident, la majorité des dépressions se produisent les dimanches (dans le cycle hebdomadaire) et pendant les vacances (dans le cycle annuel), curieusement les périodes de plus grand plus. Dans certaines sociétés, on assiste à une crainte du temps libre. Pour la contrecarrer, des entreprises sont apparues, dédiées à conseiller et planifier des vacances où les gens soient toujours « occupés » et évitent ainsi ce vide que donne le fait d’avoir « du temps pour faire ce que l’on veut », si déséquilibrant pour certains.


« Être toujours occupé » est devenu un état vital très propre à notre époque dans la culture occidentale. Ce manque de disponibilité est souvent une justification qui opère comme dissimulation d’autres types de problèmes que l’on n’aborde pas. La dynamique du système opère en éliminant la disponibilité pour les thèmes principaux et, à l’inverse, dérive toute l’énergie vers les thèmes superficiels et secondaires. De cette façon, il agit toujours sans résoudre les problèmes de fond.


LE PARADOXE DU PLUS


« On a moins de plus plus on est dans des thèmes secondaires, depuis lesquels on interprète qu’on ne peut pas être dans des thèmes importants parce qu’on n’a pas de plus. » Depuis cette posture mentale, il n’y a pas d’issue. « Le plus surgit lorsque progressivement on place dans la vie comme prioritaires les thèmes essentiels. » Le plus est donc davantage lié à l’ordonnancement des priorités vitales qu’à de prétendues conditions que chacun a à vivre.


Un autre thème important est celui de l’endroit où s’applique l’énergie qui reste libre. Nous nous référons à la direction dans laquelle s’applique ce plus d’énergie.


En général, on observe que le plus grand problème n’est pas un manque de plus mais une application incorrecte de l’énergie dont on dispose. Une évaluation attentive montrerait que là où l’on interprète qu’il n’y a pas de plus, il y en a peut-être en réalité, mais qu’il s’applique à des thèmes secondaires.


En réalité, nous disposons tous du reste de notre vie devant nous, et pour chacun la journée a 24 heures, et chacun décide à quoi appliquer cet espace de temps. Que les uns le consacrent aux thèmes essentiels et ordonnent tout le reste en fonction d’eux, et que d’autres reportent les essentiels et se perdent dans des choses importantes, mais secondaires et dépourvues de sens si l’on oublie l’essentiel, marque une différence importante de position mentale. C’est ce qui différencie le fait d’avoir la tête bien ou mal placée. Il n’y a pas de plus quand « on est dans d’autres choses » différentes des thèmes essentiels.


Bien sûr, nous ne nous référons pas ici aux cas où une analyse cynique prétend justifier une posture parce qu’en réalité on a d’autres priorités. Non, nous nous référons à ces cas où l’on pense réellement que sa propre situation est de ne pas pouvoir avoir d’énergie pour avancer. Dans ce cas, il faut procéder à un réordonnancement des conduites selon les intérêts essentiels. L’indicateur que cet ordonnancement se fait de manière adéquate est que le plus commence à apparaître. Cet ajustement des priorités s’accompagne très probablement d’un « lâcher prise » de ces rêveries, de ces fausses espérances qui entraient en collision avec les intérêts les plus importants, ou qui en distrayaient.


Le plus a une voie de canalisation qui lui donne du sens et qui multiplie son effet. Celle-ci est : l’appliquer à l’aide aux autres. Cela, entre autres choses et de façon interreliée, élève son propre niveau existentiel et améliore la qualité de l’opérateur. Appliquer le plus de cette manière centrifuge, vers les autres, est une voie pour sortir du non-sens.


Il importe de mettre certains outils de travail interne entre les mains de ceux qui ont des projets d’action clairs, car ces travaux libèrent de nouveaux débits d’énergie qui sont ainsi appliqués au bénéfice des autres. S’il n’en était pas ainsi, c’est-à-dire si l’on avançait dans la libération d’énergie sans application correcte et concrète, cela pourrait devenir préjudiciable pour l’individu lui-même.


SYNTHÈSE


ÉVALUATION DU PLUS


Quels sont les indicateurs dont je dispose pour savoir si j’avance ou non en plus :


1. Ai-je de plus en plus de temps libre pour moi et pour décider quoi en faire ?

2. Ai-je plus de disponibilité pour me relier aux autres ?

3. Est-ce que j’applique de moins en moins de temps à résoudre les thèmes de base ?

4. Le nombre de connaissances et de mes relations augmente-t-il dans le temps ?

5. Ai-je un fort déséquilibre économique ? (dettes, prêts, etc.)

6. Dans les cadres de base (couple, famille, amis), ai-je du plus ?

7. Au travail, est-ce que j’avance en plus ?

8. Dans l’action dans le monde, perçois-je que je construis, consolide et génère du plus ?

9. Est-ce que j’élargis chaque jour la disponibilité pour être avec moi-même ?


INDICATEURS DE PLUS


Les indicateurs de plus les plus généraux ont à voir avec l’augmentation de la disponibilité dans la conduite et un moindre tiraillement des thèmes de base en termes de mentation.


Dans les deux cas, tant dans la mentation que dans la conduite, on peut étudier quelle proportion s’appliquera à résoudre les thèmes de base, quelle proportion aux thèmes accessoires ou secondaires et quelle proportion aux thèmes de plus grande importance et les plus essentiels.


LE PARADOXE DU PLUS


« On a moins de plus plus on est dans des thèmes secondaires, depuis lesquels on interprète qu’on ne peut pas être dans des thèmes importants parce qu’on n’a pas de plus. » Depuis cette posture mentale, il n’y a pas d’issue. « Le plus surgit lorsque progressivement on place dans la vie comme prioritaires les thèmes essentiels. » Le plus est donc davantage lié à l’ordonnancement des priorités vitales qu’à de prétendues conditions que chacun a à vivre.


DEUX THÈMES DE BASE


Trouver le positionnement depuis lequel on a du plus et le développer progressivement.


Appliquer ce plus à aider les autres.


LE TRAVAIL INTERNE COMME GÉNÉRATEUR DE PLUS


Tous les thèmes de travail interne, depuis le travail personnel, en passant par les travaux en groupe, les retraites, jusqu’aux centres de travail, vont dans la direction de générer de nouvelles possibilités, de libérer l’énergie bloquée dans des thèmes, dans des aspects secondaires, pour la rediriger vers les thèmes essentiels.


LA STRUCTURE COMME GÉNÉRATRICE DE PLUS


Travailler avec des gens en les aidant et en les formant peut être l’un des outils où se génère la plus grande quantité de plus. Au moment 1, je fais un travail ; mais dans un 2e moment, je ne fais plus ce travail, je commence à en faire un autre et il y en a 10 ou 15 qui font maintenant le travail que je faisais. Tout s’est multiplié quantitativement et qualitativement.


Un autre thème générateur de plus est le travail en équipe qui se donne dans les structures. Profiter de l’échange d’expérience et des points de vue des autres peut être de grande valeur si l’on parvient à le comprendre.


On peut avoir mal structuré l’approche structurelle et, au lieu de générer du plus, il se produit une perte d’énergie. Dans ce cas, il faut sûrement réorienter depuis différents points de vue, et surtout du point de vue du positionnement et du processus.


LE PROCESSUS HUMAIN ACCUMULE DU PLUS


Si nous nous plaçons dans une perspective historique, l’avancée de l’humanité, tant dans son aspect technologique que dans celui de la connaissance et de l’expérience, se présente à nous, qui surgissons à un moment donné, comme une énorme quantité de plus mise à notre disposition. C’est un énorme bagage d’énergie, celle accumulée dans le processus humain, et nous devons en profiter pour le projeter encore davantage vers l’avenir.


Lorsque le processus ne trouve pas comment diriger l’énorme plus accumulé et que le sens de l’énergie s’inverse, celle-ci se retourne sur elle-même en produisant de l’entropie, avec ses effets concomitants de tensions, de crises, de chocs et d’explosions internes. Les contradictions du moment historique actuel ont à voir avec le fait de ne pas appliquer correctement le plus dont dispose la civilisation pour résoudre définitivement et une fois pour toutes les problèmes de base de l’espèce humaine. Chose qu’elle est en mesure de faire.


Nous pourrions synthétiser tout cela en disant qu’il y a deux postures, deux manières d’être au monde : l’une dans laquelle on génère progressivement du plus, à laquelle correspond une plus grande maîtrise de sa propre vie, le fait de s’appliquer à ce que l’on veut réellement, avec une plus grande disponibilité envers les autres et envers ses propres thèmes essentiels, avec un registre d’accord et un indicateur clair que « c’est par là que ça va… » ; et une autre dans laquelle les choses déclinent et il y a de moins en moins d’ajustement, les thèmes essentiels sont de plus en plus reportés, l’enfermement, les limitations, la contradiction augmentent et, en corrélat, la dévitalisation progresse.


Notes

_ La proportion entre les masses de « cerveau/intestin/autres viscères » chez les primates est de 1/3/4, alors que chez l’homme elle est de 2/2/4, ce qui permet une plus grande irrigation sanguine du cerveau. La proportion du métabolisme basal qu’utilisait le cerveau de l’australopithèque était de 9 % et l’homme actuel en utilise 22 %. Les proportions s’écartent davantage à mesure que l’on descend dans l’échelle évolutive.

_ La question. Paysage interne. Humaniser la Terre. – Silo. Éd. Plaza-Janés, Barcelone.

_ Voir dans la Harangue de Silo « La Guérison de la souffrance » le thème du besoin et du désir.


ORIENTATION DU PLUS EN 2019

1. Comment puis-je générer plus de temps libre pour moi et pour décider quoi en faire ?

2. Comment élargir ma disponibilité pour me relier aux autres ?

3. Comment appliquer de moins en moins de temps à résoudre les thèmes de base ?

4. Comment augmenter le nombre de connaissances et de mes relations dans le temps ?

5. Comment faire pour diminuer mon déséquilibre économique ? (dettes, prêts, etc.)

6. Dans les cadres de base (couple, famille, amis), comment puis-je obtenir davantage de plus ?

7. Au travail, comment puis-je avancer pour avoir davantage de plus ?

8. Dans l’action dans le monde, comment puis-je construire, consolider et générer du plus ?

9. Comment élargir chaque jour la disponibilité pour être en contact avec moi-même ?

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Tiré du groupe Matériaux, sur le WhatsApp Communauté virtuelle siloïste.

2026/09/26

Discussions sur l’immortalité et les conséquences de la révolution technologique

(Ce qui suit est une conférence donnée par Tito, sur la base d’une conférence du N, lors d’une réunion de délégués d’équipe en janvier 1988 à Santa Cruz, Californie)

Un jour, nous avons eu une discussion avec le Negro, très informelle et très intéressante ; il a élaboré une révision très synthétique de l’histoire de l’humanité. L’un des problèmes de l’immortalité est qu’elle change le concept du temps. Nous serons tous ici, alors il n’y a pas de hâte, tout est très lent, il n’y a pas d’urgence puisque nous devons toujours être ici. Rien n’est tard ni tôt. Il n’y a ni demain ni après-demain, tout est ici. Mais il se trouve que cette histoire d’immortalité n’est pas tout à fait certaine, alors il existe un demain et un après-demain. Et le temps existe, avec ses limites et ses cadres.

Il a dit qu’il y avait cette espèce d’êtres humains qui marchaient et faisaient des choses. Soudain, à un moment donné, peut-être parce qu’un éclair est tombé ou qu’un volcan est entré en éruption, ou peut-être parce qu’un singe a eu l’idée de se redresser et de marcher debout, quelqu’un a commencé à utiliser le système nerveux et à penser. Depuis ces temps très anciens, certaines intuitions sont apparues constamment dans la mythologie et la littérature antique, puis se sont répétées dans l’histoire. L’une de ces intuitions est qu’il existe un certain ordre universel, que tout n’est pas aléatoire ou hasardeux. Une autre est que l’homme est seul. Une autre encore, sur lui-même, est qu’il est une espèce rare, exclusive.

Il n’est pas certain qu’il existe d’autres êtres vivants. Nous sommes seuls, nous ne sommes pas certains qu’il existe d’autres formes de vie. Et puis il y a ces histoires étranges selon lesquelles les gens disparaissent soudainement, qu’ils meurent, qu’ils ne continuent pas. C’est-à-dire l’absurdité de la mort ou du fait que la vie humaine ne continue pas. Alors, ces êtres ont commencé de cette manière étrange et particulière à chercher une forme quelconque de survie. Certains primitifs pensaient qu’ils s’endormaient simplement. On les enterrait avec leurs outils et leurs armes, et avec de la nourriture au cas où un jour ils se réveilleraient et souhaiteraient continuer. Depuis ces premiers jours, ces intuitions ont existé (c’étaient des intuitions, puisqu’elles ne pouvaient pas être prouvées, nous parlons d’il y a plus de 5 000 ans) et ce désir de continuer à vivre a existé. C’est une tendance curieuse. Les Chinois enterraient toute une armée avec le roi, au cas où il ressusciterait. Et sans parler des Égyptiens.

Ces choses ont continué à se produire pendant plusieurs milliers d’années. Il existe une autre tendance très forte chez l’être humain : la tendance à la communication. Ainsi, ces êtres ont commencé à communiquer entre eux. D’où les tribus, puis les nations, et nous voilà, avec des intuitions permanentes d’ordre universel, de solitude, de vide, surtout au-delà de la terre.

Puis viennent les peurs et elles apparaissent sur les cartes. Au-delà de la côte, il y avait des dragons et de grands monstres. Cette horreur et cette peur ont rempli les cieux de dieux. Les Babyloniens ont rempli l’horoscope, le zodiaque, de toutes sortes de choses. Ils parlaient d’un certain Taurus, de je ne sais quoi d’autre, mais si nous observons le ciel, nous ne voyons rien d’autre que de petites étoiles. Où est donc ce fameux Taurus ?

Il y a beaucoup de choses qui ont toujours été constantes, comme la « peur du vide », la peur de la solitude, la peur de la mort. Ils cherchaient toujours un moyen de la résoudre. Et voilà l’être humain, propulsé sur cette voie avec cette intuition typique, et avec ses recherches et ses études, et cette histoire de communication. Beaucoup de choses se produisent dans l’histoire. Parmi celles-ci, il y a le cas de civilisations entières qui disparaissent. Elles deviennent folles et s’entretuent, ou bien elles fuient dans la jungle et meurent criblées de piqûres de moustiques.

Puis vient la pratique du génocide. Par exemple, les Aztèques sacrifiaient des centaines de personnes chaque jour. Un peu de folie, et un peu de génocide. Puis il y a le cas des Mayas, et d’autres peuples en Afrique, des cas où des civilisations entières disparaissent. Des civilisations qui ont transmis leur sagesse à d’autres, et ces autres ont construit une autre civilisation. Par exemple, il y a ce cas incroyable, ce cas si unique auquel personne ne prête attention, celui des Grecs qui disparaissent dans l’Europe barbare et sont ensuite redécouverts par les Arabes qui vivaient en Espagne. Comment se fait l’interconnexion entre les cultures ? Il y a les Grecs qui disparaissent, puis sont redécouverts par les Arabes, qui donnent ensuite à l’Europe la philosophie grecque que l’Europe avait perdue.

Plus tard, nous avons la partie la plus incroyable de l’histoire. Les temps médiévaux, avec les nobles, les rois, l’Inquisition, et des gens qui mouraient de faim. La différence si énorme entre les castes. Il y avait les grands seigneurs et leurs châteaux, ils avaient beaucoup d’argent. Les pauvres n’avaient rien à faire, mais certains chanceux disposaient d’un nain accepté à la cour comme serviteur. L’une des fonctions du nain était d’offrir ses cheveux comme serviette. Après le repas, les nobles s’essuyaient les mains dans les cheveux du nain. Celui-ci rentrait chez lui et plongeait sa tête dans un seau d’eau, avec lequel on faisait une soupe pour nourrir toute la famille. Ces choses terribles se produisaient en Europe. Le but de ces anecdotes est d’illustrer comment l’image de l’Europe, en particulier dans les pays du Sud, est celle d’une région hautement civilisée. Mais n’oublions pas que l’Inquisition et toutes sortes de guerres y ont commencé. Ainsi, cette vision que nous avons du monde a été fortement manipulée par le système. Il n’est pas dans l’intérêt de ces pays d’accorder trop d’importance à d’autres pays.

De quoi parlons-nous ? Nous parlons du fait que l’humanité avance ainsi, avec ces tendances, avec ces intuitions, dans sa quête d’immortalité. Comment une civilisation entière, sans qu’un seul ne soit épargné, peut-elle disparaître ? Comme on essaie de ne pas mourir ! On cherche de différentes façons. L’une d’elles, par exemple, est d’apprendre à écrire. Les Babyloniens ont inventé l’écriture. Ils écrivaient n’importe quoi sur une sorte de tablettes. Les tablettes étaient placées dans une sorte d’entrepôt. Nous avons donc cette tendance à garder les choses en mémoire, à les conserver pour qu’elles durent, et pour que d’autres personnes puissent les voir un jour. Et ces tendances continuent d’opérer chez l’être humain.

Plus tard, les historiens tentent d’expliquer la formation de la famille et de la tribu comme quelque chose de naturel, mais ce n’est pas naturel. C’est dû à la peur de la solitude, à la peur du vide, et cela rassemble les gens. Alors on dit que la famille est devenue un élément naturel, mais ce n’est pas naturel. Il leur paraît si naturel que l’écriture ait été inventée… cette tendance à perdurer, propulsée par l’absurdité des gens qui mouraient, qui disparaissaient, n’est pas naturelle.

Les anciens savaient que des gens avaient existé depuis longtemps. Surtout à l’époque des traditions orales et des transmissions orales, ils savaient qu’il y avait eu des gens de nombreuses années auparavant, mais que personne ne les avait connus personnellement. Tout cela était dû à la transmission des choses, au désir de survivre, à la quête d’immortalité. Ces choses sont venues et ont continué, beaucoup de choses se sont passées, surtout en Europe. Puis vient l’affaire de la révolution industrielle.

Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, les choses continuent de s’accélérer. Ce qui prenait auparavant un an se passe maintenant en un jour. La production d’objets s’est accélérée de manière incroyable, et cela a produit un déséquilibre, car il y a plus de choses à notre portée que de besoins réels. Cela n’arrivait jamais avant, et c’est maintenant très courant. Auparavant, les gens avaient besoin de beaucoup de choses mais elles étaient impossibles à trouver, ou simplement impossibles à fabriquer. Tant de phénomènes se produisent maintenant qui sembleraient si étranges aux anciens. Nous produisons plus de choses que nous n’en avons besoin. Cependant, il existe en même temps une très mauvaise distribution, et une concentration de la production en certains points. C’est quelque chose de nouveau dans l’histoire, la production gigantesque et la recherche d’une plus grande efficacité.

Les choses ont continué ainsi, et il y a environ trente ans, quelque chose de très important se produit dans l’histoire. L’être humain continuait avec cette histoire de communication, connectant les lieux, et a plus ou moins interconnecté la planète entière avec la radio, la télévision, les ondes. Soudain, l’être humain peut sortir de sa planète. En même temps, la production s’est accélérée avec le développement de la révolution industrielle. Et que se passe-t-il maintenant ? Les gens ont des télescopes, des radiotélescopes, des spoutniks et des satellites qui sont sortis dans l’espace sidéral. Et que s’est-il passé dans l’espace ? Nous avons découvert que les intuitions sont un fait. Nous sommes seuls, il n’y a personne là-haut, Dieu n’existe pas parce que nous n’avons pas vu son visage. Le vide, encore plus de vide que ce que nous pouvions percevoir avec nos intuitions. Ce processus de reconfirmation de l’intuition est une sorte de redécouverte. L’être humain s’est redécouvert grâce à la révolution technologique. Il y a beaucoup d’historiens et d’observateurs qui ont un point de vue d’humanisme court. Ils prétendent que tant d’ordinateurs et tant de machines sont nuisibles à l’être humain parce qu’ils finiront par le dominer, et ce genre de croyance. Au contraire, ces machines et cette révolution technologique aident l’être humain à se redécouvrir lui-même dans ses aspects les plus essentiels.

Passons à la troisième partie de tout cela. Les mêmes recherches et les mêmes activités qui ont été menées là-bas dehors ont été menées ici dedans. La biochimie avance, la médecine continue d’avancer, etc. Nous avons des opérations pour remplacer des organes et pour améliorer le corps. Peu à peu ce sera possible, il existe beaucoup de choses qui vont dans cette direction, que d’une manière ou d’une autre l’homme, à travers la science et la révolution industrielle, découvrira l’immortalité. Mais quelle sorte d’immortalité ? L’immortalité factuelle. Pas l’immortalité psychologique, ni mystique. Le corps ne mourra pas. Très simple. Et bien sûr, cela sera dû au fait que l’être humain, depuis des siècles, a cherché précisément cela. Quand ils ne pouvaient pas le trouver, des mécanismes psychologiques de compensation commencent. Ils inventent les cieux et les enfers. Mais quand ils sortent dans l’espace extérieur, ils ne trouvent personne !

Que se passe-t-il si cela devient possible dans les 20 prochaines années ? Dans vingt ans, peut-être que notre génération ne pourra plus en profiter, mais nos enfants oui. Imaginez le problème que nous avons. Nos enfants mangent la petite coquille sacrée, deviennent immortels, mais nous ne pouvons pas. Que feront-ils du temps ? Nous parlons de la tendance de la science et de la révolution technologique. Celles-ci sont très intéressantes pour nous parce qu’il semble que tout se dirige vers le consumérisme et des choses de ce genre.

Ce sujet est très intéressant, parce que nous observons le domaine externe dans lequel nous agissons. Quand nous parlons au public, toutes ces choses opèrent dans leurs petites têtes. Nous parlons avec quelqu’un qui a parlé un jour avec son grand-père. Le grand-père est une référence pour ce sujet. Même le père, qui peut être une référence, ne savait rien de la communication, du progrès, de cette sortie dans l’espace sidéral et du fait de ne rencontrer personne. Il leur semble stupide que les jeunes croient à ces choses et les prennent très au sérieux. Les plus jeunes savent des choses que nous ne voulons même pas accepter. Vous voyez ? C’est la vitesse du phénomène qui compte, la vitesse à laquelle tout se passe.

La science sait beaucoup sur le processus de vieillissement, sur le vieillissement, ils savent sur la peau, sur les cellules. Ce n’est pas grand-chose maintenant de savoir exactement comment se produit le phénomène des cellules. Ils savent parfaitement bien le phénomène, même s’ils ne peuvent pas en connaître les causes. C’est très différent de ce qui se passait il y a dix ans. À tout moment, ils vont découvrir comment reproduire les cellules. Et nous faisons nos choses dans ce monde dans lequel tout cela se passe à cette grande vitesse. Nous devons être très bien informés, nous devons voir ces tendances dans le monde, nous devons voir comment ces intuitions essentielles existent encore chez l’être humain et continuent d’opérer.

Quelque chose de plus se passe dans le système. Il y a beaucoup de changements dans le monde, mais attention à ne pas se tromper. Ce qui change, c’est le schéma du système, pas le système lui-même. Le schéma est modifié, et peut-être aussi parce que la révolution technologique peut produire d’énormes problèmes. Supposons que dans tout cela le système change un peu et penche plus vers la paix que vers la guerre, ils pourront investir beaucoup plus d’argent dans la révolution technologique, et cela pourra produire des éléments qui économiseront de nombreuses années. Il est possible que dans dix ans on mette fin à la faim, aux maladies, au traitement médical si cher. Technologiquement parlant, c’est parfaitement possible. Mais la direction… c’est à cela que nous devons penser. Comment pouvons-nous pousser la révolution technologique dans une direction ou dans une autre. Ils peuvent produire dix tonnes de pilules qui se chargeraient de la plupart des maladies. Dans les pays en développement, nous trouvons de nombreuses maladies qui dépassent celles des pays riches. Et nous ne parlons pas seulement du VIH. Nous parlons par exemple de la variole.

Alors, le point principal est l’alliance et la fréquence mentale que nous devons avoir avec la révolution technologique. Aujourd’hui, la seule révolution possible est déjà en marche — la Révolution Technologique. Une révolution signifie un changement dans les moyens de production. Techniquement parlant, une révolution se produit quand les moyens de production changent ; la production se fait d’une autre manière. Mais c’est la façon dont elle se fait qui compte. Et la manière dont les moyens de production et leurs bénéfices dépendent de la révolution technologique. Cela élimine la théorie marxiste, car vient la révolution technologique et nous voilà avec des machines, avec la production de masse, et maintenant avec des robots. Maintenant un robot peut faire le travail de 5, 10 ou 20 personnes, et nous voilà avec le chômage, avec le licenciement. Dans les pays développés, nous aurons beaucoup de chômage et de misère dans de nombreux endroits. Et comment va-t-on résoudre ce problème ? De plus, cette révolution technologique ne va pas être arrêtée comme d’autres révolutions idéologiques que nous avons déjà vues. Les révolutions idéologiques ont une limite de temps, et aussi une limite géographique. À l’avenir, personne ne sera vraiment marxiste, ni ici ni ailleurs.

Que se passe-t-il au Nicaragua et ailleurs ? Ce qui se passe, c’est qu’ils veulent mettre leur peuple dans de meilleures conditions de vie, rien de plus. En Russie, ils sont (1987, etc.) en train de changer les choses. Partout, les gouvernements parlent de mobilisations, d’améliorer la technologie, tout est lié à cette histoire de technologie. Cette révolution technologique est déjà en marche et provoquera d’énormes problèmes sociaux. Avec les robots, et avec les machines, et avec les personnes hautement formées dont on aura besoin pour gérer les machines. Et que va-t-il arriver au reste de la population ? Avec le temps, il y aura moins d’emplois disponibles puisque quelques types pourront gérer les robots, qui à leur tour déplaceront des milliers de travailleurs d’usine. Et où iront ces gens ? Et que se passera-t-il quand la technologie produira des aliments synthétiques qui iront à l’encontre des intérêts des entreprises alimentaires ? Tant de choses devront se passer avec cette intéressante révolution technologique. C’est l’un de nos alliés et nous devons rester attentifs, particulièrement à ce qui se passe dans les domaines de la communication et de l’informatique. Maintenant, et à l’avenir, gérer l’information c’est tout gérer. Quand on a l’information adéquate, on peut faire des choses très importantes.

Dans notre cas, nous devrons décider des tactiques, nous devrons être plus scientifiques pour avoir l’information à portée de main sur ce qui se passe dans le milieu, et voir si le milieu peut nous répondre pour accomplir quelque chose d’énorme. Imaginez ce qui pourrait se passer ici aux États-Unis si nous avions l’information correcte. Il se pourrait que 50 % de la population soit complètement lassée des deux partis traditionnels, mais personne n’a le courage d’en former un nouveau. Tout ce dont nous aurions besoin serait une paire de héros qui y parviennent vraiment.

C’est un sujet très intéressant : la révolution industrielle et l’immortalité, la confirmation des intuitions anciennes et la possibilité de résoudre les plus grands problèmes de l’humanité dans les dix prochaines années. Le logement, la garde d’enfants, l’assistance médicale et tant d’autres choses. Et simultanément, tant de nouveaux problèmes qui se produiront en changeant les moyens de production.

C’est un domaine que nous devons gérer.

Un Mouvement qui est dans les pays riches et les pays pauvres, quelles relations établira-t-il ? Nous devons nous consacrer à la complémentation. C’est très intéressant, il existe des problèmes ici et d’autres problèmes là-bas, mais il n’existe pas de structures efficaces dans le système qui représentent réellement ces deux mondes. Nous, en revanche, NOUS les avons. Nous-mêmes, par exemple, avons un modèle. Nous sommes ici en Californie, l’une des zones les plus riches de toute la planète, et dans d’autres pays très pauvres. Nous devons combiner nos efforts, et c’est quelque chose que le système ne fait pas. Les transnationales font des choses partout, mais pas dans le but de résoudre quoi que ce soit.


CONSÉQUENCES DE LA RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE (Mai 89)

4 Intuitions

Synthèse d’une conférence du N.

Il y a quatre questions qui, en tant qu’intuitions, ont opéré au plus profond de la conscience humaine, depuis toujours. Les quatre sont liées entre elles et se réfèrent à la même chose, bien qu’elles se présentent sous des formulations différentes.

(1) Il existe un ordre (ce qui suppose un sens préalable, un responsable, un créateur, une intelligence universelle, etc.).

(2) Les humains sommes une espèce rare, unique.

(3) Tout est vide, il n’y a rien, en dehors de la terre.

(4) La mort est quelque chose d’absurde.

À partir de ces intuitions, se sont créés des dieux, des religions, des philosophies, etc. Cette situation s’est maintenue pendant des milliers d’années, cependant, aujourd’hui elle semble sur le point de changer, en raison de l’avancée technologique.

En effet, les possibilités ouvertes à la recherche en général, et en particulier l’exploration de l’espace et les progrès des communications, ont fait que ces formulations ont commencé à se déplacer du champ de l’intuition vers celui de la perception et de la vérification : ondes radio, rayons laser, satellites de toutes sortes, etc. ont produit et produisent des informations qui corroborent les intuitions mentionnées.

Dans tout ce qui est parcouru ou reconnu, on découvre des lois (« quelqu’un s’amuse avec tout cela ») : dans toute la Voie Lactée — c’est-à-dire, du moins dans cette galaxie, on ne sait pas dans d’autres — nous sommes une espèce unique et rare ; les énormes distances temporo-spatiales qui séparent une planète d’une autre parlent de l’énorme vide, du néant dans lequel nous sommes suspendus ; et tout cela renforce l’impression concernant l’absurdité de la mort.

En même temps, la communication sur la planète permet la circulation de ces données entre tous les humains, de sorte qu’il est possible de supposer à court terme (maximum 20 ans) la concrétisation d’une expérience sans précédent : la prise de conscience conjointe de toute l’espèce à ce sujet, et cela pourrait entraîner une prise de décision sur la direction dans laquelle s’oriente la vie humaine.

Ce qui est en jeu est très important : les moyens existent déjà, ils sont résolus scientifiquement — pour prolonger la vie humaine de manière indéfinie.

Les principaux aspects concernés sont : l’alimentation (on serait en mesure de fournir toute la nourriture nécessaire pour n’importe quel nombre de personnes) ; la population (on pourrait peupler l’espace, le vide) ; la santé (en plus de ce qui serait résolu simplement par une alimentation et une organisation de vie adéquates, on compte également sur des avancées significatives dans le domaine de la bio-ingénierie — clones, greffes, etc.).

La concrétisation de cela requiert de mettre toutes les ressources dont dispose l’espèce au service de cet objectif (et non de celui que propose le système : armement, guerre, etc.). C’est-à-dire qu’il faut que le système change.

Que se passe-t-il si l’on imagine qu’on va vivre 3 000 ou 4 000 ans ? (pour ne pas effrayer avec le mot « immortel »). Immédiatement tout se modifie. C’est parce que le temps (et la finitude) est le conditionnement le plus important de notre vie. La disparition du temps comme limite serait pour notre conscience un saut qualitatif aussi important que l’a été l’opposition du pouce chez les primates. De nouvelles fonctions ont généré de nouvelles connexions nerveuses, une modification du système en général et, en synthèse, une autre espèce.

La décision quant à savoir si cela va se produire ou non se prendra à un moment donné dans les 20 prochaines années. Tel que les choses sont (consolidation du système et croyance en la mort), il ne semble pas que l’on va choisir l’option de prolonger la vie humaine indéfiniment. En fait, l’information sur l’existence de cette possibilité n’est pas secrète, les données circulent, mais personne n’est disposé à y croire. Les citoyens qui paient des impôts manifestent pour obtenir des revendications dans le cadre du système, mais ils ne le font pas pour exiger que l’on fasse des recherches et que l’on prolonge leur vie ou celle de leurs enfants.

Les seuls qui parions en faveur de la vie et du saut qualitatif, c’est nous. Si nous n’influençons pas des lieux clés au moment où cette décision sera prise — (transformer le système et le mettre au service de la prolongation de la vie) — cela ne se produira pas.

2026/09/23

Contrôle et évolution de la conscience.

 Conversations d’Enrique Nassar avec Silo, 1997

La technologie de l’image et le réseau mondial de données se développent. Tout cela fait que la planète est de plus en plus connectée, ce qui facilitera la transmission et la circulation de l’information, mais n’améliorera pas la communication entre les personnes. Dans le meilleur des cas, cela facilitera la connexion de leurs solitudes.

Une chose est la circulation des données, une autre est la communication. Une chose est la connexion par le moyen de la technologie, une autre est de sortir de l’isolement.

Le Système voit le monde comme un business. C’est-à-dire que dans les gens, il voit du travail et de la consommation.

Toute cette technologie leur sert à extorquer des ressources à la population. C’est pourquoi l’illusion qu’ils poursuivent avec la réalité virtuelle est celle de s’emparer de l’image de la population pour la robotiser, la faire travailler davantage et lui soutirer des ressources.


S’emparer de l’image de la population est une prétention irréalisable, et la Roumanie en est un exemple.

Ceaușescu a cru, naïvement, qu’il était possible de contrôler la conscience de la population. Dans l’exercice du pouvoir, il contrôla les moyens de production, les moyens de communication, l’organisation sociale et les institutions formatrices (l’éducation). En Roumanie, les enfants appelaient C. « papa C. », et les adolescents et les jeunes célébraient des cérémonies où ils exprimaient leurs louanges à C. Les populations qui manifestaient de petits désaccords avec le régime étaient déstructurées, déplacées, déracinées et rééduquées.

C’est-à-dire que C. avait apparemment le contrôle de l’objectivité et de la subjectivité (de la conscience) de la population.

Un jour, tout changea et, en un laps de temps très court, C. fut destitué, fait prisonnier, jugé et fusillé. Les dernières photos de C. et de son épouse les montrent avec une expression d’étonnement devant ce qui leur arrive ; tous deux moururent sans comprendre ce qui se passait.

L’exercice du pouvoir à la manière de C. repose sur la théorie naïve qui suppose que, si l’on monopolise les moyens de production et que l’on gère les moyens de communication (monopole de l’image), les gens, supposés être une « conscience passive », vont répondre de manière mécanique, prédéterminée et réactive aux stimuli qu’on leur envoie. Par conséquent, on pourra toujours prévoir ce qu’ils feront à l’avenir…


Mais non : la conscience humaine n’est pas passive, la conscience humaine est active. Cela signifie que si l’on lance un stimulus à la conscience en attendant une réponse prédéterminée, il se pourrait que cette conscience fasse quelque chose de totalement inattendu, précisément parce que la conscience est active et intentionnelle.

Comme le Système a une vision limitée et étriquée de l’Être Humain, il n’apprend rien de cas comme celui de la Roumanie ; le Système ne comprend pas comment fonctionne la conscience humaine.


– La conscience humaine peut-elle être contrôlée ?

Depuis l’époque des Assyriens, qui assassinaient des milliers de personnes et formaient avec elles des pyramides de cadavres afin d’effrayer et de soumettre la population par cette démonstration…, depuis cette époque, on sait que, par des méthodes brutales, on peut contrôler les comportements collectifs d’une population. Il est vrai que, de façon conjoncturelle, des méthodes brutales permettent de soumettre les comportements collectifs d’une population, mais il est vrai aussi que, dans la durée, il n’y a aucun moyen de contrôler la conscience humaine.

La formule des démonstrations sanglantes suivies de la soumission a été utilisée plusieurs fois dans l’histoire. Franco, en Espagne, a produit une saignée de plus d’un million de personnes, puis il a pu soumettre sans grande difficulté les comportements sociaux du peuple espagnol. Staline a infligé d’énormes saignées au peuple russe, puis il a pu le soumettre sans grande difficulté. Dans ces cas, il y a soumission du comportement collectif de la population parce que, par peur, personne n’ose faire ce qui est interdit ; mais il n’y a pas de contrôle de la conscience, parce que les gens ne sont pas d’accord. Ce qui n’est pas apparu clairement avec ces régimes, c’est qu’ils auraient pris fin même si les dictateurs qui les imposaient n’étaient pas morts. Le régime franquiste aurait été démantelé par les nouvelles générations espagnoles, quel que soit le coût en vies humaines que cela aurait impliqué. Le régime stalinien n’aurait pas pu être éternel, comme l’ont démontré la chute et le démantèlement de l’URSS. Même s’ils avaient gagné la Seconde Guerre mondiale, les nazis ne se seraient pas maintenus indéfiniment au pouvoir en Allemagne. Le plus probable est qu’ils auraient fini par s’entretuer et que la population se serait rebellée.

Un exemple montrant que les régimes violents ne durent pas, on peut le voir à l’époque de la conquête espagnole avec Cortés. Quand Cortés arrive au Mexique, il trouve un empereur qui soumet les comportements collectifs de la population par des méthodes brutales, des populations indigènes subjuguées et très proches de la rébellion. Elles sont sur le point de se soulever contre cette imposition. Cortés arrive avec peu de soldats, se trouve devant cette situation de pré-rébellion populaire et en profite, en s’appuyant sur les peuples soumis. Il parvient à dominer l’empire aztèque (qui était très proche de sa déstructuration). Cortés est passé à l’histoire comme un génie militaire, alors que son talent était véritablement politique, mais c’est ainsi que les historiens voient les choses. Même si les Espagnols n’étaient pas arrivés au Mexique, les peuples subjugués se seraient soulevés et cette culture aurait poursuivi son processus ; à la même époque, le Pérou était en guerre civile.


– Pourquoi, dans le développement historique, se produit-il ces déviations dans le processus des peuples ?

L’espèce humaine est une espèce récente, elle n’a pas beaucoup de temps derrière elle. De plus, son évolution ne se fait pas en ligne droite : elle avance dans son développement en expérimentant des chemins, par succès et par erreurs.

Malgré tout ce qui s’est passé historiquement, l’Homo Sapiens n’a pas disparu de la surface de la planète, il est debout et, soyons sincères, depuis ses débuts, il s’est amélioré en quelque chose.

L’Être Humain n’est pas achevé, mais debout ; il se transforme et transforme sa nature. Imagine le futur…, les expériences qu’il pourra faire.


– Cela éclaire la façon dont la conscience évolue au niveau collectif, mais qu’en est-il de l’évolution de la conscience au niveau individuel ?

Chez l’individu, il en va de même : il avance dans son développement en expérimentant des chemins, par succès et par erreurs.

L’individu peut toujours avancer, à condition de ne pas rester bloqué dans l’erreur. Si la conscience individuelle reste bloquée dans un recoin où elle ne peut sortir d’un système de contradiction, elle n’avance pas.

Chez les personnes, cela se passe ainsi : elles transforment continuellement leurs difficultés et leurs erreurs et avancent, ou bien elles restent bloquées. Comme, de plus, la vie humaine est courte, elles ne doivent pas se permettre le luxe de rester longtemps arrêtées sur les problèmes.

L’Être Humain doit mourir en avançant. Et quant à ce qu’il croit, que la conscience individuelle est de telle ou telle façon, qu’elle pourrait mourir et que tout finirait…, il ne semble pas y avoir de nécessité de croire une telle chose. Aujourd’hui vient l’Être Humain. L’Être Humain est déjà en train d’apparaître.


– Que veux-tu dire par : « aujourd’hui vient l’Être Humain » ?

Au cours des derniers siècles, la vision positiviste a réduit l’Être Humain à un organisme, à un animal rationnel, à quelque chose qui naît, grandit, se forme, travaille, se reproduit, tombe malade et meurt.

Tu vas à ton bureau et tu t’assois à côté d’un collègue de travail : que ressens-tu de l’autre ? Tu sens qu’il est né, qu’il a grandi, qu’il s’est formé, qu’il travaille avec toi, qu’il a des enfants (il s’est reproduit). Il est malade ou peut tomber malade, et il peut mourir ou va nécessairement mourir. Ce que tu ressens, c’est la vision que le Système a de l’Être Humain : un organisme qui naît, grandit, se forme, se reproduit, travaille, tombe malade et meurt.

Le véritable Être Humain, celui qui va vers l’infini, celui qui découvre et manipule l’atome, celui qui transforme l’univers en bits, celui qui décode et peut manipuler à son gré le code génétique et transformera ainsi encore davantage sa nature, celui qui, lorsqu’on lui dit que la technique génère du chômage, est prêt à restructurer l’organisation sociale pour libérer l’homme du travail et permettre à la technologie de poursuivre son développement, celui qui se révolte d’être considéré seulement comme un animal rationnel qui naît, grandit, se reproduit, se forme, travaille, tombe malade et meurt…

Celui qui regarde son corps et le considère comme une antiquité primitive pour le développement de sa conscience, celui qui se révolte face à la mort, cet Être Humain que ne définissent encore ni la philosophie, ni la psychologie, ni les sciences sociales. Cet Être Humain, le véritable Être Humain, celui-là est déjà en train d’apparaître.

Cet être humain va-t-il commettre des erreurs ? Bien sûr qu’il va commettre des erreurs ! Mais il ne pourrait en être autrement ! Ce processus ne s’arrêtera d’aucune manière.

Même si les forces antihumanistes tentent de freiner ces processus, ceux-ci vont se frayer un chemin. La conscience humaine va se libérer de bon nombre des attaches qui la limitent aujourd’hui : le travail, les limitations du corps.


– Que peut-il se passer dans les toutes prochaines années ?

Les systèmes créent le substrat de croyances de base auquel adhère le citoyen moyen ; c’est depuis ce substrat de croyances de base que le citoyen moyen pense et fait de la science, de la politique, de la culture, de l’économie…

Un système primitif (comme celui qui existe) ne peut générer qu’un champ de croyances primitives auquel le citoyen adhère. Par exemple, le néolibéralisme est une production issue de ce substrat primitif. L’analyse des phénomènes actuels est fondée sur une méthodologie propre à ce substrat. C’est-à-dire que tout est très réduit, très primitif, très limitant.

Le nouveau libéralisme va tomber (cela est difficile à voir avec les outils d’analyse propres au substrat de croyances de base), et pour nous, le problème n’est pas qu’il tombe, mais tout le chaos social que peut générer l’effondrement du système financier.

Imagine le système de production et de distribution des aliments à l’arrêt, les services publics bloqués, des millions de personnes dans les villes essayant de s’en échapper, les débordements psychosociaux de toutes sortes qu’il y aurait…

Un effondrement du Système sans rien pour le remplacer ne servirait à rien. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas seulement la chute du système, mais son remplacement.


– Pour éviter un effondrement sans issue, avons-nous besoin de prendre le pouvoir ?

C’est une option qui, pour nous, n’est pas très intéressante. Pour nous, l’option intéressante est que les gens changent.


– Que veux-tu dire par « que les gens changent » ?

Te souviens-tu du Lion Ailé ?

« – Ainsi soit-il, monsieur Ho. Ainsi soit-il. Personne sur cette Terre n’appuiera aucun effort tant que l’on n’aura pas mis fin à la monstruosité qu’un seul Être Humain vive en dessous des niveaux de vie dont nous jouissons tous.

« Mais dites-moi, madame Walker, à quel moment tout a-t-il commencé à changer ? Quand avons-nous pris conscience que nous existions et que, par conséquent, d’autres existaient ? En ce moment même, je sais que j’existe, quelle sottise ! N’est-ce pas, madame Walker ?

– Ce n’est pas une sottise. J’existe parce que vous existez, et inversement. Voilà la réalité, tout le reste est une sottise. Je crois que les garçons du « Comité pour la Défense du Système Nerveux Faible » sont parvenus à mettre les choses au clair. Je ne sais vraiment pas comment ils ont fait, mais ils l’ont fait. Autrement, nous serions devenus des fourmis.

– Ainsi soit-il, ainsi soit-il. Toute l’organisation sociale, si l’on peut l’appeler ainsi, est en train de s’effondrer. En si peu de temps qu’elle se désarticule complètement.

– Allons, allons, madame Walker. Nous vivons dans un monde nouveau et nous avons encore un peu de mal à trouver des formes libres de communication personnelle.

– Me lirez-vous vos poèmes ? J’imagine qu’ils sont inefficaces, arbitraires et surtout réconfortants.

– Ainsi soit-il, madame Walker. Ils sont inefficaces et réconfortants. Je vous les lirai à tout moment. Passez une merveilleuse journée. »


Les personnes changent si leur appareil de croyances de base change. Prenons un exemple avec une croyance de l’appareil de croyances de base, telle qu’elle s’est maintenue pendant des siècles. Rappelle-toi le géocentrisme : la Terre était le centre de l’univers, et c’était une époque où tous s’accordaient à dire qu’il en était ainsi ; on le croyait ainsi et on le vivait ainsi.

Avec le temps, tout cela se modifie : d’abord on dit que le soleil est le centre de l’univers, puis on précise et on dit que le système solaire est l’un des nombreux systèmes d’un système plus grand appelé galaxie, plus tard on explique davantage et on dit que cette galaxie fait partie d’un système de galaxies et que ce système de galaxies est à son tour l’un de ceux de l’univers, et dernièrement on explique qu’il y a plusieurs univers. Tout cela fait que les idées changent. Aujourd’hui, il ne viendrait à l’idée de personne de dire que nous sommes le centre de l’univers, mais prêtons attention à la façon dont nous parlons, nous disons : « le soleil se lève à…, le soleil se couche à… », comme si nous étions le centre de l’univers.

Mais ce n’est pas tout : aujourd’hui, après les recherches qui parlent de systèmes solaires, de galaxies, d’ensembles de galaxies, d’univers, et de plusieurs univers, aujourd’hui, malgré l’évidence de l’immensité de l’univers, nous soutenons trois choses :

1 – La vie sur la Terre est la seule vie qui existe dans l’univers.

2 – La vie sur la Terre est la seule forme d’intelligence qui existe dans l’univers.

3 – L’Homo Sapiens est la seule forme de vie humaine.

Nous soutenons que nous sommes la seule forme de vie, de vie intelligente et de vie humaine. Nous nous croyons uniques, tout l’univers est pour nous, nous sommes le centre de l’univers. C’est-à-dire que nous continuons à être géocentristes. C’est une croyance de l’appareil de croyances de base que nous n’avons pas encore modifiée.


Ce que nous observons aujourd’hui, c’est que l’Être Humain veut briser cette croyance de base. On le voit dans les efforts de la science et de la technologie dans leur recherche interstellaire et dans leur quête d’autres formes d’existence extraterrestre. On le voit dans le désir des gens qu’il y ait de la vie extraterrestre. Ce désir est tel qu’il existe des illusions collectives d’observations d’ovnis, et c’est un thème généralisé.

Les gens font tellement d’efforts pour qu’il y ait de l’intelligence extraterrestre que nous sommes au bord de voir cela se produire. L’Homo Sapiens fait un effort pour ouvrir son univers, pour aller au-delà de son appareil de croyances de base. Dans cette recherche, l’Être Humain va découvrir la conscience.


– Que veux-tu dire quand tu dis : « l’Être Humain va découvrir la conscience » ?

Depuis Descartes, la conscience a été définie comme une chose, comme quelque chose qui a de l’étendue. À partir de là, on considère la conscience comme un cas de plus de la matière en évolution, comme un viscère qui peut être manipulé au moyen de médicaments et de stimuli électriques.

La conscience n’est pas un organisme passif et réactif, elle est bien plus que cela : c’est une structure évolutive intentionnelle. La dynamique réelle de la conscience est de se transformer, de transformer le corps et de transformer le monde.

Que, par la voie de la recherche astronomique, on découvre peu à peu que le monde ne se meut pas mécaniquement comme on a voulu l’expliquer à travers la théorie du big-bang, du choc mécanique aléatoire qui dérive ensuite, par l’effet du hasard, vers le processus évolutif que nous connaissons, mais qu’il y a des univers qui s’agglutinent et se meuvent selon une direction non pas mécanique mais intentionnelle. C’est-à-dire que l’univers, dans son développement, a un sens.

Mettre en évidence qu’il existe d’autres formes de vie intelligente dans l’univers. C’est-à-dire que nous ne sommes pas uniques. Comprendre que la conscience n’est pas quelque chose de mécanique et de réactif, mais une structure évolutive intentionnelle. Être sur le point d’accepter que le corps humain est une antiquité primitive qui ne correspond pas, dans son développement, à la vitesse d’évolution de la conscience, et disposer de la connaissance et de la technologie pour le modifier. Être proches de libérer l’homme de l’esclavage du travail…, tout cela constitue des signes clairs que l’Être Humain cherche à se libérer de son appareil de croyances de base.

Là où toutes ces choses seront mises en évidence, l’appareil de croyances de base va se déstructurer.

Qu’il y a une intention dans l’univers, qu’il y a d’autres formes de vie intelligente, que la conscience individuelle est évolutive et intentionnelle, que le corps est une antiquité primitive susceptible d’être modifiée, que ce qui convient est de cesser de travailler et de faire travailler les machines.

L’Être Humain ne se sent pas selon ses idées, il se sent lui-même selon ses croyances.

Avec la déstructuration de l’appareil de croyances de base de l’Être Humain, son image du monde va se lézarder et, avec elle, s’ouvrira tout un nouveau système de possibilités de développement pour la conscience.

Après les cinquante dernières années de paralysie, la science et la pensée essaient à nouveau de se frayer un chemin.

L’Être Humain est au bord de se transformer, pas seulement techniquement, mais dans sa conscience. Tout va en structure.

Imagine dans le futur : une supercivilisation Humaine, un monde où tous les Êtres Humains sont d’accord sur les prémisses de base et où chacun est une diversité ; nous ne parlons pas de diversité de cultures, nous parlons de diversité de personnes. C’est-à-dire que chaque personne est un monde.

Ce qui est normal dans l’évolution, c’est la multiplicité, la diversité. Même si l’évolution de la conscience suit une direction, il peut y avoir des milliers de chemins dans cette direction.

Les Êtres Humains du futur, pour comprendre les comportements de l’Être Humain d’aujourd’hui, devront étudier à fond l’appareil de croyances de base de l’époque, et alors ils ne diront pas qu’il s’est trompé dans son raisonnement, mais qu’il percevait, analysait, raisonnait, prédisait, projetait et décidait à partir d’un système de raisonnement très primitif, généré par un champ de croyances très pauvre.

La pensée de cette époque, vue par les Humains du futur, sera celle d’une pensée primitive, cantonnée dans une ligne mentale très étroite, d’où certains phénomènes n’étaient pas visibles, où il n’était pas possible d’établir certaines relations, où l’on ne pouvait prévoir certaines conséquences.

On dira que cette absurde improvisation dans les décisions, les analyses et les prévisions correspondait à un comportement mental nihiliste à partir duquel il était impossible de construire quoi que ce soit, et dont le recours fondamental à l’action était l’imposition brutale, de type physique, économique… On expliquera que c’étaient les restes du Cro-Magnon qui n’étaient pas encore résolus.

Aujourd’hui, le pouvoir est entre les mains d’une bande de primitifs, d’ignorants et d’irresponsables, très brutes. L’agir stupide de ces primitifs crée des erreurs très graves dans la construction sociale du monde, qui créent peu à peu un champ de catastrophe. Cette catastrophe pourrait se produire et cela retarderait le processus de développement humain. Comme la conscience humaine est intentionnelle, les visions apocalyptiques d’entropies, d’effondrements, de catastrophes (vision nihiliste) ne sont pas inexorables.

L’Être Humain du futur ne voudra pas gagner et posséder des choses ; il voudra sentir, créer, construire, apprendre sans limite. Il ne voudra pas posséder, avoir, contrôler. Cet Humain comprendra qu’il y a des millions de façons de développer l’émotion et la pensée, qu’il existe une diversité inimaginable de façons de sentir et de penser.

Maintenant, la vision de l’Être Humain est très comportementaliste et réduite, mais à l’avenir tout ira bien, tout ira comme il doit aller.

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Si vous cherchez des informations fiables sur l’œuvre de Silo, consultez : www.silo.net

2026/09/14

Le développement spirituel dans le siloïsme

Résumé exhaustif et ordonné de l’intervention centrale d’Eduardo Gozalo

Portée. Ce document synthétise, sans le reproduire littéralement, l’intervention centrale attribuée à Eduardo Gozalo dans la vidéo indiquée. Le passage analysé couvre approximativement de 01:23 à 11:12 de la lecture ; ensuite s’ouvre l’espace à la participation d’autres personnes. L’exposé propose un itinéraire de travail intérieur dans lequel se relient propos, crise existentielle, expérience énergétique, relaxation, méditation et cohérence dans l’action.

Idée directrice : le développement spirituel n’est pas envisagé comme une simple adhésion intellectuelle à une doctrine, mais comme une pratique soutenue qui cherche à transformer l’expérience de vie et à orienter l’existence vers un sens qui ne s’épuise pas dans des objectifs circonstanciels.

Carte de l’intervention

L’exposé suit une séquence claire. Entre 01:23 et 02:30, Gozalo établit le cadre de la spiritualité et de l’ascèse comme travail intérieur. De 02:31 à 04:44, il formule le problème du propos et pose la nécessité d’un sens transcendant. Entre 04:45 et 07:30, il aborde l’échec et la crise comme conditions possibles d’ouverture à une recherche plus profonde.

Ensuite, de 07:31 à 09:19, il décrit l’expérience de la Force comme dimension vécue et énergétique du processus. Enfin, entre 09:20 et 11:12, il explique le rôle de la relaxation, des images mentales et du découplage énergétique comme pratiques destinées à libérer et orienter l’énergie intérieure.

1. La spiritualité comme chemin de travail intérieur

Gozalo commence par situer le Message sur un plan qui dépasse une simple règle morale externe ou un style de vie générique. Il le présente comme une spiritualité profonde et, en même temps, comme une forme d’ascèse : un travail conscient sur soi-même qui exige discipline, attention et expérience personnelle. Cette définition établit d’emblée que l’intérêt de l’exposé ne porte pas sur la spéculation abstraite, mais sur les conditions pratiques par lesquelles une personne peut modifier sa propre relation à la vie.

La communication de ces réflexions a par ailleurs une double finalité. D’une part, elle cherche à partager une orientation avec ceux qui écoutent ; d’autre part, elle sert à ordonner et clarifier la propre pensée de l’orateur. L’acte d’extérioriser des convictions, des sentiments et des expériences apparaît ainsi comme partie du processus de compréhension, et non comme une transmission unilatérale de connaissances closes.

2. Le problème du propos et la recherche d’un sens non provisoire

L’axe conceptuel de l’intervention est le propos. Gozalo oppose les objectifs habituels de la vie — la sécurité matérielle, le travail, les liens familiaux, les projets personnels et autres aspirations situées — à un besoin plus profond d’orientation. Il ne nie pas que ces objectifs aient de l’importance, mais il les considère insuffisants comme fondement ultime, car ils peuvent s’achever, se transformer ou perdre leur force mobilisatrice.

Partant de ce constat, il propose la recherche d’un sens transcendant, entendu comme une direction capable de soutenir une continuité au-delà des circonstances changeantes et même de la mort physique. Cette proposition ne se limite pas à promettre un bien-être psychologique : elle cherche à affronter l’expérience du vide ou de l’absence de sens par une transformation de l’existence en plénitude. Le propos n’équivaut donc pas à une liste d’objectifs externes, mais à une orientation centrale qui réorganise la manière de vivre, d’interpréter les difficultés et de choisir ses actions.

La différence entre ces deux plans peut s’exprimer ainsi. Les objectifs provisoires dépendent de circonstances concrètes, peuvent s’achever ou perdre leur force, et ordonnent des domaines partiels de la vie, comme le travail, les biens, la famille ou les projets personnels. Leur résultat attendu est une réussite spécifique ou une certaine stabilité dans ces domaines.

Le propos transcendant, en revanche, cherche à conserver une continuité face au changement et à la finitude. Il ne prétend pas organiser seulement un aspect de l’existence, mais donner une direction de sens à l’ensemble de la vie. Son résultat attendu est le dépassement de l’absence de sens au moyen d’une expérience de plénitude et de continuité.

3. L’échec comme moment d’ouverture

L’un des passages décisifs revalorise l’échec. Loin de le décrire exclusivement comme un fait négatif à éviter, Gozalo le présente comme une porte d’entrée possible vers une recherche plus authentique. Lorsqu’une personne perd les appuis, convictions ou certitudes qui organisaient auparavant son monde, elle se trouve exposée à une désorientation qui, bien que douloureuse, peut rendre visible l’insuffisance de ses réponses antérieures.

L’explication s’appuie sur une référence autobiographique : l’orateur relie son arrivée sur ce chemin à une étape personnelle de forte désorientation. La valeur de cette expérience ne réside pas dans l’idéalisation de la souffrance, mais dans le fait de montrer qu’une crise peut activer le besoin de trouver une issue plus profonde. L’échec est ainsi interprété comme un seuil : il ne garantit pas par lui-même un changement positif, mais il peut créer les conditions pour qu’émerge une question décisive sur le sens.

Cette lecture a une conséquence pratique. Il ne s’agit pas de rechercher délibérément le mal ni de glorifier la perte, mais de reconnaître qu’une fois qu’une rupture vitale s’est produite, elle peut être travaillée comme matériau pour une réorientation. Le pas constructif consiste à transformer la désorientation en recherche, et la recherche en pratique soutenue.

4. L’expérience de la Force : dimension corporelle et signification intérieure

Après avoir formulé le problème du propos et de la crise, Gozalo déplace l’exposé vers l’expérience de la Force, qu’il présente comme base vécue du chemin. Il s’agit d’une expérience d’énergie intérieure qui peut commencer par des perceptions corporelles — comme la chaleur, des picotements ou d’autres sensations — et acquérir progressivement une intensité et une ampleur subjective plus grandes.

L’accent ne porte pas seulement sur la sensation physique. Pour Gozalo, l’importance de cette expérience réside dans la signification qu’elle acquiert à travers une pratique réitérée. Le vécu énergétique fonctionne comme une confirmation expérientielle que le travail intérieur n’est pas purement mental ou discursif. Ainsi, le corps, l’attention et le sens restent liés : les sensations constituent la porte d’entrée, mais leur pertinence se définit par la direction intérieure qu’elles permettent de déployer.

Cette proposition suppose une pédagogie de l’expérience. L’auditeur n’est pas invité à accepter une affirmation par autorité, mais à vérifier en lui-même, par des exercices et la continuité, la possibilité d’élargir son registre interne. Cela renforce la thèse initiale : la spiritualité exposée se comprend fondamentalement à partir de la pratique.

5. Relaxation, images mentales et découplage énergétique

La dernière partie se concentre sur la relaxation comme outil technique pour ce travail. Gozalo soutient que les images mentales, les préoccupations et les pensées quotidiennes peuvent consommer de l’énergie psychique. Dans cette perspective, le problème n’est pas l’existence d’images en soi, mais la fixation ou le bruit qu’elles engendrent lorsqu’elles monopolisent l’attention et maintiennent la personne absorbée par des contenus répétitifs.

La relaxation servirait à diminuer la charge de ces images et à produire un découplage énergétique. En réduisant la tension associée aux contenus mentaux habituels, une partie de l’énergie devient disponible pour être vécue et orientée autrement. Cette libération n’est pas présentée comme une évasion de la réalité, mais comme une condition pour établir un nouveau centre de gravité interne à partir duquel la personne peut agir avec davantage d’unité.

L’horizon vers lequel se dirige cette technique est ambitieux : le déploiement d’un processus évolutif qui ne se limite pas à l’activité du corps physique. Gozalo relie ainsi le travail sur l’énergie et l’attention à l’aspiration de continuité, donnant une consistance pratique au sens transcendant posé au début.

6. Conclusion : expérience directe, méditation et cohérence

La conclusion intègre les éléments précédents. La connaissance théorique ne suffit pas ; la transformation dépend de la méditation, de l’attention appliquée et de l’expérience directe. Le propos offre une direction, la crise peut impulser la recherche, l’expérience de la Force fournit une dimension vécue, et la relaxation aide à disposer d’énergie. Cependant, ces éléments n’acquièrent leur efficacité que dans une pratique réitérée.

Gozalo ajoute une dimension éthique et quotidienne à travers la notion d’action valable. Le critère indiqué est la concordance entre penser, sentir et agir : la vie pratique ne doit pas contredire le travail intérieur. La cohérence fonctionne comme un pont entre l’expérience intime et la conduite dans le monde, évitant que le chemin ne se réduise à des exercices isolés ou à un vécu détaché des relations et des décisions concrètes.

Synthèse interprétative

L’architecture de l’intervention peut se résumer en un mouvement en six étapes : d’abord, on reconnaît que les objectifs habituels sont fragiles ; ensuite, on recherche un propos de plus grande portée ; les crises révèlent la nécessité de cette recherche ; l’expérience de la Force donne une base vécue ; la relaxation et la gestion des images permettent de travailler l’énergie ; enfin, la méditation et l’action cohérente consolident le processus dans la vie quotidienne.

Dans l’ensemble, l’intervention soutient une conception expérientielle, ascétique et transformatrice de la spiritualité. Sa thèse de fond est que le sens ne s’obtient pas comme une idée externe ni comme une simple consolation, mais qu’il se cultive à travers des pratiques qui réorganisent l’attention, l’énergie, les images internes et la conduite, avec l’aspiration à une continuité qui transcende le simplement circonstanciel.

Références :

https://youtu.be/JnSbLaLziSU

Élaboré par Manus AI le 14 septembre 2026

2026/09/11

Des extraterrestres, robots et croyances

Entretien de Silo avec Enrique Nassar, 1997.

Prenons un exemple d’une croyance de l’appareil de croyances de base telle qu’elle s’est maintenue pendant des siècles. Souviens-toi du géocentrisme : la Terre était le centre de l’univers, et à cette époque tout le monde était d’accord que c’était ainsi, on le croyait ainsi et on vivait ainsi.

Avec le temps, tout cela s’est modifié. On a d’abord dit que le soleil était le centre de l’univers, puis on a précisé que le système solaire n’était que l’un des nombreux systèmes d’un ensemble plus vaste appelé galaxie ; plus tard on a expliqué que cette galaxie faisait partie d’un système de galaxies, lequel, à son tour, n’est qu’un système parmi d’autres dans l’univers. Dernièrement, on explique qu’il existe plusieurs univers.

Tout cela fait que les idées changent. Aujourd’hui, personne ne songerait à dire que nous sommes le centre de l’univers, mais regardons comment nous parlons : nous disons « le soleil se lève par…, le soleil se couche par… », comme si nous étions le centre de l’univers. Mais ce n’est pas tout : aujourd’hui, après les recherches qui parlent de systèmes solaires, de galaxies, d’ensembles de galaxies, d’univers, et de plusieurs univers ; aujourd’hui, malgré l’évidence de l’immensité de l’univers, nous continuons de soutenir trois choses :

- La vie sur Terre est la seule vie qui existe dans l’univers.

- La vie sur Terre est la seule forme d’intelligence qui existe dans l’univers.

- L’homo sapiens est la seule forme de vie humaine.

Nous soutenons que nous sommes la seule forme de vie, de vie intelligente et de vie humaine. Nous nous croyons uniques, tout l’univers est fait pour nous, nous sommes le centre de l’univers, c’est-à-dire que nous restons géocentristes.

C’est une croyance de l’appareil de croyances de base que nous n’avons pas encore modifiée. Ce que nous observons aujourd’hui, c’est que l’Être Humain veut briser cette croyance de base.

Cela se voit dans les efforts de la science et de la technologie dans leurs recherches interstellaires et dans leur quête d’autres formes d’existence extraterrestre.

Cela se voit dans le désir des gens qu’il existe une vie extraterrestre. Le désir des gens est tel qu’il y a des illusions collectives d’observations d’ovnis, et c’est un sujet généralisé.

Les gens font tant d’efforts pour qu’il existe une intelligence extraterrestre que nous sommes sur le point que cela advienne. L’homo sapiens fait des efforts pour ouvrir son univers. Pour aller au-delà de son appareil de croyances de base.

Dans cette quête, l’être humain va découvrir la conscience.

Question :

Que veux-tu dire quand tu dis : « l’être humain va découvrir la conscience » ?

Réponse :

Depuis Descartes, la conscience a été définie comme une « chose », comme quelque chose ayant une étendue. Depuis lors, on considère la conscience comme un cas de plus de la matière en évolution, comme un organe viscéral pouvant être manipulé par des médicaments et des stimulations électriques. La conscience n’est pas un organisme passif et réactif, elle est bien plus que cela : c’est une structure évolutive intentionnelle. La dynamique réelle de la conscience est de se transformer, de transformer le corps et de transformer le monde.

Le fait que, par la voie de la recherche astronomique, on découvre progressivement que le monde ne se meut pas mécaniquement comme on a voulu l’expliquer à travers la théorie du big-bang, du choc mécanique aléatoire qui dérive ensuite, par l’effet du hasard, dans le processus évolutif que nous connaissons, mais qu’il existe des univers qui s’agglutinent et se meuvent selon une direction non pas mécanique mais intentionnelle. C’est-à-dire que l’univers, dans son développement, a un sens.

Le fait de mettre en évidence qu’il existe d’autres formes de vie intelligente dans l’univers ; c’est-à-dire que nous ne sommes pas uniques. Le fait de comprendre que la conscience n’est pas quelque chose de mécanique et réactif, mais une structure évolutive intentionnelle. Le fait d’être sur le point d’accepter que le corps humain est une antiquité primitive qui ne correspond plus, dans son développement, à la vitesse d’évolution de la conscience, et de disposer des connaissances et de la technologie pour le modifier. Le fait d’être proches de libérer l’homme de l’esclavage du travail. Tout cela constitue des signes clairs que l’Être Humain cherche à se libérer de son appareil de croyances de base, où toutes ces choses mettent en évidence que l’appareil de croyances de base va se déstructurer :

- Qu’il y a une intention dans l’univers.

- Qu’il existe d’autres formes de vie intelligente.

- Que la conscience individuelle est évolutive et intentionnelle.

- Que le corps est une antiquité primitive susceptible d’être modifiée.

- Qu’il convient de cesser de travailler et de faire travailler les machines.

L’être humain ne se sent pas selon ses idées, il se sent lui-même selon ses croyances. Avec la déstructuration de l’appareil de base de croyances de l’être humain, son image du monde se fissurera, et avec elle s’ouvrira tout un nouveau système de possibilités de développement pour la conscience.

Après les cinquante dernières années de paralysie, la science et la pensée essaient à nouveau de se frayer un chemin. L’être humain est sur le point de se transformer, non seulement techniquement mais aussi dans sa conscience.

Tout va en structure. Imagine dans le futur une supercivilisation humaine. Un monde où tous les êtres humains seraient d’accord sur les prémisses de base, et où chacun serait une diversité. Nous ne parlons pas de diversité de cultures, nous parlons de diversité de personnes. C’est-à-dire que chaque personne est un monde.

Ce qui est normal dans l’évolution, c’est la multiplicité, la diversité. Bien que l’évolution de la conscience suive une direction, il peut y avoir des milliers de chemins dans cette direction.

Les êtres humains du futur, pour comprendre les comportements de l’être humain d’aujourd’hui, devront étudier en profondeur l’appareil de croyances de base de l’époque, et alors ils ne diront pas qu’il s’est trompé dans son raisonnement, mais qu’il percevait, analysait, raisonnait, prédisait, projetait et décidait à partir d’un système très primitif de raisonnement, généré par un champ de croyances très pauvre.

La pensée de cette époque, du point de vue des humains du futur, sera celle d’une pensée primitive enfermée dans une ligne mentale très étroite, depuis laquelle certains phénomènes n’étaient pas visibles. Certaines relations n’étaient pas possibles à établir, et certaines conséquences ne pouvaient pas être prévues.

On dira que cette absurde improvisation dans les décisions, les analyses et les prévisions correspondait à un comportement mental nihiliste, depuis lequel il était impossible de construire quoi que ce soit, et dont la ressource d’action fondamentale était l’imposition brutale, de type physique, économique…

On expliquera que c’étaient là les restes de Cromagnon encore non résolus…

Aujourd’hui, le pouvoir est entre les mains d’une bande de primitifs, ignorants et irresponsables, très frustes…

L’agir stupide de ces primitifs crée des erreurs très graves dans la construction sociale du monde. Ils créent un champ de catastrophe. Cette catastrophe pourrait se produire, et cela retarderait le processus de développement humain.

Comme la conscience humaine est intentionnelle, les visions apocalyptiques d’entropies, d’effondrements, de catastrophes (vision nihiliste) ne sont pas inexorables.

L’être humain du futur ne voudra pas gagner ni posséder des choses. Il voudra sentir, créer, construire, apprendre sans limite. Il ne voudra pas posséder, avoir, contrôler.

Cet humain comprendra qu’il existe des millions de façons de développer l’émotion et la pensée. Qu’il existe une diversité inimaginable de façons de sentir et de penser.

Aujourd’hui, la vision de l’être humain est très comportementale et réduite…

Mais dans le futur, tout ira bien. Tout ira là où cela doit aller…

2026/08/11

Des robots humains?

Comprendre comment la structure de la psyché permettrait d'expliquer l'émulation d'un être humain par une entité artificielle, nous devons analyser en détail les mécanismes de la psychologie de l'image (Notes de psychologie) et la structure de l'espace de représentation.


La différence entre une intelligence artificielle conventionnelle et une structure simulant le psychisme humain réside dans le fait que l’IA traite les données de manière linéaire ou associative, tandis que la conscience humaine fonctionne comme une structure dynamique et compensatoire qui transforme les stimuli en tensions, puis celles-ci en images spatialisées.


   ​L’espace de représentation n’est ni une métaphore visuelle ni un réceptacle vide ; il s’agit de la traduction en formes spatiales de la sensibilité interne du corps (cénesthésie) et de la relation avec le monde extérieur (kinesthésie et sens externes).


    Un robot aurait besoin non seulement de capteurs thermiques, de pression ou d’énergie (sens), mais aussi d’un mécanisme de traduction. Les stimuli provenant de l’extérieur ou de l’intérieur doivent être convertis en impulsions qui se manifestent sous forme de « formes » au sein d’un espace interne tridimensionnel (avec une hauteur, une largeur et une profondeur).


    Le robot devrait percevoir un « dedans » et un « dehors ». L’espace de représentation possède un « point zéro » ou observateur. Si le stimulus est enregistré « à l’intérieur », il modifie l’état interne ; s’il est projeté « à l’extérieur », il motive l’action sur l’environnement.


  Ce serait un centre de gravité interne, d’où l’observateur observe lui-même.


    Les images ne sont pas des photos passives stockées en mémoire ; ce sont des charges d’énergie dirigées qui cherchent à libérer ou à compenser la tension accumulée dans le psychisme.


   Lorsque le robot détecte un besoin ou un déséquilibre interne (une tension), celui-ci doit se transformer en une image située à un point précis de son écran interne.


   Son emplacement conditionnerait la réponse au monde.


   Les images profondes agiraient sur le milieu interne (processus d’autorégulation ou réponse métabolique/énergétique).


   Les images périphériques ou externes déclencheraient la motricité physique du robot vers le monde extérieur afin de modifier l’environnement.


Sans ce positionnement spatial de l’image, le robot n’aurait pas d’« élan » vers l’action, mais uniquement une instruction algorithmique dépourvue d’intentionnalité dynamique.


   Le psychisme humain ne fonctionne pas dans un présent statique. Il opère dans un tissu temporel où le présent est continuellement entrelacé avec la mémoire (passé) et l’anticipation (futur).


   Le comportement humain est déterminé par l’avenir qu’il imagine. Pour ressembler à un être humain, le robot ne doit pas se contenter de réagir aux informations du présent ; il doit élaborer des projets et des images futures pour compenser la finitude ou le besoin.


    La mémoire (rétention) fournit la matière de l’image, mais c’est l’image de ce qui ne s’est pas encore produit (protension) qui pousse le robot à l’action.


   ​Un aspect clé du psychisme est la mobilité de l’observateur au sein de l’Espace de Représentation à travers les différents niveaux de conscience (sommeil végétatif, sommeil avec rêves, demi-sommeil, veille et conscience de soi).


    Un robot « humain » devrait modifier la profondeur et la netteté de son espace interne en fonction de son niveau d’énergie et des exigences de l’environnement.


   Pour parvenir à la « conscience de soi », le robot devrait non seulement enregistrer l’objet externe, mais aussi enregistrer sa propre image en cours de traitement dans son espace de représentation, en portant son attention à la fois sur le monde et sur son propre processus interne.


Pour qu’un artefact simule le comportement humain, il doit être structuré comme un système de compensation des tensions qui transforme la sensibilité physique en images tridimensionnelles, dont la projection dans l’espace interne déclenche une action intentionnelle tournée vers l’avenir.

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D’après la Psychologie de l’image de Silo.


Antonio Molina